La résiliation du contrat de collaboration entre la société congolaise et la compagnie aérienne espagnole ferait suite ŕ l’interdiction de survol de l’espace aérien européen imposé aux Lacs
Entre la compagnie nationale d’aviation, les Lignes aériennes congolaises (Lac), et la compagnie aérienne privée espagnole, Bravo Airlines, le temps de dialogue est passé. L’heure est plutôt ŕ la résiliation officielle du contrat de partenariat, apprend-t-on des sources proches du ministčre des Transports et Communications.
D’aucuns pouvaient insinuer avec malice que l’espagnole Bravo Airlines ait profité de l’interdiction du vol sur l’espace aérien européen frappant son partenaire congolais pour remettre en question leur joint-venture. Mais, la raison est tout autre, indiquent les męmes sources.
Aux termes de leur contrat de collaboration, les deux parties étaient parvenues ŕ des arrangements fonctionnels pour lesquels chacune devait faire l’effort d’en respecter l’application.
Pour sa part de contrat, Bravo Airlines devrait, dans un premier temps, mettre ŕ la disposition de Lac et pour les besoins de ce partenariat, sept avions de ligne : un avion pour la ligne internationale, quatre pour les vols nationaux et deux pour les liaisons interafricaines.
Quant ŕ la compagnie nationale d’aviation, elle devait céder, dans ce partenariat, outre ses infrastructures immobiličres, tous ses droits de trafic.
Les deux parties devraient partager les bénéfices suivant une clé de répartition qui allait ętre déterminée de commun accord, au mieux de leurs intéręts mutuels.
Le patrimoine des Lac
En concluant cet accord de partenariat avec l’espagnole Bravo Airlines, les Lac, qui n’ont aucun outil d’exploitation, avaient vu la sortie du tunnel. Avec le poids des arriérés des salaires cumulés de plus de dix années d’impaiement avec une administration obsolčte et un personnel vieilli et pléthorique sous employé, les Lac qui devaient apporter en échange seulement leurs droits sur papiers et les infrastructures, avaient comme contraintes contractuelles de n’engager dans ce nouveau partenariat qu’un nombre restreint du personnel et de procéder au recrutement de l’expertise. C’est de lŕ, indiquent les sources, qu’ est partie de la dénonciation des termes de ce contrat.
Les aigris qui se recrutent par des centaines et, de plus, ne reçoivent pas réguličrement des salaires depuis plusieurs années, au lieu de revendiquer un plan social de retraite, ont entrepris de chercher un nouveau partenaire.
En date du 16 mars 2006, un autre partenaire, américain cette fois-ci (une agence de design américaine), acceptant d’ętre partenaire des Lac, a mis ŕ la disposition de cette entreprise un Boeing 747 qui se trouve actuellement au tarmac de l’aéroport international de N’Djili.
Cette démarche des exclus du partenariat Lac-Bravo Airlines aurait déplu souverainement ŕ la partie espagnole qui a dénoncé la violation des termes de ce partenariat. En réaction ŕ ce qu’elle considčre comme une entorse aux principes et rčgles définis, elle a simplement appelé ŕ mettre un terme ŕ ce contrat pourtant avantageux pour la partie congolaise.
De męme, précisent les męmes sources, pour préserver l’image économique du pays, ouvert aux investissements étrangers attendus ŕ bras ouverts, les autorités congolaises n’ont pas hésité ŕ demander la remise en cause de ce partenariat Lac-Bravo Airlines.
Coup dur pour les Lac
La fin de ce partenariat entre les Lac et l’Espagnole Bravo Airlines est un coup dur pour le personnel de la partie congolaise qui a vu, ŕ travers cette joint-venture, la solution ŕ tous ces problčmes relatifs aux droits sociaux les plus primordiaux.
Comme dans la fable de Jean de la Fontaine « Perrette et le pot au lait », les agents frondeurs des Lac peuvent dire adieu aux « droits sociaux » et autres avantages, torpillés par l’incompréhension et l’absence de l’esprit managérial.
(Yes)
Last edited: 07/05/2006 00:06:54