Des miettes judiciaires qui tournent au règlement de comptes et qui donnent à un mandataire public issu du système 1+4 l’occasion d’exsuder sa hantise de perdre sa place dans la perspective du prochain chambardement dans les entreprises du Portefeuille en utilisant les colonnes de journaux de proximité.

Mushi Bonane, ministre de la Recherche scientifique et technologique du gouvernement d’Antoine Gizenga a été toute la semaine dernière la cible de cinq titres de quartier dont : « L’Alerte Plus »,« Alerte Rouge », « Tapis Rouge », « Le Lauréat » et « , « Le Standard Info » ; Tous les cinq ont tiré à boulets rouges sur leur victime dans une diabolisation médiatique dans laquelle la diffamation l’a disputé aux contrevérités, et les inexactitudes aux aberrations les plus saugrenues dans un travestissement des faits propres à arracher la conviction de l’opinion sur la culpabilité du ministre de la Recherche scientifique et technologique. Le tout noyé dans un panégyrique tellement excessif envers l’Administrateur délégué général Déo Rugwera que cela sent une forte odeur de plumes mercantiles. Tout dans leurs écrits qui brocardent Mushi Bonane le démontrent, et nous en donnerons quelques preuves dans les lignes qui suivent.
Les faits rétroactifs : un contrat de service mal exécuté qui aboutit à une condamnation au civil en bonne et due forme de l’Ofida au bénéfice de la sté Estagri
L’affaire montée en épingle dans les cinq titres susvisés tire son origine dans le contrat d’assurance et de réassurance aux termes duquel l’Office des douanes et accises (Ofida) confie, en 1996, l’exclusivité des opérations d’assurance et de réassurance en toutes branches pour le compte de l’Ofida. Et, dans les mêmes circonstances de temps, au terme d’un autre contrat d’entretien, cède également à la Société Estagri Sprl, l’exclusivité de la surveillance, de l’entretien et de la réparation de tout son système de climatisation.
Ayant accompli ses obligations vis-à-vis de l’Ofida, Estagri Sprl établira, par sa note de débit n° GO/EST/96 du 22 avril
1996 d’un montant de 1.234.602 USD.
Contestant cette créance, l’Ofida convoquera une Commission de redressement des comptes des comptes en date du 15 octobre 1998 qui arrête un montant de 654.076 USD comme créance en faveur de l’Estagri Sprl.
Mais, devant les manœuvres dilatoires de l’Ofida depuis 1998 jusqu’en 2002, la Société Estagri Sprl résolut de recourir à la justice. C’est ainsi que sous RC 80.841 du 14 février 2005, le TGI/Gombe confirma la créance de 654.076 USD et condamnera l’Ofida à son paiement ainsi qu’aux dommages et intérêts de l’ordre de 70.000 USD tout en assortissant la créance principale des intérêts judiciaires de 20 % l’an.
Contre ce jugement, l’Ofida a formé les défenses à exécuter qui ont été rejetées par la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe sous RCA 23.565 du 25 octobre 2005. C’est ainsi qu’après avoir suivi toute la procédure en la matière, Estagri Sprl a, en date du 31 mars 2006, procédé à la saisie-exécution des fonds de l’Ofida logés dans ses comptes BIAC, BCBC et CITYBANK. Mais c’était sans compter avec la témérité de l’Ofida qui, multipliant des procédures inconnues du système judiciaire congolais, ira jusqu’à des intimidations pour obstruer l’exécution des décisions judiciaires.
Légaliste et perspicace à souhait, Estagri Sprl, tirera bénéfice de l’article 143 du Code de procédure civile qui prévoit d’obtenir par voie d’assignation l’ordre de décaissement des espèces saisies en faveur de la caisse du Greffe compétent en vue du paiement. Le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe, sous RC 92.829 du 21 avril 2006 ordonnera ce décaissement. Et, une fois de plus, l’Ofida attaquera ce jugement, mais la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe, sous RCA 24.114 du 18 mars 2006 rejettera sa démarche.
Voilà donc l’Ofida mis le dos au mur. Ses banquiers, tierces saisis, ne peuvent que s’exécuter. Le 19 avril 2007, la CITYBANK, comprenant le danger de demeurer dans une attitude de rébellion au risque d’engager inutilement sa responsabilité, a établi le chèque d’un import de 289.065.127,20 FC au nom, tenez-vous bien, du Greffe du TGI/Gombe.
Celle-ci est la version des faits tels qu’ils ressortent des documents judiciaires que nous avons eu le loisir de consulter, et qui tranchent nettement avec les versions traficotées qui sont débitées par les cinq titres aux ordres de l’Adg de l’Ofida.
Les attaques contre Mushi Bonane : des inepties cousues de fil blanc !
Comment peut-on se targuer appartenir à une corporation élitiste respectueuse de la déontologie et de l’éthique de sa corporation en affichant une servilité aveugle devant des réalités qui s’imposent implacablement devant l’évidence des faits ?
En effet, on est abasourdi de lire dans ces journaux une version si alambiquée qu’elle étale la hauteur de leur servilité face aux largesses du commanditaire de cette campagne médiatique diabolisante.
Selon « Alerte-Plus », Estagri Sprl « appartient à M. Mushi Bonane, qui lui-même était un agent de l’Ofida ». Première bourde d’une série de plusieurs inexactitudes émergeant dans les colonnes des cinq titres précités. Ils poussent plus loin leur asservissement au pouvoir « ofidien » en affirmant pince-sans-rire que « En coulisse, Mushi Bonane se démenait pour se faire payer par l’Ofida en recourant à des combines louches. Il a fait bloquer les comptes de l’Ofida à la CITYBANK dans le but de se faire payer de force. C’était pendant la Transition. L’ayant appris, le comité de gestion a alerté toutes les autorités compétentes pour débloquer les comptes de l’Ofida. Jean-Pierre Bemba, en sa qualité de vice-Président chargé de la Commission économico-financière, s’était levé contre la démarche de Mushi Bonane et d’Estagri. Enfin de compte, Jean-Pierre Bemba a obtenu le dégel des comptes de l’Ofida à la CITYBANK. Par la suite,on ne sait par quelle magie, Mushi Bonane s’est fait nommer ministre de la Recherche scientifique et technologique dans l’actuel gouvernement. Il s’est dit : voilà le moment propice pour me faire payer coûte que coûte. Il a falsifié les documents pour faire passer la facture de 71.000 $ US à 720.000 $ US ( ! ) : du n’importe quoi qui ne résiste nullement aux éclairages des faits contenus dans les documents judiciaires dont nous avons fait état plus haut !
Comment peut-on, sans crainte d’être accusé de diffamation oser affirmer sans preuve, que « Mushi Bonane a abusé de sa fonction ministérielle et fait bloquer les comptes de l’Ofida à la BIAC, et s’est fait émettre un chèque tiré sur les comptes de l’Ofida pour se faire payer indûment la rondelette somme de 720.000 $ US » ! Aberrante, cette prose absolument impropre à la consommation des intellectuels ! D’autant plus que c’est le TGI/Gombe qui a encaissé l’acompte payé non pas par la BIAC mais par CITYBANK, et établi au nom de Greffe du TGI/Gombe et non de celui de Mushi Bonane ! Renversant ! D’autant plus encore que les mêmes titres, poussés par leur commanditaire ont dépassé les bornes du bions sens en insinuant que « le décaissement des 720.000 $ US tirés sur les comptes de l’Ofida » a, aux dires du président de la délégation syndicale de l’Ofida, naturellement actionné pour les besoins de la cause par l’Adg de ladite entreprise, a « contribué à la détérioration de la condition sociale » des agents de l’Ofida. D’ où, soutient ce zélé syndicaliste, le mouvement de grève qu’il avait déclenché « en réaction au hold-up financier (sic) que Mushi Bonane a tenté d’opérer contre Ofida » ! Ciel ! Quand on sait, d’une part que les différents jugements intervenus dans cette affaire ne citent même pas le nom de l’intéressé, et que de l’autre il n’y a aucune concordance entre les circonstances de temps invoquées par les rédacteurs de ces montages machiavéliques, on tombe des nues !
Les affirmations qui suivent sont également à mettre au compte des inexactitudes lues dans ces journaux, selon lesquelles : « La facture des travaux effectués par Estagri s’évaluait à 71.000 $ US », alors que les documents de justice affirment que « le TGI/Gombe sous RC 80.841 du 14 février 2005 a condamné l’Ofida au paiement de la créance de 654.076 USD ainsi qu’au paiement de dommages et intérêts de l’ordre de 70.000 USD, tout en assortissant la créance principale des intérêts judiciaires de 20 % l’an » ! La vérité, sous ces chiffres, ne peut pas se trouver dans les colonnes de « Alerte Plus », ni dans les autres journaux qui, comme ce média, ont mis leurs plumes au service des contrevérités. Puisque tous les quatre autres titres font les moutons de Panurge et reprennent textuellement les mêmes inepties.
De quoi a peur Déo Rubwiza pour monter cette plaidoirie pro domo ?
Dans cette affaire, le commanditaire a réussi à mettre sous sa coupe les cinq titres susdits et le chef de la délégation syndicale, tous insinuant en chœur que « Mushi Bonane trouble la paix sociale à l’Ofida », et vantant dans la foulée de cette sale besogne de défénestration d’un ministre qui ne sez reproche de rien, les mérites d’un Déo Rubwiza qui mérite sa reconduction au poste qu’il occupe lorsque sonnera l’heure du grand nettoyage des écuries d’Augias que sont les entreprises d’Etat.
La longue et creuse littérature sur la gestion de l’Ofida que ces journaux ont servi leur public était-elle nécessaire pour se retrancher derrière la démarche légitime d’un créancier pour justifier ses insuffisances, et mériter le maintien de son comité de gestion ? Mme Jeannine Mabunda, l’intrépide ministre du Portefeuille et son collègue de l’Energie Salomon Banamuhere n’ont vraisemblablement pas la même opinion que Déo Rubwiza sur les campagnes d’autosatisfaction déclenchées par ce dernier dans la presse de proximité. Ils y réfléchissent à coup sûr, eux qui viennent de faire tomber le couperet sur le cou des membres du comité de gestion de la Regideso et de la Snel au cours du week-end qui vient de se passer. En attendant qu’interviennent le jour « J » : Wait and see !
Cl. Vidibio / MMC
Last edited: 30/04/2007 18:06:48