Ce spectacle truffé des scènes sarcastiques et humoristiques fait partie de la série « Rions plus, rions moins.» Plusieurs maux et pratiques répréhensibles constatées dans la société congolaise et ailleurs sont dénoncés dans cette fresque.
Musique, Théâtre, danse contemporaine, c’était le menu présenté au public vendredi 13 avril dernier à l’Espace Mutomba Buitshi à l’ouverture de la saison culturelle à l’Ecurie Maloba.
La circonstance était donc propice pour Jean Chaka de parer un peu du calendrier bien étoffé de sa compagnie. Le directeur artistique de l’Ecurie Maloba a indiqué que cette année est très importante, car il y aura l’organisation du 9ème édition du FIA (Festival international de l’acteur).
2007, coïncide également avec à l8ème année d’existence de l’Ecurie Maloba, et du 10ème anniversaire de a mort de Galans Mutombo Buitshi, l’un des fondateurs de cette compagnie théâtrale.
Pour redynamiser cette structure culturelle, envisager l’avenir avec optimisme et sérénité, Jean Chaka, a promis de faire un état des lieux complet des activités et réalisations de l’Ecurie Maloba après 18 ans d’existence.
Cette évaluation sera donc faite à l’issue des séances de travail qui seront organisées au cours de la saison culturelle 2007. Les Enfants terribles de l’Ecurie Maloba ont ainsi annoncé es couleurs, en présentant lors cette soirée de reprise des activités culturelles, la pièce « Ekofo, l’administrateur gérant », de Nono Bakua, dans une mise en scène de Jean Chaka Tshipamba.
Ce spectacle plaisant est truffé des scènes sarcastiques et humoristiques. Il fait partie de la série « Rions plus, rions moins ».
Plusieurs maux et pratiques répréhensibles constatés dans la société congolaise et ailleurs, sont dénoncés dans cette fresque.
Jouée plus d’une fois, cette pièce a été remise goût du jour en fonction de l’évolution de la situation sociale, économique, et politique de l’heure. Ce qui fait qu’elle garde toujours son caractère actuel.
Nommé gérant dans une société commerciale internationale d’import export, Ekofo, s’affuble du titre d’administrateur gérant. Il procède à des changements fantaisistes et gère pratiquement seule cette entreprise selon son humeur et ses propres règles.
Ce villageois sans expérience et sans notion de commerce, est véritablement un adepte de l’enrichissement facile. Véreux, il revoit à la hausse des prix des marchandises aux mépris des règles et tarifs imposés par l’Etat. L’argent qu’il amasse au lieu d’aller dans la caisse de l’entreprise, lui permet plutôt de faire des folies en menant la grande vie, en compagnie de belles créatures.
Sans se soucier du renouvellement des stocks, il va conduire cette société à la faillite. Son grand frère qui l’avait embauché sera alors obligé de le renvoyer.
A travers cette pièce, c’est la mauvaise gestion des affaires, le règne de l’arbitraire, et autres travers constatés dans le pays qui sont raillés et fustigés avec beaucoup d’humour.
En lever de rideau du spectacle phare de la soirée, le public a eu droit à suivre un numéro de danse présenté par le groupe « Salsa fonder », une composante de l’Ecurie Maloba, et un interlude musical.
Jacques Yanga et le ballet Patrice Emery Lumumba, ont donné le spectacle « Embouteillages ». Un spectacle de danse contemporaine. Cette chorégraphie fluide aérienne, est un régal pour les yeux.
Par des expressions corporelles et mouvements coordonnés, les danseurs miment la difficulté de transport dans la ville de Kinshasa, occasionnant des bousculades, des scènes indignes, certaines situations confuses et anarchiques observées dans les différents secteurs du pays.
Embouteillages, est un spectacle de danse enrichi par l’apport de la peinture. Les corps des danseurs badigeonnes, créent l’illusion d’un tableau grandeur nature.
(Ern.)Dovin Ntelolo Diasonga/L’Observateur
Last edited: 23/04/2007 18:32:58