Louis Michel a sollicité un congé du 12 mai au 10 juin à l’Union européenne, pour s’occuper de son parti à l’approche des législatives du 10 juin prochain.

L’approche des élections législatives du 10 juin 2007 et sa hantise à devenir à tout prix premier Ministre en Belgique ont poussé le commissaire européen au développement à se mettre en « congé » prématuré.
Cette décision n’est pas du tout appréciée par la commission européenne qui vient d’adresser une lettre de mise en garde au « vacancier ».
La vraie raison du « congé » de Tonton Michel est de pouvoir pousser la liste de son parti « Mouvement des Réformateurs (MR) », au Sénat lors des prochaines élections.
Dans la mise en garde lui adressée par le parlement européen, des contraintes juridiques sont imposées à Louis Michel pendant son « congé » notamment de s’abstenir, durant sa campagne électorale, de tout comportement qui risquerait de porter atteinte à son indépendance future de commissaire européen. Notamment éviter tout commentaire qui mettrait en cause une décision prise par la commission européenne ou qui révélerait la teneur de ses débats.
Dans la même lettre, Louis Michel est menacé de révocation ou/et obligé à la démission si un dérapage est constaté de sa part pendant la campagne.
Le congé politique de Louis Michel démarre le 12 mai et se termine le 10 juin 2007. Vendredi à Bruxelles, Louis Michel a été convoqué et attendu par les juristes de la commission européenne.
Les remous suscités par ce « congé » se justifie aussi du fait que Louis Michel s’éclipse juste à la veille de la tenue du conseil de l’Union européenne et les pays de l’ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) le 25 mai 2007 à Bruxelles, ce qui contraste avec sa philosophie de défenseur acharné du dossier africain à l’UE et ses attributions comme commissaire européen au développement.
Le président de la commission au développement de l’UE, l’Espagnol Joseph Borrell, a aussi convoqué Louis Michel pour lui exprimer de vive voix sa désapprobation suite à sa décision de se retirer momentanément de l’UE. Au sein du Parlement européen, Louis Michel a essuyé des tirs des mortiers de ses adversaires politiques bien que un intérimaire, le commissaire Olli Rehn a été nommé pour assurer l’intérim de vingt jours ouvrables.
En guise de réaction, Louis Michel a déclaré « en tant que commissaire, je ne suis pas politiquement asexué, et reste un homme politique engagé pour que ma fonction puisse servir efficacement l’intérêt européen ».
Entre devenir premier Ministre en Belgique et rester commissaire européen, le choix est clair. La tête de Louis Michel est dans l’Union européenne, mais son cœur bat au rythme des « affaires » belges.
(Yes)Jean-Willy Bondjala/Le Palmarès
Last edited: 05/05/2007 13:05:50