La troupe « Les Joséphistes » s’est produite lundi à l’Université de Kinshasa (Unikin) dans le cadre de la 6ème édition du Théâtre universitaire qui a démarré depuis le 21 avril et dont la clôture intervient le samedi 5 mai et du cinquantenaire de la paroisse Notre-dame de la Sagesse.
Après l’Institut facultaire des Sciences et techniques de l’Information (Ifasic), les Facultés Catholiques de Kinshasa (Fck), l’Université pédagogique nationale (Upn), l’Université Simon Kimbangu (Usk), l’Université nationale de Kinshasa de Kinshasa (Unikin) a reçu à son tour la 6ème édition du festival de théâtre universitaire(Festu).
Mais ce festival n’a pas accordé la parole à la troupe de ladite institution d’enseignement supérieur et universitaires car en lieu et place de cette troupe, ce sont plutôt les « Joséphistes » de la congrégation catholique qui porte le même nom qui se sont exprimés dans la pièce « Deux mondes deux non » du père Bilolo.
Le rendez-vous était fixé lundi à 19 heures en plein air à l’esplanade de l’église Notre dame de la Sagesse qui organise depuis quelques temps les manifestations commémoratives (dont le théâtre) de son jubilé d’or (50 ans). Voilà pourquoi on a noté sur les lieux la présence de son curé, M. l’abbé Mosua.
Des paroissiens, parmi lesquels des enseignants et des étudiants sont de la partie. Avec de nombreux badauds, ils ont ensemble découvert et apprécié les talents du metteur en scène, du Professeur Bertin Makolo Muswaswa connu plus comme un homme des lettres et spécialiste du livre.
Le Jury, ainsi que la délégation du Centre d’Etudes et de diffusion des arts de l’Institut national des arts (Cedar /Ina) organisateur de ce festival étaient aussi là avec à leur tête, le directeur de cette structure, le professeur Ndundu Kivuila, que ses étudiants appellent « Vieux Masque ».
Avec les embouteillages qui caractérisent la ville de Kinshasa, la délégation du Cedar arrive quand même à temps sur les lieux. Mais le podium est encore en train d’être aménagé : un assemblage de bois entouré par une étoffe qui fait office de mur et dont le décor est les peaux d’animaux ou encore des objets de broderie. Il s’agit d’un salon où se déroule le jeu, l’histoire. Des tables des chaises sont aussi en place.
A cause de la longue attente, certains membres de la délégation du Cedar /Ina sont emportés par le sommeil mais ils vont s’en sortir lorsque le metteur en scène qui joue également le rôle de modérateur de la soirée prend la parole pour en annoncer le début.
Des surprises
Il est presque 21 heures. Outre le théâtre, « Les Joséphistes », ne voulant pas rater de l’occasion de cette sortie, ont réservé d’autres surprises aux spectateurs : d’abord de la musique avec un cantique exprimant leur attachement à Dieu le père et Christ sauveur et ensuite un récital des poèmes.
C’est après ces modes d’expression artistiques que leur troupe va intervenir tenant ainsi en haleine un public au départ timide aussi bien en ce qui concerne le nombre et les réactions. (Ils étaient plus ou moins 200 ). Mais ce public va plutôt s’accroître lorsque le spectacle commence, et va devenir actif avec le jeu des artistes qui devient de plus attrayant, même si plusieurs d’entre eux, comme l’a déclaré le professeur Ndundu, étaient à leur première expérience grâce à « Deux mondes deux non ».
Tout de même ce public a su trouver son compte avec ce spectacle dans une université où les activités extra académiques ou ludiques sont quasi inexistantes. Surtout avec la prestation de père Bope qui s’est dépassé en ce qui concerne l’interprétation de son rôle.
L’histoire de « Deux mondes deux non » est celle d’un père qui s’oppose au choix de son fils qui se trouve une fiancée. Plusieurs thèmes y sont abordés. Il s’agit entre autres de la sorcellerie, du conflit de générations.
Réactions du public parfois non appropriées
A la fin, le « Vieux Masque » n’a pas manqué de remercier le public avant d’annoncer le rendez-vous du Festu 2008 et d’expliquer qu’un jury est en place dans le cadre de ce festival promettant d’apporter le soutien du Cedar pour le renforcement des capacités de la troupe « Les Joséphistes ».
Il y a lieu de souligner que d’une manière générale, cette troupe, tout en étant amateur s’est bien comportée. Cependant, il faudra relever certaines insuffisances de la part de certains comédiens qui ont fait preuve de quelques lacunes surtout en ce qui concerne, les expressions corporelles, la couverture du champ oratoire. C’est le cas de celle qui a joué le rôle de l’épouse.
Il y a aussi la durée des tableaux qui allonge inutilement celle du spectacle. Il est donc souhaitable que le metteur en scène puisse tout faire pour supprimer certaines scènes.
En ce qui concerne l’organisation elle était impeccable mais, il aurait été intéressant le podium puisse être monté à temps et en l’absence des spectateurs. De même que l’environnement n’a pas permis aux spectateurs de mieux suivre le spectacle à cause des automobiles dont le parking est érigé devant l’église. Les vrombissements de leurs moteurs déconcentraient les spectateurs et constituaient pour certains d’entre eux une occasion de crier en proférant des injures (de quelle manière ?) aux conducteurs de ces engins.
Au sujet du podium, le professeur Makolo a expliqué que cela était dû au comportement de la personne chargée de cette besogne qui s’y est mal prise.
Pendant que pour sa part, le public, a communié avec les spectateurs même si parfois ses réactions n’étaient pas appropriées, trop terre à terre, c’est- à- dire pas dignes de celles des intellectuels. Et puis elles venaient lorsqu’on n’en avait. Ce qui est toujours normal surtout quand on se trouve face à un public composé des étudiants.
Avant la clôture qui intervient samedi, la fête du théâtre en milieu universitaire se poursuit ce mercredi avec un spectacle à l’Académie des Beaux arts, le jeudi et le vendredi à l’institut Saint Pierre Canisius et le vendredi au Théâtre du Zoo. Par ailleurs, en marge de ce festival, il est prévu un colloque qui se tiendra du 3 au 5 mai.
BT/MMC
Last edited: 03/05/2007 17:07:03