Au moins 22 rebelles hutus rwandais ont été tués depuis le lancement mardi dernier d’une vaste offensive des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) au Nord-Kivu, a-t-on appris jeudi de source militaire congolaise.

Les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) ont subi des pertes importantes. Nous avons recensé 22 corps, mais il y a sûrement eu plus de morts et des blessés dans leurs rangs », a déclaré à l’AFP le colonel Delphin Kahimbi, commandant en second du Nord-Kivu.
« Nous avons un blessé léger. Les ennemis n’ont pas opposé une grande résistance. Les combats n’ont jamais duré plus d’une heure. Les FDLR ont le plus souvent abandonné leurs postes », a-t-il ajouté.
Depuis mardi, les FARDC ont engagé six bataillons (environ 3.500 hommes) dans une opération destinée à sécuriser deux axes routiers partant de Goma, la capitale du Nord-Kivu, vers le nord (Ishasha, à la frontière avec l’Ouganda) et le nord-ouest (Kanyabayonga).
Cette offensive a été lancée à la suite d’une série d’embuscades et d’attaques contre des véhicules civils sur les axes de la région, imputés par l’armée congolaise aux FDLR, parfois alliés à des miliciens locaux Maï-maï.
« Toutes les positions défensives des rebelles ont été prises et détruites. Les axes sont pratiquement sécurisés, a ajouté le colonel Kahimbi, joint par téléphone près de Kiwanja, à plus de 50 km au nord de Goma. « Cette opération va se poursuivre jusqu’à la sécurisation totale de cette zone », a-t-il prévenu.
De nombreux éléments des FDLR sont accusés par Kigali d’avoir activement participé au génocide rwandais de 1994 et qui a fait plus de 800.000 tués, essentiellement au sein de la minorité tutsie.
Maï-mai et Fdlr hostiles à l’opération
L’opération militaire entamée mardi est conduite par les brigades « mixées » Alpha, Bravo et Delta des FARDC, constituées d’éléments issus de l’armée régulière et d’ex-soldats insurgés majoritairement tutsi, qui répondaient jusqu’en janvier aux ordres du général déchu Laurent Nkunda, un Tutsi congolais.
Miliciens Maï-maï et FDLR sont hostiles à ces nouvelles brigades mixées, déployées depuis janvier pour « sécuriser » la province. Ces brigades sont accusées par des élus locaux d’avoir perpétré des « crimes atroces contre des civils », régulièrement accusés de complicité avec les rebelles.
Jeudi, le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) des Nations unies a appelé les autorités congolaises à « faire de la protection des civils une priorité lors des opérations militaires », déplorant le déplacement ces dernières semaines de « plus de 64.000 Congolais ».
« Depuis le début de cette année, les violents affrontements et les tensions interethniques au Nord-Kivu se sont intensifiés simultanément avec la réintégration dans l’armée gouvernementale des brigades dissidentes », note le HCR dans un communiqué. « Le risque de déplacements supplémentaires reste haut. Il y a actuellement 1,1 million de Congolais déplacés dans le pays », dont près de la moitié au Nord-Kivu, selon le HCR.
(Yes)AFP/Le Potentiel
Last edited: 28/04/2007 15:29:24