La menace brandie de déclenchement imminent d’une grève générale à l’Hôpital de référence de la société diamantaire Miba au Kasaï Oriental risque de provoquer une catastrophe humanitaire dans cette province.

Depuis que des tueurs ont fait irruption dans le Polygone de la Miba, rien ne va plus dans cette entreprise minière, considérée comme le poumon économique de la province du Kasaï Oriental. Des nouvelles en provenance de la capitale diamantifère font état d’une situation des plus préoccupantes.
Il s’agit d’une grève qui s’est déclenchée dans l’hôpital du chef-lieu de la province du Kasaï Oriental. Cette grève qui atteint ce temple de la santé publique, est en mesure d’amener une catastrophe dans toute la province, étant donné que c’est le seul établissement de référence qui soulage des milliers de personnes malades autour d’un énorme périmètre géographique équivalant à plus de la moitié de la superficie de Mbuji-Mayi et de ses environs.
La cause immédiate de ce débrayage est bien selon nos sources, les arriérés de salaire qui dépassent désormais les sept mois et qui ont jeté sur la ville un vent de démotivation générale. Il y a quelques semaines votre quotidien avait tiré la sonnette d’alarme sur la situation qu’était entrain de vivre la Miba, situation tout a fait nouvelle dans cette entreprise qui avait fait la pluie et le beau temps du côté de Mbuji-Mayi et dans toute la République Démocratique du Congo en son temps.
Cette décadence appelle des solutions urgentes de la part du gouvernement de la troisième République. Il n’est jamais tard pour bien faire; c’est pourquoi nous continuons de recommander à l’autorité établie de prendre le problème de la Miba à bras le corps.
L’accumulation des éléments de ce dossier est susceptible de rendre la gestion de la province orientale du Kasaï suffisamment aléatoire pour compliquer la tâche du gouvernement de la troisième République. Force est de constater que la politique ne fait pas bon ménage avec l’improvisation et les agissements ponctuels.
La Miba est malade de ses cadres qui le gèrent mal; cette mauvaise gestion se répercute sur les autres aspects de la vie en société. Le fait de ne pas recevoir plus souvent leur salaire a fait des travailleurs de cette Compagnie, des mendiants sur leurs propres terres. Il ne faut pas oublier que les employés de la Minière de Bakwanga à l’instar de ceux de la Gecamines au moment de sa splendeur, étaient habitués à s’approvisionner dans des cantines bien achalandées, à se faire soigner avec des médicaments de qualité et à envoyer leurs enfants dans des bonne écoles, sans compter des rémunérations qui faisaient d’eux, des privilégiés.
Aujourd’hui tous ces avantages ne sont plus que des souvenirs d’une époque somme toutes, révolue. Comme un malheur ne vient jamais seul, les travailleurs vivent maintenant dans une insécurité permanente causée par des bandes organisées en associations criminelles, qui opèrent avec des armes à feu dans le Polygone de la Miba la nuit ou au grand jour, vivant de rapines et d’extorsion de fonds ou de diamant.
Bref, c’est la loi du plus fort qui prédomine à Mbuji-Mayi wa Balengela comme on dit. Dans ces conditions si l’Etat ne s’investit pas rapidement dans la recherche des solutions durables, la nature risque de reprendre ses droits à la Miba et dans toute la contrée du Grand Kasaï. Pourtant malgré l’urgence de la situation, le problème de Mbuji-Mayi doit être réglé globalement, pour ne pas donner l’illusion d’une victoire qui ne serait que leurres et lueurs. Moralité : la grève doit être enrayée, le problème de salaires impayés doit aussi trouver une solution intéressante, le tout, simultanément.
(Th)
Prince Malko/L’Avenir
Last edited: 24/04/2007 15:47:40