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La journaliste française de RFI Ghislaine Dupond, pasionaria des mal-aimés des affaires politiques en République démocratique du Congo fait ce vendredi matin 13 avril 2007 de la requête introduite par le procureur général de la République au Sénat pour la levée de son immunité son petit déjeuner du jour. Et pour cause ! Des affrontements armés d’une rare violence ont eu pour théâtre le centre ville de Kinshasa les 22 et 23 mars dernier.  Ces hostilités qui ont fait des centaines de morts et de blessés graves ont opposé les soldats de la régulière aux éléments armés commis à la garde de l’ex vice-Président Jean-Pierre Bemba, devenu par la suite sénateur.

Détonateur désigné de ce drame particulièrement sanglant : l’obsession sécuritaire de l’ex vice-Président qui, n’ayant su transcender son obsession sécuritaire, a fait fi de l’ultimatum lui lancé par le chef d’Etat-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) de remettre à la disposition de l’Etat-major ses éléments militaires, tous issus, il est utile de le signaler, ne serait - ce que pour une bonne appréhension de la situation - de l’ex Armée de libération du Congo (ALC) dont il s’était servi pendant les années de rébellion (1998-2003) contre le pouvoir de Kinshasa.

Et cette donne fait dire à plus d’un observateur qu’il y a un lien probant de cause à effet entre le refus du président du MLC de se séparer de ses hommes, et le déclenchement des affrontements survenus par la suite, même si quelques voix estiment que le recours à des négociations aurait pu régler cette question sans effusion de sang. Ceci est une autre paire de manches, car on ne peut sous estimer ce qui aurait pu être la grogne des militaires qui sont fatigués de la pusillanimité des politiciens qu’ils accusent d’être à la base du retard constaté dans la réalisation effective des forces belligérantes d’hier en vue de constituer la novelle armée, brassée et mixée.

Au demeurant, quand bien même on aurait recouru aux négociations pour résoudre le problème du désarmement, qui peut parier sur cent que la parlotte allait avoir un effet dissuasif sur l’intransigeance de l’ex patron de la commission économico-financière du gouvernement s’agissant de sa sécurité personnelle ? Nous nous gardons de faire un mauvais procès contre qui que ce soit, nous nous contentons simplement de poser la question.
 
Cette relation de cause à effet a convaincu le procureur général de la République (PGR) de solliciter, par une requête de son office datée du 10 avril 2007 adressée au président du Sénat, sollicitant la levée de l’immunité de Jean-Pierre Bemba afin, expose la lettre du PGR, de « permettre à l’organe de la loi d’approfondir les investigations » sur les faits dont il accable l’ancien vice-Président et président du MLC.

JP. Bemba est accusé d’avoir tué, blessé, détruit des bâtiments publics et privés…par personne interposées !

Dans la requête au bureau du Sénat, le PGR Tshimanga Mukeba dit s’appuyer « sur la version de l’Etat-major des FARDC », qui rapporte que «  du 22 au 24 mars 2007, un affrontement armé a opposé, dans une partie de la commune de Gombe/Kinshasa, des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à ceux commis à la garde de l’ancien vice-Président de la République Jean-Pierre Bemba Gombo, actuellement sénateur ».

La requête du PGR poursuit en révélant qu’au cours de ces violences,il a été déploré notamment ce qui suit : des pertes en vies humaines, de nombreux blessés graves dont certains sont dans un état grave, la destruction des bâtiments publics et privés et des pillages découlant « d’un affrontement armé opposant des éléments de l’armée loyalistes  à ceux commis à la garde de l’ancien vice-Président ».

Comme on peut s’en rendre compte, la requête du PGR Tshimanga Mukeba se fonde sur la version de l’Etat-major général des FARDC pour solliciter l’autorisation de poursuivre Jean-Pierre Bemba après qu’aura été levée son immunité parlementaire.

La conclusion de la requête du PGR est intéressante dans la mesure où elle souligne que « tels que relatés, certains faits exposés ici peuvent être mis à charge du sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo en tant qu’auteur intellectuel des infractions commises par des militaires de sa garde chargés de sa sécurité ». A ce niveau de l’affaire, on n’en est encore qu’au stade très élémentaire de la présomption et les Ghislaine Dupond et consorts n’ont pas encore voix au chapitre pour mettre la passion au paroxysme et politiser à outrance cette affaire. C’est comme si elle a grand intérêt à ce la dramatisation qui va s’ensuivre replonge de nouveau la RD Congo dans une de ces crises politiques qui se terminent par des bains de sang inutiles. Il est de ces vampires qui ne se repaissent que de sang des humains pour vivre !

Ghislaine Dupond ne se contente que d’un seul son de cloche !

La journaliste française spécialisée – plutôt intéressée - des questions congolaises a fait ce vendredi matin 13 avril 2007 une nouvelle démonstration de son parti-pris habituel dans les affaires politiques nationales.

Comme un garde-chiourme des intérêts de l’Opposition, voici qu’elle gobe totalement les jérémiades de l’Opposition qui se plaint « des actes de tracasserie et de traque » dont « seraient victimes les cadres et les militants du MLC, les menaces et les arrestations arbitraires, les visites nocturnes dans des domiciles, les perquisitions menées illégalement par des militaires de la Garde présidentielle et la police ».

Il est peut être possible qu’après les événements du mois dernier certaines pistes d’investigations aient lancé les éléments de la police de recherches vers des dirigeants du parti de Jean-Pierre Bemba. Mais ce n’est là pas une raison de généraliser des cas isolés, et présenter dramatiquement une situation qui se ramène à quelques individus ciblés pourt les besoins de la cause. Nous disons bien : il est peut être possible que les choses se soient passées de cette façon. Et si tel a été le cas, dans quel Etat de droit a-t-on le droit de se plaindre de ce l’on aille à la recherche des indices de culpabilité pour mettre fin à l’impunité ? N’est-ce pas cette anti-valeur qui réduit tout Etat qui se respecte à n’être qu’un tigre en carton pour les gens habitués tout au long de leur existence à se mettre au-dessus des lois de la République ? De ceci, Ghislaine Dupond n’a manifestement cure.

Il est inexact d’affirmer que les militants du MLC passent actuellement un quart d’heure de Rabelais épouvantable à cause de ce qui s’est passé les 22 et 23 mars 2007.

Parler de perquisition dans le chef des cadres du parti de Jean-Pierre Bemba est tout aussi excessif qu’évasif, à moins que l’on fasse allusion au cas individuel du nouveau gouverneur de l’Equateur, le MLC José Makila. Il convient de préciser à Ghislaine Dupond que l’intéressé a été précédemment ministre des Travaux publics et Infrastructures, et qu’à ce titre il avait la gestion du parc automobile de l’Etat. C’est à bon escient que son successeur a cru de son droit, à sa prise de fonction, d’inventorier le patrimoine automobile de l’Etat dont une grande partie a été spoliée avant son entrée en fonction, notamment avec la bénédiction tacite de son prédécesseur.

La descente effectuée par les services déployés sur terrain à la recherche des véhicules soustraits au patrimoine immobilier de l’Etat a donné ses fruits à la résidence de M. Makila. Que les policiers chargés de mener se soient permis d’outrepasser l’objet de la mission dont ils ont été chargés, cela ne peut relever que de la bavure. Ramener cette opération, qui n’a été entamée qu’après le délai imparti aux récalcitrants par le ministre d’Etat Pierre Lumbi en charge des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction à une opération de musellement de l’Opposition équivaut à faire de l’amalgame. Est-ce dans le dessein de nuire à la notoriété du nouveau pouvoir en place que Ghislaine Dupond s’est laissée aller à ce matraquage dont elle est continuellement l’objet, en se privant du droit d’exercer son droit de discernement a priori ?

Non. Il est temps que notre consoeur Dupond sache que toutes les batteries sont mises en action pour que meure la République du mensonge et de l’arnaque. Qu’elle sache également qu’en République démocratique du Congo comme en France, les immunités accordées à certains responsables politiques  ne le sont pas pour couvrir leurs forfaitures.

Des véhicules de l’Etat ont été trouvés dans la résidence de l’ancien ministre des Tp, ils ont été restitués à son propriétaire, qui est l’Etat. On peut regretter la manière, mais non maquiller l’opération en une violation des droits de l’Opposition.

Victime de l’intoxication dont elle a été de la part des manipulateurs du MLC, Ghislaine Dupond en est venu à prétendre sur les antennes de RGI que la démarche du PGR suscite bien des interrogations dans sa tête.

La première lui fait penser que cette démarche du plus haut magistrat de la République est précipitée et inappropriée, parce que, argue-t-elle, elle a été faite entreprise la veille du départ au Portugal de Jean-Pierre Bemba pour soins médicaux, et qu’elle a été adressée au bureau provisoire du Sénat. « Ce bureau n’a pas qualité d’être saisi par une telle requête », selon Ghislaine Dupond. Et pourtant, c’est ce même bureau « provisoire » qui a autorisé le départ du « chairman ».  On est fondé à penser que notre consoeur serait entrain de chercher à conseiller Jean-Pierre Bemba de rentrer au pays pour attendre que soit élu le bureau définitif du Sénat, avant de repartir pour les soins. Donc, s’il ne tenait qu’à elle Ghislaine Dupond : tant pis pour le chef du MLC, il n’a qu’à prendre son mal en patience !

Seconde préoccupation de Ghislaine Dupond : il est probable que cette affaire est « une manœuvre des faucons du camp présidentiel, qui veulent coûte que coûte anéantir Jean-Pierre Bemba de l’espace politique congolais ».

Et enfin dernière interrogation de la pasionaria française : « Est ce que cette affaire n’est pas destinée à faire comprendre à Jean-Pierre Bemba qu’il est sous le coup d’un mandat d’arrêt et qu’il doive s’attendre à être appréhendé au terme de son séjour médical » ?

Elucubrations suscitées par des peurs injustifiées suite à des bavures policières passagères et regrettables ? Ou encore stratégie d’estocade contre le pouvoir pour lui forcer la main en vue d’obtenir l’adoption au plus vite du statut légal de l’Opposition ? Nul ne le sait que l’Opposition républicaine elle-même !

Nous voulons simplement croire que cette opération n’est pas menée sournoisement pour tonifier la crise congolaise. L’opinion sait qu’actuellement, la majorité et l’Opposition déploient des efforts louables pour décrisper le climat politique, et que personne n’a intérêt à instrumentaliser la sortie de Jean-Pierre Bemba. Les dirigeants du MLC devraient éviter  de gaver Ghislaine Dupond par des informations hallucinantes de persécutions dont ils seraient l’objet, eux et leurs membres. Ce n’est de cette façon qu’ils pourraient servir la cause de l’harmonie et de la cohabitation pacifique entre les deux pôles qui constituent l’Assemblée nationale.

Nous sommes de ceux qui pensent que l’Opposition républicaine doit avoir une de choix dans notre pays, principe de l’alternative oblige. De ceux qui pensent aussi que l’Opposition, qu’elle le veuille ou non est partie prenante des bénéfices qu’engendreront la réalisations des 5 chantiers du Président Joseph Kabila. Et qu’à ce titre personne n’a le droit de la laisser au bord de la route, en le privant des droits qui sont les siens afin d’assumer avec responsabilité son rôle de contrepoids du pouvoir. Ils doivent consolider les acquits, quoique minimes obtenus à l’Assemblée nationale : ce sont les petits pas qui font des grands trajets.

Cl.Vidibio/MMC

Last edited: 14/04/2007 10:36:45

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