Il a gravé dans son opus une œuvre durable avec des textes d’une valeur très élevée. Il a affronté l’Olympia en se produisant que grâce à son premier album en solo.

Etoile montante de la musique congolaise, le chanteur Fally Ipupa s’est produit le samedi 7 avril à l’Olympia, l’une des salles les plus prestigieuses de Paris. La publicité de ce spectacle se passait en grande pompe sur les antennes de Rfi. La radio a fait partie des organisateurs de ce spectacle qui a été haut en couleurs. C’était une première pour ce chanteur que nous avions présenté il y a quelques temps dans les colonnes du Potentiel. Nous le présentions déjà comme l’un des futurs leaders de la musique congolaise. Il sera donc le premier de sa génération à être monté sur la scène de l’Olympia de Paris.
A l’Olympia, tout spectacle doit se terminer à 5 heures. La salle a été ouverte au public à 23h45’. Aux alentours de l’Olympia, les files d’attente étaient longues. Les embouteillages ont créé un bouchon jusqu’à l’Opéra de Paris sur le boulevard des Capucines, au neuvième arrondissement. Dans l’entre-temps, les coéquipiers de Fally jouaient les anciens succès de leur tête d’affiche dans Quartier Latin International entre autres, « Eternellement », « Ko ko ko ko ». C’est à 2h32’ que Fally Ipupa est monté sur le podium, sous les applaudissements de ses admirateurs et fans.
Les chansons « Naufra Ketch » et « Cadenas » titres de son prochain opus, ont ouvert la soirée. Son aîné Pascal Lokwa Kanza fut le premier invité à rejoindre Fally sur le podium à 2h58’, la voix cassée de Lokwa couplée à celle de Fally a mis le public en extase. L’entrée des danseuses, pour l’exhibition d’une chorégraphie originale sur une chanson en rap exécutée par un jeune rappeur parisien a été admirable. Le comédien Mister Siatul fut aussi parmi les invités-surprises. Fally a enchaîné avec quelques chansons de l’album « Droit Chemin » et étalé ses capacités de bon chanteur et danseur.
A 4 h 15’, les rideaux rouges de l’Olympia furent tirés sur le podium. Cette pause a permis aux mélomanes de se désaltérer. Alors qu’il faisait extrêmement froid dehors, la marée humaine a rechauffé la salle, un verre d’eau ou de bière se vendait à 5 euros. A 4h35’, Fally Ipupa et les danseuses reprennent la deuxième partie du spectacle avec la chanson « Associé ». Cette deuxième partie fut plus chaude. L’Olympia fut transformé en piste de danse. L’exécution de la chanson « Liputa », la chanson fétiche de Fally a clôturé le spectacle à 5h 31’. Très ému, Maïka Munan, l’arrangeur de « Droit Chemin » est monté sur le podium vers la fin du show en jouant deux petits tambours.
Sigalons que L’Olympia a une capacité maximale de 2.800 places. Selon le Fnac 3.000 billets ont été vendus. Le public était en majorité constituée de Jeunes africains. Une partie du public est resté dehors, sans pouvoir avoir accès à la salle. C’est à 24h00’ que sont venus des sapeurs-pompiers avec des talkies-walkies à la main. Ils ont interdit de vendre des billets. Le spectacle était dès lors à guichets fermés. La sécurité a été impeccable pas d’incident avant et après le spectacle. Ce qui démontre une bonne organisation de l’Ivoirien David Monsoh ainsi que du Congolais Dario Kindongo, le promoteur du concert. Le coût du billet était fixé à 33 euros pour le hall et 50 euros la place assise au balcon.
Selon Claudy Siar de la radio RFI, maître de la cérémonie, le public a vécu un moment historique avec la nouvelle génération des musiciens congolais, et l’Olympia a refusé du monde. Fally est adopté parce qu’il est conscient de son art.
Il a gravé dans son opus une œuvre durable avec des textes d’une valeur artistique très élevée. Il a affronté l’Olympia en se produisant que grâce à son premier album solo. Il n’a pas traîné derrière lui aussi longue carrière. Ce fut un coup de maître.
Chanteur et danseur talentueux, Fally est sorti de sa coquille grâce au succès récolté par son premier album solo « Droit chemin », produit par l’Ivoirien David Monsoh. Faustin Ipupa N’simba est un ancien membre du groupe pépinière « Talents Latents » et de l’orchestre Quartier Latin International de Koffi Olomide. Dans ce groupe musical, deux de ses œuvres devenues des tubes, « Eternellement (Laurent Lorenzo) » contenu dans l’opus Droit de veto (1999) et « Ko Ko Ko Ko », contenu dans l’album Effrakata (2002) l’ont rendu célèbre. C’est justement à travers la chanson « Effervescent » chantée en duo avec Koffi Olomide, que le public africain a découvert ce chanteur de charme avec une voix admirablement mélancolique.
A suivre…
Jeanot Ne Nzau/Martin Enyimo
Last edited: 07/05/2007 18:08:21