Une fausse note est décelée dans les stratégies des camps politiques pour la conquête des postes clés des institutions, spécialement au sein de la majorité présidentielle où le candidat Mgr Marini s’est mis à outrepasser les consignes.

La course pour la direction du bureau définitif du Sénat est lancée. Chaque regroupement politique s’est déjà mis en ordre de bataille. Il s’agit essentiellement de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) et de l’Opposition, avec comme tête d’affiche l’Union pour la Nation (UN). Quelles sont les chances de chacun de deux camps quand on apprend que Mgr Marini Bodho a rompu la discipline de la majorité en maintenant sa candidature au perchoir ?
La semaine qui commence sera essentiellement dominée par l’élection au Sénat. Qui de la majorité au pouvoir ou de l’opposition dirigera le bureau définitif de la chambre haute du Parlement ? Les avis sont partagés. Non seulement par rapport aux candidats alignés par l’un et l’autre camp, mais encore au vu de l’entrée en danse du RCD comme membre de l’opposition.
D’aucuns laissent entendre que cette nouvelle donne pourrait jouer sur les scores. Aussi pourrait-on s’attendre à de nouvelles coalitions pour s’assurer le vote des sénateurs.
Cela étant, l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) compte une soixantaine de membres à la chambre haute du Parlement tandis que l’Opposition se contente d’une trentaine. Les deux peuvent compter sur l’adhésion de la vingtaine des indépendants, considérés comme des électrons libres.
L’AMP aligne sur sa liste Léonard She Okitundu à la présidence du bureau. Ce dernier va croiser le fer avec Kengo wa Dondo pour le perchoir. Mokolo wa Pombo sera aux prises avec Tshimbombo Mukuna à la première vice-présidence. Losembe Cardoso sera en face d’Eva Bazaïba à la deuxième vice-présidence.
Modeste Mutinga va disputer le poste de rapporteur avec Ngongo Luwowo. Mme Kikontwe va affronter Lola Kisanga pour arracher la place de rapporteur adjoint. Pius Isoyongo aura comme vis-à-vis Mme Kitenge Ngoya au poste de questeur. Ignace Ndebo sera opposé à Kiluba Longo au poste de questeur adjoint.
On note dans les rangs de l’AMP quelques sénateurs qui ont contourné la discipline du regroupement politique et ont déposé leurs candidatures en dépit de la consigne de la famille politique. Il s’agit de Lombeya Bosongo qui se présente comme rapporteur, de Mwamba Bishikonke au poste de rapporteur adjoint, de Luhono Kimbanga et Mme Ngoya Bijoux au poste de questeur.
Des sources dignes de foi, on apprend qu’une cellule politique de la coordination de l’AMP a été désignée pour prendre contact avec les candidats indisciplinés afin de les ramener dans la famille en renonçant à leurs candidatures.
Pierre Marini Bodho bouscule la discipline de l’Amp
Toutes les analyses disent que l’AMP part favorite dans la course au perchoir du Sénat. Malgré cette indiscipline de Mgr le président, les chances de la majorité au pouvoir restent intactes. Quoiqu’il en soit, la partie ne sera pas aussi facile qu’on le croit. L’ancien président du Sénat pendant la transition a-t-il désobéi ou voudrait-il davantage négocier pour la suite du processus de la mise en place des institutions et autres entreprises publiques ? Ce qui est sûr est que Marini Bodho ne rejoindra pas les rangs de l’Union pour la Nation.
Enjeux d’élection sous haute surveillance
Le dépôt de candidatures pour l’élection du bureau définitif du Sénat s’est clôturé le samedi 5 mai à minuit. Seulement une dizaine de candidatures ont été enregistrées. Un sénateur évoque les enjeux de ce scrutin, rapporte radiookapi.net.
Pour le sénateur Jean-Pierre Lola Kisanga et porte-parole du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), les enjeux de cette élection sont importants : « D’une part, vous avez la majorité présidentielle, de l’autre, les groupes de l’opposition politique dont le RCD fait partie et enfin, vous avez des indépendants ». Malgré ces enjeux électoraux, Lola Kisanga affirme sa conviction : « Au-delà des besoins de régenter la dignité et la haute responsabilité dans le chef des membres qui vont diriger le Sénat, je voudrais que nous puissions nous départir des considérations partisanes. Je tiens à ce que ces enjeux ne puissent prendre appui sur le clivage pouvoir-opposition.
De cette manière, nous donnerons la chance à la cohésion nationale et nous créerons un espace de démocratie qui permettra la participation de tous ». L’autre enjeu, selon le porte-parole du RCD, c’est le rôle que doit jouer le Sénat, celui de rééquilibrage démocratique dans l’exercice du pouvoir en RDC.
Willy Kabwe/Le Potentiel-Radiookapi.net
Last edited: 07/05/2007 20:35:16