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En se référant à la Constitution, le schéma 1+4 est sensé avoir pris fin le 6 décembre 2006 à l’investiture de Joseph Kabila en qualité de Président de la République. A cette date, toutes les institutions de la Transition ont cessé d’exister, et le nouvel ordre républicain mis sur les rails. Mais que sont devenus les éléments de la garde de Ruberwa ? La fin de la Transition ne semble pas être du goût de tout le monde : cette réalité paraît dure à passer dans la tête de certains, qui manifestent des réticences. C’est le cas, entre autres, des anciens chefs de guerre, qui regimbent. Notamment, ils rechignent à verser leurs anciens soldats au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Les affrontements militaires qui se sont déroulés dans la capitale au mois de mars dernier entre les soldats loyalistes et la garde commise à la protection de l’ex vice-Président Jean-Pierre Bemba donnent la mesure des intentions cachées qu’ils ont emmenées avec eux en venant s’installer à Kinshasa après Sun City au terme de l’Accord global et inclusif.

On peut ainsi dire sans peur d’être contredit que les événements sanglants du mois de mars constituent ni plus ni moins que le reflet des fameux agendas cachés du MLC et du RCD que nous n’avons jamais eu de cesse  dénoncer tout au long de la Transition. Nos appréhensions étaient certes tempérées par la fausse certitude que nous donnaient les textes juridiques qui prévoient l’absorption des anciennes armées belligérantes des deux mouvements rebelles dans l’armée régulière : en faisant foi à cela, nous étions en fait entrain de nous mettre le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate, ignorant superbement qu’au bout du compte, les deux belligérants voulaient ostentatoirement garder les forces militaires intactes à leur service, et le prétexte de leur propre sécurité serait un argument suffisant qui justifiera cette volonté de ne pas se séparer de leurs hommes de troupe.

En refusant d’obtempérer à l’ultimatum lancé par le chef d’Etat-major général des FARDC aux soldats du MLC de rentrer dans les rangs, ces gens ont contraint l’Etat issu du nouvel ordre politique de mobiliser ses forces armées pour les écraser. Parce que si nous nous plaçons dans le contexte de ce nouvel ordre politique, en cet acte s’appelle rébellion.

Et comme tout acte de rébellion ne s’embarrasse d’aucune considération autre que celle mettant en relief l’intérêt supérieur de la nation, l’Etat-major général des FARDC a eu raison de l’entêtement de Jean-Pierre Bemba, et ses éléments armés sont rentrés dans les rangs, au prix des centaines de morts, sacrifiés sur l’autel des ambitions démesurées du maître du MLC.

La rébellion a été circonscrite d’un côté ; elle subsiste encore du côté du RCD, qui doit dire ce qu’il attend pour donner suite à l’ultimatum du chef d’Etat-major général des FARDC.

Car il est connu de tous que le 22 mars, lorsque le premier coup de feu a été tiré, les soldats de faction à la résidence de Ruberwa étaient eux aussi sur le sentier de guerre, prêts à se rallier aux hommes de Jean-Pierre Bemba. Si la jonction n’a pu être opérée entre les deux ex factions rebelles, on le doit assurément à l’impressionnante puissance de feu qui a abasourdi l’air au cours de cette journée et celle qui a suivi. Si bien que les soldats de l’ex FAC ont vite compris qu’ils avaient intérêt à ne pas prêter mains fortes aux hommes de l’ancien vice-Président JP. Bemba mis en déroute vingt-quatre heures après le déclenchement des hostilités, du moins s’ils tenaient à survivre.

Mais une question se pose : pourquoi, trois semaines après ce klach retentissant Ruberwa tarde encore à exécuter les injonctions de l’Etat-major général de l’armée s’agissant de la réintégration de ses hommes au sein de l’armée ? Pourquoi cherche-t-il à ce qu’on en arrive à la même situation que celle qui a provoqué les événements des 22 et 23 mars derniers dans la capitale ?

Quand le patron du RCD s’est adressé à l’atelier organisé la semaine dernière par l’Observatoire des médias congolais (OMEC) s’est-il ingénié, comme à ses habitudes, à se faire donneur de leçons aux professionnels des médias, plutôt qu’à battre sa coulpe et reconnaître que son mandat à la tête de la vice-Présidence en charge de la Politique, défense et sécurité n’a pas été de nature à amener l’armée à réaliser l’intégrité de toutes les forces belligérantes, loin s’en faut. Ni encore de garantir la sécurité des personnes et de leurs biens ! Et cette situation persiste jusqu’à ce jour, trois mois après qu’il a quitté les affaires. Quelles que soient les raisons qu’il peut avancer pour dégager ses responsabilités et clamer son innocence dans la gestion de la problématique sécuritaire en RD Congo, il reste que c’est bien à lui Azarias Ruberwa que la Constitution de la Transition a élevé à cette charge. S’il n’y est pas parvenu, le seul constat que l’on peut faire est qu’il a failli à ses responsabilités !

Nous avons été très attentionné par le début de son propos à la tribune de l’OMEC lorsque, d’entrée de jeu il a ouvert son exposé en annonçant qu’ « il est nécessaire voire crucial d’avoir la vision dans tous les secteurs de la vie, car faute d’elle, l’on conduit le peuple ou le groupe vers la dérive ».

Nous faisons à nos lecteurs l’économie de la suite du discours de l’intervenant Ruberwa devant les journalistes : elles ont toutes trait à la « vision et aux visionnaires dans tous les domaines et dans toutes les institutions ». Le développement de sa thèse l’a conduit à déduire que l’absence de vision et de visionnaires, ou leur absence permettent de cheminer son raisonnement vers  ce qu’il pense exactement des institutions issues des urnes et des hommes qui les dirigent : il n’y en a pas ! C’est son constat. Cinglant !

Conclusion : pour lui, tout le monde manque de vision dans la conduite des affaires de l’Etat. Dans cette conjecture, permettons-nous de lui demander s’il se serait permis de l’avouer au cas où les urnes lui auraient été favorables, lui qui fait de fréquents recours aux versets bibliques qui n’ont pour objectif que de colorer ses discours faire mieux faire avaler ses amertumes et son mépris des convenances collectives quand celles-ci ne rencontrent pas son assentiment !

Nous aurions voulu trouver dans son exposé des signaux forts qui nous auraient indiqué sans ambages que le chef du RCD ne pose aucun préalable pour la réintégration de ses soldats dans la nouvelle armée congolaise réunifiée en création : nous n’en avons trouvé aucun qui soit susceptible d’épargner au peuple congolais de nouveaux drames militaires. C’est regrettable ! Et pourtant, cette tribune aurait été pour lui l’occasion toute indiquée de donner la preuve de ce qu’il a pour de bon revêtu le costume de démocrate qu’il prétend être. Mais hélas ! comment peut-il l’être si ses discours et ses dithyrambes ne rassurent pas et trahissent plutôt des dispositions intérieures profondes tournées vers autre chose que la paix ?

Khal/MMC

Last edited: 10/04/2007 18:33:06

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