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La bataille pour le perchoir du Sénat s’annonce rude. Mais tout va se jouer entre Kengo et She Okitundu. Depuis le lundi 07 mai 2007, le Palais du peu­ple, siège du parlement de la République démocratique du Congo vit une ambiance par­ticulière du fait du démarrage de la campagne électorale en prévision de l’installation du bureau définitif du Sénat. Quoi de plus normal quand on sait qu’à chaque poste vont devoir concourir plusieurs protago­nistes.

De tous les postes en compétition, le plus en vue est certes la présidence à la­quelle prétendent successive­ment Léon Kengo wa Dondo, Pierre Marini Bodho et She Okitundu Leonard. C’est à un de ces trois chevaux que re­viendra la charge de présider aux destinés de la chambre haute durant le mandat en cours.

Certes, le choix de ce der­nier revient aux seuls séna­teurs qui constituent l’électo­rat que les différents candi­dats. s’emploient à charmer.  Dès lors, on ne peut se de­mander sur quels repères ces derniers vont devoir tabler pour opérer un choix judi­cieux. Il y a certes en premier lieu les consignes des fa­milles politiques. L’opinion se rappellera la triste expérience de l’assemblée nationale dont les membres du bureau ont été désignés conformément aux candidatures alignées par l’AMP, preuve que les députés n’ont pas voté en âme et conscience, mais dans le strict respect du mot d’ordre donné par la famille politique majoritaire.

Mais, au de là de ces con­sidérations politiques, chacun des trois candidats sera jugé en fonction de son passé, de sa gestion des affaires publi­ques par le passé. De Marini Bodho, l’opinion retient l’image d’un « roi fainéant » crédité d’une gestion controversée du sénat de transition. L’on se rappellera les inepties de l’Evêque protestant dans la conduite des débats, la plus grande débâcle enregistrée étant la séance conjointe au cours de laquelle ce dernier a entrepris de répéter une partition déjà lancée par le co-président Olivier Kamitatu, preuve de l’incapacité du premier cité à se mettre à la hauteur des débats.

Que dire de sa ges­tion financière et administrative caractérisée par la razzia orchestrée sous sa bénédic­tion par les membres du bureau qui emportaient dans les valisettes roulées à longueur des journées dans les cou­loires du Palais du peuple tous les  fonds destinés au fonctionnement du sé­nat. C’est la raison principale de l’ab­sence de la moindre production des documents parlementai­res, les administratifs condamnés à la sé­cheresse n’ayant pu produire le moindre compte rendu analyti­que, au grand dam de la mémoire de la na­tion. Qui pis est, cha­que membre du bureau avait confisqué quel­ques attributions ju­teuses de la questure au nom de l’institutionnalisation du par­tage équilibré et équi­table de tout ce qui était à portée de leurs mains.

Léonard She Okitundu pour sa part sera jugé en fonction de sa gestion au ca­binet du chef de l’Etat. L’on ne reconnaît pas ce fils du Kasaï des prouesses particu­lières dans la gestion des af­faires publiques. L’opinion re­tient de lui plutôt des contre performances. De folles ru­meurs ont couru au sujet des fonds reversés par le premier ministre Gizenga, opération qui aurait mis à nu les cou­pes obscures orchestrées par She. Le choix opéré sur sa personne par l’AMP procède  au risque managériales. On dit de lui qu’il a du mal à s’imposer comme un expert dans le trai­tement des dossiers. Il a par contre le don de bien rendre ce que d’autres ont préparé pour lui, sa grande force étant sa forte capacité à communi­quer.

Léon Lobitch Kengo Wa Dondo a, lui, une réputation particulière de rigueur dans la gestion. La deuxième République lui a collé à juste titre le sobriquet de l’homme de la rigueur, mais d’une rigueur qui ne profitait pas au peuple, mais aux seuls partenaires et sans doute à coup de com­missions. C’est dire que la Troisième voie qui lui a souri jadis sous le HCR-PT dirigé en son temps par Mgr Monsengwo ne produira pas les mêmes effets.

De tout ce qui précède, il y a lieu de retenir que la prin­cipale caractéristique de la politique congolaise est que l’on ne change pas d’équipe qui perd. Que les différents regroupements politiques n’aient que les Marini, Kengo et autre She à présenter est la preuve qu’ils ne sont que des clubs d’amis qui se par­donnent mutuellement leurs inepties au seul nom de leurs intérêts et au détriment de ceux du peuple.

(Ern.)

I.Nk./La Référence Plus

Last edited: 10/05/2007 17:26:15

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