La problématique de l’enseignement de la langue française en république démocratique du Congo a été au centre de l’échange organisée par le cercle Efragen, un cadre sans doute modeste, mais qui a attiré l’attention sur un aspect fondamental dont dépend l’avenir de la Rdc.

Le cercle culturel dénommé Espace Francophone Georges Ngal, du nom de cet écrivain congolais ancien professeur des lettres à l’ex-Université nationale du Zaïre (Unaza) et aujourd’hui évoluant en France, a organisé une brillante manifestation de clôture du mois de la Francophonie 2007, à l’occasion de la Journée nationale de l’enseignement en Rdc, le 30 avril dernier. L’événement a été rehaussé de la présence d’un représentant de la ville de Kinshasa en la personne de son conseiller socioculturel, M. Guy Zola Sheke assumant la présidence de la manifestation.
Il y avait aussi des responsables du secteur de l’enseignement tels M. Honoré Lunyama, conseiller général de l’Efragen, M. Babuda, directeur du Centre de recherches pédagogiques, de M. Paul Tete wersey, directeur de la Médiathèque Francophone du quartier de la Funa qui a offert son cadre pour la manifestation du jour, et enfin de Me Albert Lukusa, conseiller général de l’Efragen .
Quant à l’assistance à cette manifestation, elle était composée, outre quelques enseignants de certaines écoles associées à l’Efragen dans la capitale Kinshasa et d’autres encadreurs de l’éducation, de plusieurs élèves d’écoles primaires et secondaires ayant présenté divers numéros de déclamations françaises et de sketches axés sur la diction et l’assimilation des textes et œuvres littéraires.
Le secrétaire général et animateur en chef de l’Efragen en Rdc, M. Julien-Ar Kwey Nswer K, Nyim, a situé le clou de la manifestation dans la cérémonie de remise des prix aux participants au mois de la Francophonie, prix constitués en un lot de quelques livres de certains auteurs classiques ainsi que des manuels français tels des dictionnaires d’orthographe et de difficultés de la langue française. Quelques jeunes récipiendaires assidus aux séances d’enseignement dispensé de la langue française ont bénéficié des prix concernés.
Tragique enseignement au rabais du français

Auparavant MM. Paul Tete Wersey, Babuda et le représentant de l’autorité urbaine avaient successivement pris la parole pour ressortir l’importance de la manifestation ayant servi d’occasion d’échanges remarquables autour de la problématique de l’enseignement de la langue française en Rdc. Les deux premiers orateurs ont mis l’accent sur l’impératif d’un encadrement mieux élaboré de cette langue admise comme langue officielle du pays qui est à son tour le deuxième plus grand pays francophone du monde après le Canada.
Ils ont fait ressortir de tristes réalités d’instruction de la langue française au Congo où est de plus en plus remarqué un criant flétrissement de l’enseignement du français. La situation est déplorée au niveau de tout l’enseignement en général, tant au niveau du primaire, du secondaire que celui universitaire. Beaucoup de cas ont été relevés témoignant d’une nette arriération du français au Congo. Il y a, entre autres les flagrants faits déplorés de finalistes non seulement du niveau secondaire mais aussi et surtout de celui universitaire affichant un scandaleux manque de maîtrise de la langue nationale.
M. Babuda a indiqué, par exemple, que cette situation devient alarmante dans la mesure où le manque de maîtrise de la langue française traduit aussi un manque d’instruction. Si, a-t-il déduit, la jeunesse congolaise dans sa grande proportion se découvre analphabète, cela hypothèque l’avenir même de la Nation. D’où, conclura-t-il, il devient impérieux que les pouvoirs publics déclenchent un sursaut de réforme de meilleur enseignement du français.
Pour sa part, M. Zola Sheke, le représentant de l’autorité de la ville se sentant apparemment interpellé, a saisi l’occasion de la parole lui accordée pour souligner la détermination du pouvoir public dans l’action souhaitée unanimement pour une meilleure promotion du français au Congo. Le message de son discours a retenu l’attention de l’assistance. En voici la substance.
Pertinente interpellation du pouvoir public
« Aujourd’hui, a notamment déclaré le conseiller socioculturel du Gouverneur de Kinshasa, grande est notre joie de venir, à l’occasion de la Journée nationale de l’enseignement, participer à la présente manifestation de clôture du mois de la Francophonie 2007 au cours de laquelle des prix seront remis aux participants dans le0020adre de l’espace Francophone Georges Ngal.

« Nous sommes fiers de rencontrer, à travers cette modeste manifestation, de véritables encadreurs de la jeunesse qui contribuent par le biais de l’enseignement à l’expansion de la Francophonie. Pour ce faire, nous souhaitons que le Secrétariat général de la Francophonie s’investisse davantage pour : aider les écoles dans l’enseignement du français, créer les bibliothèques publiques au niveau de nos communes former les encadreurs pour rehausser le niveau de la transmission de la langue française organiser les échanges d’expérience entre la jeunesse de la république démocratique du Congo et celle de la France ou d’autres pays francophones. Tel est également, a conclu M. Zola, notre engagement de participer à la promotion du français au niveau de la jeunesse dans ce pays qui a choisi le français comme langue officielle ».
La manifestation organisée par l’Efragen a eu le mérite incontestable d’éveiller et d’attirer l’attention sur une question fondamentale souvent passée inaperçue par les autorités compétentes du pays. Chacun en est reparti avec la prise de conscience de l’impératif de promotion du français en Rdc sans plus badiner, parce qu’il y va de l’intérêt d’instruction de la population et, par voie de conséquence, de l’atout essentiel même de son développement et de celui du pays.
DN/MMC
Last edited: 04/05/2007 18:33:18