Le cas de Mgr Marini, l’un des candidats poids lourds engagés dans la course à l’élection à la présidence du Sénat, pose un sérieux problème pour la précédente gestion avérée peu reluisante au même poste que convoite l’intéressé.

Depuis que par la voie d’un arrêt rendu le lundi, 23 avril 2007, la Cour Suprême de Justice a établi la constitutionnalité du règlement Intérieur du sénat, l’heure est actuellement aux tractations pour l’élection des membres du bureau définitif de la chambre haute.
Pour quiconque connaît les contours du microcosme politique congolais, point n’est besoin de rappeler que le dernier mot revient à l’AMP, la famille politique du chef de Etat qui place qui elle veut où elle le veut. L’expérience de l’Assemblée nationale est éloquente à ce sujet. La salle de congrès où siègent les députés n’a rien changé à la configuration décidée par cette famille politique en son temps au Grand Hôtel de Kinshasa.
L’imminente installation du Bureau définitif du Sénat est la principale raison d’énormes tractations politiques en cours autour du chef de l’Etat. Tout tourne autour du choix de la personnalité à qui reviendra la charge de diriger la Chambre haute. Les pronostics au départ favorables à Yerodia, She Okitundu, Philippe Futa et Mabi semblent à ce jour pencher du côté de monseigneur Pierre Marini Bodho qui s’est du reste déjà proclamé candidat à sa propre succession.
Deux raisons majeures auraient présidé au choix porté en sa faveur par le chef de l’Etat. La première est que les compétences constitutionnelles reconnues au président du Sénat font de ce dernier le successeur attitré en cas de vacance de la présidence de la République. Voilà pourquoi le président Joseph Kabila tient à y placer quelqu’un qui le rassure et qui ne l’inquiète pas du tout. La loyauté et la fidélité sont des atouts particuliers des fils de la province Orientale. La deuxième raison est que le choix de Marini Bodho permet au chef de l’Etat de se dédouaner vis-à-vis de la population de la Province qui l’a élue massivement et à qui il entend ainsi dire merci.
Seulement il faut rappeler que Marini I a laissé au sénat une histoire plutôt triste en matière de gestion. Monseigneur Marini et ses pairs de l’ancien Bureau du sénat avaient instauré une gestion qui pouvait se résumer au partage équitable et équilibré de tout, les frais de fonctionnement y compris. Conséquence, le Bureau Marini I et ses collaborateurs ont condamné l’Administration dans une situation chaotique : bus immobilisés faute de pièces de rechange ou d’entretien, inaccessibilité aux produits pharmaceutiques faute de payement de la caution mensuelle dont seul le Bureau de l’Assemblée nationale s’acquittait, comptes rendus et annales non publiés faute de fournitures de bureau, confiscation par les cabinets des attributions du secteur de la questure de l’Administration, manque de considération des fonctionnaires avec lesquels il n’avait jamais communié lors des événements heureux ou malheureux.
Ainsi, faudrait-il à Marini II tuer Marini I, surtout que les noms avancés pour occuper les autres postes au Bureau du sénat sont ceux de Mokolo Wa Pombo à la vice-présidence, Tibasima comme rapporteur et autre Kakwata en qualité de Questeur. Il faut espérer que le départ des anciens collègues du Bureau aide l’Evêque protestant à retrouver des réflexes plus positifs qui permettent un fonctionnement harmonieux de la chambre sénatoriale.
Cette prière de reconversion est d’autant plus nécessaire que l’avènement du Bureau définitif du sénat interviendra après 3 mois de gestion du Bureau provisoire conduit par le doyen Mbwetshi. En un temps record cette équipe a fait oublier à l’Administration du Sénat tous les déboires vécus pendant la transition remise en état de tous les bus, achat régulier des fournitures de bureau à ce jour en stock permanent, versement régulier de la caution requise pour l’achat des produits pharmaceutiques, production, publication et distribution de 13 comptes rendus analytiques contre aucun durant le règne de Marini I, règlement des différents cas sociaux, dialogue permanent avec la structure syndicale.
Il faut souhaiter qu’à son retour à la tête du Sénat, Pierre Marini Bodho se débarrasse du vieil homme affiché pendant la Transition.
(Yes)Ikula NK’Oyanga/La Référence Plus
Last edited: 28/04/2007 14:47:38