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Deux exposés ont été faits par les organisateurs, suivis d’un débat, animé principalement par le professeur Mbuyamba, chef de département de la Faculté des lettres et civilisations françaises. On le connaît plus comme homme politique, plusieurs fois vice-ministre et ministre, député et sénateur. On le connaît moins comme homme de lettres, surtout comme poète, appellation qu’il n’aime pas (les poètes, dit-il, sont davantage considérés comme des rêveurs, des dilettantes, et qui aiment passer leur temps à po­lissonner au bard des rivières et des forêts, alors que la poésie pour lui n’est pas un jeu: c’est un véritable combat entre le poète et les mats).

C’est pour cette raison que la faculté des lettres a tenu à organiser cette journée d’étude consacrée à l’ensemble de son oeuvre poétique. Deux exposés ont été faits par les organisateurs, suivi d’un débat, animé principa­lement par le prof. Mbuyamba, chef de département de faculté des Lettres et Civilisations fran­çaises. L’essentiel des préoccu­pations de l’assistance a tourné autour de la conception de la poésie de Masegabio. Pourquoi une langue si peu accessible au com­mun des mortels, pourquoi ce choix des mots rares dont cer­tains ne se retrouvent pas dans le dictionnaire français courant? Quel rôle l’écrivain qu’il est, joue­-t-il dans l’éducation de la popu­lation si son message n’est pas compris ?

Utiliser les mots justes

A en croire l’auteur, l’œuvre est riche en style et lim­pide. Elle n’est difficile et inac­cessible qu’à celui qui ne sait pas lire ou dont le niveau de forma­tion n’est pas toujours suffisant pour comprendre les méandres de la création littéraire. Dans la population, soutient Nzanzu, il y a plusieurs publics : celui des lettrés, des semi lettrés et celui, af­firme-t-il avec beaucoup d’hu­mours  ( un humour qui jonche son oeuvre)  de sa pauvre mère qui ne savait ni lire ni écrire et qui, en l’entendant parler fran­çais, le condamne de parler comme un blanc.

Revenant à la préoccupa­tion des mots rares, Masegabio croit que les synonymes est un concept des humanités : un bon écrivain doit savoir utiliser les mots justes, l’expression appro­priée, et lorsqu’il faut les trouver au prix d’un effort intellectuel, il doit les trouver. Ce faisant, l’auteur de la « cendre de­meure » y est convaincu qu’il joue véritablement son rôle de phare de la société : il instruit, amène le public à un certain niveau d’élévation et lui ouvre les zones de lumière et des connaissance parce que la poésie est une con­naissance et le phare se place devant et non derrière le public.

Masegabio, licencié en Philosophie et Lettres à l’Univer­sité Lovanium. Il est lauréat de plusieurs prix littéraires dont le prix de poésie Sébastien Ngonso en 1967, des concours littéraires organisés par l’Université Lovanium, en collaboration avec le Goethe Institut en 1968, médaille de bronze, d’argent et d’or du mérite des lettres, comman­deur de l’ordre de la pléiade par­lement de langue française. Masegabio Nzanzu est auteur de « Somme première », « le Zaïre écrit Anthologie de la poésie zaïroise de langue française », « la cendre de­meure » et  « Le jour de l’éternel chants et méditations » (à paraître).

R.K/Le Potentiel


Last edited: 12/05/2007 14:54:01

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