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De nombreuses barrières subsistent en dépit des appels des autorités et des armateurs. Les riverains se plaignent du regain de tracasseries sur le fleuve. Les riverains du fleuve Congo se plaignent du regain de tracasseries sur le fleuve. De nombreuses barrières subsistent en dépit des appels des autorités et des armateurs. A Kisangani, des Comités locaux de lutte contre les tracasseries réduisent certaines barrières.

A Kisangani, chef lieu de la Province Orientale, des Comités locaux de lutte contre les tracasseries (Ciat), créés en février dernier, font baisser les droits et taxes abusivement instaurés par divers services de l’Etat le long du fleuve Congo. Les membres des Ciat, implantés dans les grands centres et villages le long du fleuve et de ses affluents, ont reçu une formation sur les notions de droits de l’homme et d’économie. Equipes d’une vingtaine de phonie pour dénoncer tout cas de tracasserie, les Ciat n’appellent cependant la centrale qu’après avoir rassemblé suffisamment d’informations sur le cas. A son tour, la centrale saisit les services compétents pour trouver une solution au problème.

Tout en luttant contre les tracasseries, les Ciat encouragent les populations à payer les taxes légales pour renflouer les caisses de l’Etat.

Ils ont fait imprimer par milliers les listes des taxes autorisées et non autorisées que le comité exécutif vulgarise dans les villages et auprès des opérateurs économiques. Désormais, les commerçants exigent la quittance avant de payer une quelconque taxe.

80 points de péage

Le président de la Fédération des entreprises du Congo/Province Orientale, Raymond Mokeni, souligne que la province ne vit que grâce au fleuve. « C’est la colonne vertébrale de notre économie. Pendant la rébellion, un avion amenait 8 à 10 tonnes, mais aujourd’hui une barge (bateau, Ndlr) ramène à Kinshasa 2000 à 3000 tonnes du coup. Kisangani, peu avant la chute du régime Mobutu, approvisionnait toutes les provinces voisines. « Sous Mobutu, le fleuve Congo assurait une part importante des échanges commerciaux entre l’Est et l’Ouest du pays et servait de voie d’évacuation aux produits d’exportation (café, bois, cuivre, cobalt).

Le trajet entre Kisangani et Kinshasa est aujourd’hui parsemé de barrières. « Près de 80 points de péage », selon Mokeni qui trouve ce nombre exagéré sur un trajet de 1734 km. « Lorsqu’un bateau est arrêté à une barrière, avant d’être relâché, le commandant doit débourser 500 dollars », témoigne Didier Mukoma, le président de l’association des transporteurs fluviaux. Sur la rivière Mai-Ndombe dans le Bandundu, une unité flottante tôt au minimum 90 jours pour réaliser une rotation Kiri-­Kinshasa-Kiri, soit un trajet de 1.950 km. Un armateur rapporte qu’à Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Equateur, eux et leurs clients sont à la merci du commissaire fluvial, des éléments de la force navale et d’autres services publics.

Dans un rapport intitulé « taxes ou tracasseries », l’ONG américaine IRM relève qu’à cause des tracasseries sur le fleuve Congo, le coût des marchandises a augmenté de 35 %. De nombreux services de l’Etat opèrent au mépris total de la loi. Pourtant, le Décret-loi 036 du 28 mars 2002 limite à quatre le nombre de services publics autorisés à percevoir des taxes sur le fleuve. D’incessants appels des autorités mais aussi des professionnels du secteur n’ont pas réussi à démanteler ces barrières. Bien au contraire, de quatre, les services sont passes à vingt-quatre selon IRM.

Action synchronisée

Tracassent sur le fleuves, selon IRM : l’Agence nationale de renseignement (ANR), la Police, la Détection militaire des activités anti patrie (DEMIAP), l’Armée, des éléments armés présentés comme des marins, etc. Tous guettent la moindre embarcation à racketter sur le fleuve.

Ces tracasseries rendent inaccessibles les produits vivriers agricoles pour une frange importante de la population qui ne disposent que de maigres revenus. Les opérateurs économiques perdent par ailleurs beaucoup de temps lors des formalités administratives.

Or, pour de nombreux villages inaccessibles par route ou par avion, le fleuve et ses affluents sont effectivement les seules voies de communication et d’échanges commerciaux. Plus de 60 % des produits agricoles sont ainsi évacués par les 15 000 km de cours d’eau que compte le pays.

Seule la suppression des tracasseries permettra d’améliorer la marge commerciale des exploitants fluviaux et de stabiliser les prix des denrées alimentaires. Des commerçants de Djubudjubu, sur la rivière Tshopo au Nord de Kisangani, suggèrent que l’ensemble des taxes soit payé au départ ou à l’arrivée. Une action globale et synchronisée semble en tout cas indispensable.

En attendant, les commerçants qui ne sont pas informés de l’action des Ciat sont encore victimes des barrières sur le fleuve. A l’image de Lisaliko, qui fait le trafic fluvial Kinshasa - Isangi par pirogue à pagaie et a dû laisser de l’argent à une dizaine de barrières.

Ernest Mukuli (Syfia)/La phare

Last edited: 10/05/2007 17:26:16

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