La nouvelle est tombée samedi dernier tel un couperet. Un arrêté inter-ministériel suspendant les comités de gestion de la Régideso et de la Snel a été rendu public.

Dans l’opinion, on attribue cette décision aux difficultés permanentes qu’éprouvent les Congolais sur le front de l’eau et de l’électricité. Même s’il est vrai que les problèmes tentaculaires que rencontrent ces deux entreprises d’Etat ne sauraient se réduire à la dimension de leurs mandataires respectifs actuels.
Cet arrêté interministériel a surtout eu pour effet de créer une véritable panique dans les entreprises publiques. D’après nos sources, nombre des mandataires se sentent déjà sur le départ. Pour plus d’un observateur, la suspension des comités de gestion de la Snel et de la Régideso devrait ouvrir la voie à la neutralisation des dirigeants d’entreprises issus du « 1+4 ».
On se rappelle qu’en vertu du principe constitutionnel d’alors du partage équitable et équilibré du pouvoir, des entreprises du Portefeuille avaient été saucissonnées entre les composantes et entités qui géraient la transition. Ce partage, dans certains cas, était fait au mépris des critères de compétences, de probité morale et d’honorabilité.
Une politisation de la gestion qui a eu pour conséquence la poursuite de la chute aux enfers pour certaines entreprises publiques.
Décidé à imprimer une autre dynamique de la gestion de la « respublica », le Premier ministre Gizenga devrait, pensent les observateurs, assainir les milieux dirigeants des entreprises afin de refaire du portefeuille l’épine dorsale de notre économie. Cette exigence implique qu’on ne retombe plus dans les travers du passé.
En d’autres termes, on devrait privilégier l’expertise et la technicité au militantisme. Car, une entreprise publique ne saurait être gérée sur le modèle de nos cabinets ministériels où les mandataires politiciens s’entourent de ses partisans en lieu et place des collaborateurs formés.
Même la Banque mondiale avait, en son temps, marqué quelques réserves par rapport au fameux partage équitable et équilibré dans les entreprises publiques en craignant que cette opération ne donne lieu à la politisation des entreprises d’Etat.
Pour autant, tous les mandataires actuellement en fonction, y compris à la Snel, ne sont pas globalement fautifs ou incompétents. Des initiatives ont été prises par des responsables de ce cette entreprise publique, pour colmater tant soit peu les brèches. Mais, le mal était profond. Et les moyens en inadéquation avec les ressources de l’Entreprise. Tout compte fait, au seuil de son mandat, le nouveau pouvoir est dans son droit de revisiter l’ensemble des entreprises publiques de manière à les mettre en situation de contribuer au programme économique du Gouvernement.
(Yes)Forum des As
Last edited: 30/04/2007 12:35:03