Améliorer la circulation fiduciaire et allonger la durée de vie des billets de franc congolais. C’est à quoi s’attèle la Banque centrale du Congo (BCC) depuis quelque temps. Dans ce cadre, il avait été organisé en mars 2006 à Kinshasa un séminaire-atelier pour accroître les capacités d’action de la direction de trésorerie de la Banque centrale du Congo. C’est aussi sur cette lancée qu’il faut situer la signature demain mardi à Kinshasa d’un accord de partenariat entre la Banque centrale du Congo et la profession bancaire, représentée par l’Association congolaise des banques (ACB).

A travers cet accord, les deux parties ont convenu de mettre en commun leurs efforts pour l’amélioration de la circulation fiduciaire en RDC. il s’agira aussi, dans le même registre, d’explorer de nouvelles pistes pour résoudre l’épineux problème des billets usés, communément appelés « blessés de guerre ». Améliorer la circulation fiduciaire et allonger la durée de vie des billets de banque en limitant au strict minimum la circulation des billets usés sont les deux axes principaux sur lesquels est fondé ce partenariat BCC et ACB.

La présentation en 2004 du Plan stratégique de la Banque centrale et du système financier national a permis de dégager les grands principes pour assainir la circulation fiduciaire en RDC. Raison de plus pour épingler les actions initiées par la Banque centrale du Congo en vue d’atteindre cet objectif. Il s’agit notamment de la modernisation de l’atelier de comptage des billets de banque au sein de la direction de trésorerie. Par la combinaison d’un certain nombre de mesures de sécurité, il a été mis en place des procédures rigoureuses pour améliorer les services rendus aux banques commerciales, en mettant notamment à leur disposition des lias­ses et des emballages sécurisés.

Un mot sur la conférence de mars 2006

Compte tenu de la nécessité de protection des billets de banque, des experts de la Ban­que centrale du Congo, de l’Association congolaise des banques, de la Fédération des entreprises du Congo; de l’Association nationale des entreprises du portefeuille ainsi que d’autres services de l’Etat s’étaient penchés en mars 2006 sur les stratégies à mettre en oeuvre pour l’amélio­ration de la qualité de la circulation fiduciaire en RDC.

De cette première conférence devait sortir un plan de rationalisation de la direction de trésorerie de la BBC.    

C’est un véritable chantier que venait donc d’ouvrir la BCC. Il s’agissait pour elle, de réhabiliter et de moderniser sa direction de trésorerie pour en faire un véritable point d’appui de la croissance économique. Ainsi, en décidant de réunir divers experts du secteur bancaire dans une conférence consacrée à l’amélioration de la qualité de la circulation fiduciaire en République démocratique du Congo, la BCC s’est fixée pour objectif assainissement du système national de paiement afin de mieux capitaliser les fruits de la stabilisation du cadre macro-économique.

Pour circonscrire les mo­biles de cette conférence, le gouverneur Masangu s’est appesanti sur la situation économique de la RDC de 1990 à fin 2000, et son impact sur la circulation fidu­ciaire. Les déséquilibres macroéconomiques enregistrés au cours de cette période, a-t-il dit, avaient entre autres induit une incidence négative sur la situa­tion financière du pays, dont no­tamment les déficits chroniques du compte général du Trésor fi­nancés généralement par voie d’émissions monétaires.

La persistance de ce phénomène a eu des conséquences fâcheuses sur le système natio­nal de paiement, prédominé par la circulation fiduciaire. Ainsi, il s’en est suivi une inconvertibilité du cheque en espèces ; une évic­tion de la monnaie scripturale comme mode de paiement des transactions; l’apparition de taux de change multiples selon les valeurs faciales des coupures et selon le type de monnaie, scriptu­rale ou fiduciaire; la dollarisation accrue de l’économie congolaise; la perte généralisée de la confiance dans le système bancaire entrainant une forte désintermédiation et sous bancarisation .

Tous ces éléments ne pouvaient, que freiner l’élan de la croissance en annihilant les effets positifs de la stabilisation. Les plus graves perturbations créées dans l’économie se sont notam­ment exprimées en termes d’augmentation du coût des tran­sactions financières à travers la pratique de la décote et des taux de change multiples; la difficulté de transport d’une grande quantité des billets de banques; la consécration des délais de paiement toujours plus longs en raison de l’utilisation des espèces comme mode de paiement prin­cipal.

Compte tenu de la diffi­culté à capitaliser les fruits de la stabilisation pour en faire réellement une arme de la relance de l’appareil économique national, le gouverneur a émis le vœu de voir cette première conférence sur la qualité de la circulation fiduciaire dégager de véritables stratégies à mettre en œuvre pour un nouvel élan de l’économie congo­laise.

Cet objectif, a-t-il souligné, impliqué pour la Banque centrale d’une part, la sécurisation des ressources publiques, et d’autre part, l’amélioration des prestations de service. C’est dans ce cadre qu’il a situé la mise en place d’une série d’actions destinées pour la plupart à la réhabilitation et à la modernisation de la direction de trésorerie de la Banque centrale du Congo pour, selon lui, « assurer la sécurité du traitement et de la conservation des signes monétaires »

(Luc)

Faustin Kuediasala/Le Potentiel