Jean-Pierre Bemba est en route pour le Portugal, alors que ses hommes et leurs familles sont toujours réfugiés au Quartier Général de la Monuc sur l’avenue des Aviateurs à Kinshasa.

Le nombre des soldats de la garde rapprochée de J.-P. Bemba réfugiés à la Monuc/Kinshasa s’accroît au jour le jour, depuis la fin des affrontements des 22 et 23 mars. A Ce jour, le quartier général de la Mission onusienne sur l’avenue des Aviateurs à la Gombe, a enregistré et héberge 165 militaires et 300 membres de leurs familles.
Au cours de son point de presse hebdomadaire, le porte-parole de la Monuc a laissé entendre que les négociations sont en cours, en vue de remettre ces éléments à l’état -major de l’armée congolaise. Bien que les termes de référence de ces pourparlers ne soient pas révélés à la presse, certaines sources renseignent qu’il s’agit de la réintégration des éléments dans l’armée nationale congolaise.
Plusieurs d’entre eux, avaient, au-delà du 23 mars, émis le voeu de regagner les rangs des Forces armées congolaises. L’état-major était, pour sa part, prêt à les accueillir, mais à condition qu’ils passent d’abord par un centre de brassage. Selon le MLC, le processus était déjà en cours, quand ces événements malheureux sont survenus. Trois semaines après ces accrochages, le sort des miliciens de J.P. Bemba, qui se sont rendus à la mission onusienne et ceux qui ont été arrêtés par l’armée régulière n’est pas encore connu du grand public, secret militaire oblige, peut- être.
On se rappellera les aveux d’un de ces éléments devant l’inspection de la police en ces termes: « Nous avons sacrifié notre vie pour vous, J.P.Bemba, aujourd’hui nos épouses, nos enfants, nos familles et nous mêmes, ne savons pas où aller vous nous avez abandonnés, sachez tout simplement que notre sang et celui de toutes les victimes criera vengeance ». A en croire ce soldat, pendant quatre ans, ils ne recevaient que la prime de l’Etat major, alors que le président du MLC et vice-président avait promis des primes spéciales à toute sa garde, une fois arrivée à Kinshasa et surtout une fois le pouvoir conquis. Pour l’Etat -major, une partie de ses militaires a été enregistrée mais c’est le surplus constaté dans ses effectifs qui pose problème.
Quant aux épouses et enfants des militaires, qui ne doivent ni être brassés ni êtres réinsérés, leur question est loin d’être régie. Et pourtant, ces ( 300) trois cents innocents ont tout de même droit à la vie. Malheureusement, ils risquent de payer le pot cassé. La plupart d’entre ces familles sont venues de la province de l’Equateur sur ordre de leurs conjoints ; elles n’ont pas de familles d’accueil à Kinshasa et l’Equation risque de se corser d’avantage pour elles, pendant la transition qui va mener à la régularisation de la situation de leurs maris.
La Mission onusienne refuse : de faire trop de commentaires là dessus. Mais une chose est certaine, les familles des militaires de J.-P. Bemba ne seront pas hébergées éternellement par la Monuc. Elles seront bien obligées de quitter ce refuge un jour, mais pour quelle destination ? C’est la grande question que les concernées se posent chaque jour, imagine-t-on.
Outre les hommes, les troupes loyalistes avaient récupéré aussi des armes et munitions auprès de cette milice, successivement à Gbadolite et à Gemena, a-t-on appris.
L’insécurité grandissante inquiète
Par ailleurs, la Mission onusienne est très préoccupée par les violations des droits de l’Homme sur toute l’étendue de la RDC et espère que cela ne pourra pas entamer le processus de reconstruction qui pose déjà ses premiers jalons, à travers les différentes inspections qu’effectuent les viols, les tueries refont surface dans presque tous les grands centres urbains. Il ne se passe pas une nuit sans qu’on enregistre un assassinat par ici, un viol par là. Il faut ajouter à cela des pillages et des vols, des incendies des villages, etc.
Les députes de la Province Orientale ont dénombré, par exemple, 79 cas d’enlèvements dans le territoire de Walungu, au cours du mois de mars.
A Kinshasa, les habitants des communes du district de Lukunga sont exposés à plusieurs exactions commises par des hommes en uniforme. Divers appareils, bijoux, argent, pagnes, sont arrachés à tout moment, sous l’oeil impuissant des différents commissariats -containers de la police. Dans la nuit du mardi à mercredi 11 avril, un homme a été abattu à bout portant, au quartier Delvaux dans la commune de Ngaliema, alors qu’il revenait de son service. Un corps inerte a été retrouvé près du cimetière de Kintambo. Des cas de tueries, des vols, d’enlèvements sont légions, et le gouvernement est appelé à s’investir pour y mettre fin en vue de sécuriser la population.
Claudine Mbombo/ L’Observateur
Last edited: 12/04/2007 18:16:47