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Bonjour | 22/11/2008 17:31 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le pillage des immeubles et terrains de l’Etat est si monstrueux qu’il lui reste presque plus rien. Après avoir donné son quitus à la suspension des comités de gestion de la Snel et de la Regideso, dans une ambiance de doute quant à l’opportunité d’une telle mesure, le cabinet Gizenga est sur le point de donner un coup de pied à une fourmilière. Il s’agit du dossier ultra sensible concernant les immeubles et biens de l’Etat spoliés ou supposés tels.

Dans cette sorte de non Etat qu’était la RDC entre 1990 et 2006, dans le déroulement de la plus longue transition politique de l’histoire contemporaine, les gestionnaires des affaires publiques ont plus passé leur temps à s’installer et à installer plutôt qu’à contribuer au développement national.

Une sorte de course s’est engagée entre  “nouveaux bourgeois politiques”, avec comme signe distinctif de leur nouveau rang social des parcs automobiles et des empires immobiliers. Mais à la différence d’authentiques bâtisseurs, les nouveaux propriétaires fonciers et immobiliers, couverts par la carapace de leurs pouvoirs de décision et de sanction, ont jeté leur dévolu sur les propriétés foncières et immobilières de l’Etat…

De ce point de vue, le commun de Congolais salue l’initiative du Chef de l’Etat, relayée par le Premier Ministre Gizenga, de faire rentrer la mère patrie dans ses droits fonciers et immobiliers foulés aux pieds par ceux et celles qui pensent se trouver au-dessus de la loi.

Certificats d’enregistrement inattaquables?

En matière foncière et immobilière, l’Etat congolais est victime d’un pillage en règle de son patrimoine, sur plusieurs années. Il ne faut être sorcier pour le constater. Dans toutes les grandes villes du pays, des décideurs politiques ou des opérateurs économiques jouissant de la complicité des gouvernants ou des fonctionnaires sont devenus maîtres des biens réputés sans maîtres“, alors qu’en réalité, ils appartiennent à tous les Congolais.

Le pillage des immeubles et terrains de l’Etat est si monstrueux qu’il lui reste presque plus rien. Certains individus ont ouvert de véritables agences immobilières spécialisées dans la mise en location des biens arrachés à l’Etat. De petits malins se sont empressés de se faire fabriquer, en catimini, des certificats d’enregistrement qui, à la faveur de la loi, sont présumés inattaquables au bout de deux ans.

Heureusement pour la collectivité nationale, le même législateur relève qu’un certificat d’enregistrement établi en violation de la procédure en la matière est sans valeur. Bref, contrairement à ceux qui croient s’être mis à l’abri de toute remise en question de leurs propriétés volées dans le domaine public ou privé de l’Etat, le temps n’est plus loin où ils vont être rattrapés par la justice.

Frapper indistinctement et sans pitié

A Kinshasa, à Matadi, au Bandundu, à Kananga, a Mbuji­-Mayi, à Mbandaka, à Kisangani, à Goma, à Kindu, à Lubumbashi ou ailleurs, les chasseurs des terrains et immeubles de l’Etat ne reculent ni devant les concessions des écoles, des hôpitaux, des camps militaires, des foyers sociaux, des voies ferrées, des lignes électriques à haute tension, des conduites d’eau, des équipements de télécommunications, etc. L’on veut bien que le Premier ministre, à travers sa commission de contrôle des documents de propriété foncière et immobilière des tiers en rapport avec le domaine public et privé de l’Etat devrait éviter de verser dans le règlement des comptes.

L’homme de la rue va se montrer particulièrement regardant à l’égard des dignitaires du PPRD, du Palu, de l’ARC, de Codec, de l’Udemo et autres partis ou regroupements politiques alliés de l’AMP, de leurs membres de familles, amis et connaissances qui risquent d’ailleurs d’être le plus impliqués dans les dossiers des biens spoliés de l’Etat. Il y a aussi tous ces épaules galonnées, hauts cadres des services spéciaux capables d’opposer à une farouche résistance à la démarche du Premier ministre. En cas des procès-verbaux    de complaisance en leur faveur ou d’incapacité à leur faire subir la rigueur de la loi, Gizenga va perdre toute la crédibilité suscitée à son endroit par cette opération ”mains propres“.

La crainte de nombreux Congolais se situe justement à ce niveau. En revisitant la composition de l’équipe chargée de faire le ménage dans le secteur foncier et immobilier de l’Etat, d’aucuns redoutent une chasse aux faibles, qui ne disposent ni de pouvoir ni d’argent, ni de parapluie protecteur pour échapper à la guillotine gouvernementale.

Le scepticisme est d’autant fondé que dans ce pays, chaque fois qu’il est question d’appliquer la loi, ce sont généralement les catégories vulnérables ou les ”ennemis“ politiques des régimes en place qui trinquent. Antoine Gizenga devrait démontrer à tous qu’il n’est pas au service d’un lobby politique ou économique désireux d’arracher des terrains et immeubles aux compatriotes vulnérables pour les céder aux bourgeois politiques en quête de propriétés foncières et immobilières gratuites.

Kimp./Le Phare/Th

Last edited: 04/05/2007 17:37:21

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