C’est dans une parcelle aux murs élevés que sont acheminées chaque jour, les motos volées où elles sont cannibalisées, afin d’alimenter le marché des pièces détachées d’occasion et effacer toute trace.
A l’instar des véhicules volés dans la ville de Kinshasa dont on ne retrouve plus des traces, les motocyclettes emportées par des malfaiteurs ont une cachette inaccessible aux yeux indiscrets, dans un des quartiers mal famés de la capitale. C’est dans une parcelle aux murs élevés que sont acheminées chaque jour, les motos volées où elles sont cannibalisées, afin d’alimenter le marché des pièces détachées d’occasion et effacer toute trace. Dieu merci ! La cachette a été enfin découverte la semaine dernière par les éléments de la Police nationale congolaise.
Un cimetière des épaves installé sur avenue Lualaba
Un jour, un informateur occasionnel a sollicité de rencontrer un policier. Après l’avoir longuement écouté, un officier décide qu’une enquête soit ouverte, de manière à vérifier les informations apportées par ce visiteur.
Sur l’avenue Luataba n° 129 quartier Ngwaka dans la commune de Kinshasa, les policiers sont reçus par Simon Mayasi, le maître des lieux, quelque peu surpris, mais décontenancé par cette visite insolite des agents de l’ordre en mission.
A son grand étonnement, on l’interroge sommairement sur la destination prise par les véhicules et motos qui sont amenés dans sa parcelle. L’homme se cabre dans un repli en soi qui n’émeut pas les policiers. Je ne sais rien, et je n’ai jamais vu les biens que vous me parlez !
Ne cessait-il de supplier comme pour soutenir son innocence. A son corps défendant, un des policiers qui détenait des indications précises, lui révèle que quelque part dans sa parcelle, est érigé un cimetière des épaves des motos volées à Kinshasa.
D’un pas sûr, il conduira ses collègues jusque vers une sorte de dépotoir nouvellement installé. A l’aide d’une barre de fer enfouie dans plusieurs points, le fond des détritus livre ses secrets. On a pu déterrer en ce lieu, une épave presque neuve de la motocyclette Yamaha excel 125 de couleur rouge. Pourtant, selon les informations communiquées par cette source, dans cette parcelle sont enfouies plusieurs épaves des motocyclettes.
La preuve est là. Mis immédiatement aux arrêts. Simon Mayasi est conduit au poste de police du quartier Ngwaka où il doit expliquer la provenance de cette moto, les documents de propriété et la destination donnée à certaines pièces détachées, dont le moteur, le réservoir, les pneumatiques et les moyeux. Avec ce coup de filet, on peut espérer découvrir à l’issue de cette enquête le palmarès des motocyclettes volées dans la ville de Kinshasa, les membres de sa bande et les receleurs constitués en revendeurs des pièces détachées.
(Ern.)J.R.T/Le Phare
Last edited: 14/04/2007 15:31:22