Ce petit guide veut servir d’instrument d’éducation populaire destiné aux mouvements sociaux, réseaux citoyens, parlementaires, juristes économiques. La dette n’est plus une affaire privée car elle a désormais une dimension politique.
Si la dette du Tiers Monde constitue un « sacré » pactole pour ses créanciers, elle pèse comme une chape de plomb sur les peuples du Tiers Monde. Mais la dette, c’est aussi une histoire… des histoires, très compliquées, enchevêtrées, pas toujours claires, bien souvent peu recommandables. Cet ouvrage soulève des questions très pertinentes qui permettent de mener l’enquête sur la dette. Qu’est devenu l’argent de tel emprunt ? A quelles conditions a-t-il été conclu ? Quelle part a été détournée ? Quels crimes ont été commis grâce à elle ? Etc.
Un audit de la dette sert à répondre à ces questions et à bien d’autres. Il permet de clarifier le passé, de démêler son écheveau, fil par fil, jusqu’à reconstruire la pelote des enchaînements qui ont conduit à l’impasse actuelle. Et il permet aussi d’éviter que le passé ne se répète.
En effet, à l’échelle du système monde, la dette n’est plus une affaire privée car elle a désormais une dimension politique qui concerne tous les peuples et toutes les sociétés. L’endettement des pays du Sud devient même insupportable dans le sens où les remboursements et les paiements d’intérêts exigés par les créanciers sont hors d’atteinte et empêchent toute forme de développement.
Ce petit guide veut servir d’instrument d’éducation populaire destiné aux mouvements sociaux, réseaux citoyens, parlementaires, juristes, économistes et autres révoltés. La dette ressemble aujourd’hui à un serpent de mer. Car, voici plus de 20 ans que l’on parle de « crise de la dette » extérieure du Tiers Monde et qu’on prétend vouloir lui apporter remède. Les initiatives officielles se succèdent mais la dette des pays en développement n’a cessé d’enfler : de l’ordre de 70 milliards US$ en 1970, elle valait 540 milliards US$ en 1980 pour atteindre aujourd’hui près de 2.800 milliards US$ et a donc été multipliée par près de 40 en 35 ans. En conséquence, la crise de l’endettement est désormais de type structurel, alors qu’elle avait été initialement présentée comme une crise de liquidité ou de non-solvabilité.
Par ailleurs, selon les auteurs, la dette devient un instrument de chantage et de domination pour les banques et les sociétés transnationales importantes, ainsi que pour les Etats qui défendent leurs intérêts géostratégiques, par tous les moyens, y compris la guerre.
La dette du Tiers Monde est arrivée à point nommé pour ces puissants pour renforcer leur domination et reprendre la main là où ils l’avaient quelque peu perdue. « La dette était un outil de colonisation et est devenue un instrument de recolonisation ».
Ce manuel est le résultat d’une initiative conjointe du Centre Europe–Tiers Monde (CETIM) et du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM), avec le soutien de l’Association américaine de juristes (AAJ) et du South Centre.
Il a été élaboré sur la base de deux séminaires réunissant des experts et des militants de la dette des pays du Tiers Monde.
Cette initiative a été rejointe par EURODAD, Emmaüs International, Jubilé Sud, la COTMEC, Attac Uruguay et Auditoria Cidada da Divida (Bresil). Les organisations sous-signées espèrent que des audits de la dette soient mis promptement en route dans différents pays pour que la lumière soit enfin faite sur la dette !
« Nous nous engageons à travailler avec entrain pour changer les politiques des gouvernements du Sud qui devraient répudier toutes les dettes réclamées à nos pays. A cet égard, nous considérons la mise en oeuvre des audits sur la dette comme un pas décisif », (extrait de « Résistances & alternatives contre la dette », La havane, 28 septembre 2005).
(Yes)Rich Ngapi/Le Potentiel
Last edited: 02/05/2007 17:50:29