Ce « marché » détermine quelquefois la réussite de quiconque se démène pour s’acheter son syllabus. Et là où le bas blesse, c’est que le contexte kinois fait que maints étudiants qui doivent remuer autant de fois pour réunir 10 dollars américains afin d’accéder à un syllabus.

Les difficultés des étudiants, dans les établissements d’enseignements supérieur et universitaire (Esu) incluent l’achat des syllabus. Il ressort des témoignages que certains professeurs mettent en vente des syllabus dont l’achat conditionne, du fait même, la participation de l’étudiant aux Travaux pratiques (Tp). De telle sorte que les acheteurs sont identifiés et bénéficient d’un égard particulier.
Les classes montantes, où les effectifs généralement débordent, sont familières à cette pratique. Ce “marché“ détermine quelquefois la réussite de quiconque se démène pour s’acheter son syllabus. Et là où le bât blesse, c’est que le contexte kinois est fait de maints étudiants qui doivent remuer autant de fois ciel et terre pour, réunir dix dollars américains voire plus que cela, afin d’accéder à un syllabus. “ C’est en étant conscients de cette dure réalité que certains professeurs aiment à faire la différence.
Ils s’interdisent d’ainsi conditionner leurs étudiants. En agissant de la sorte, ils se font violence et admettent que les nécessiteux recourent au service des possédants, pour tirer des photocopies. Les professeurs qui accordent cette faveur à la majorité impécunieuse, récoltent naturellement des applaudissements d’une fraction de l’auditoire. Cela démontre qu’un geste paternel ou fraternel ne laisse guère totalement indifférents les bénéficiaires “a témoigné une étudiante.
Le président de l’Association des professeurs de l’université de Kinshasa, le professeur Kabamba Mueu Sefu a fustigé cette pratique, et promis des changements en perspective. “ (...) A notre niveau, l’on doit aussi changer la manière de vivre. Nous voulons appliquer, au niveau de notre université, l’éthique et la déontologie de la profession du professeur.
Il faut mettre un terme à des pratiques telles-que: les professeurs qui vendent ceci ou cela... Nous aurons un séminaire spécialement sur ça. Et nous allons imposer les résolutions qui vont sortir de ces assises. C’est-à-dire que le professeur à aussi des obligations et des devoirs. En dehors de cela, il ne peut avoir de libertinage.
Il y a les libertés académiques accordées, dans les limites. L’éthique laisse entendre la manière de vivre et d’être, qui marque vraiment la société. Et nous devons appliquer cela à notre université “, a-t-il expliqué.
Payne/L’Avenir
Last edited: 10/04/2007 17:31:29