Pour monter un bon spectacle de théâtre, une ex­position ou donner un con­cert de musique, il faut at­tendre un financement d’une institution ou d’un organisme étrangers. Le constat a été fait par le directeur artistique de la Compagnie Théâtre des Intrigants. Edgar Kulumbi Nsin, au cours d’une Interview qu’il nous a accordée, le mercredi 4 avril der­nier au Ciaj.

Homme de théâtre et gestionnaire d’une institution culturelle, il a fondé son ana­lyse sur l’expérience du mi­nistère de la Culture et des arts. Les ministres se succè­dent à la « Maison jaune » du boulevard du 30 Juin et les artistes ne retiennent que leurs beaux discours. « Je suis déçu de voir que les ministres font des discours, mais ne réalisent rien. Il ne s’agit pas d’avoir beaucoup d’argent.

Il suffit que le ministre donne, par exemple, 1000$ à une troupe qui monte un spectacle, 10.000$ à l’insti­tut national des arts ( Ina), pour la formation des techni­ciens de musique et d’art dra­matique, pour prouver qu’il a la volonté de promouvoir la culture, a noté l’artiste co­médien et metteur en scène Edgac Kulumbi.

Les artistes attendent toujours un financement qui viendrait d’ailleurs pour créer. « C’est grâce à Yambi 2007, a-t-il souligné, que certaines salles de théâtre en province ont été, soit équipées soit réhabilitée. Depuis le début de la transi­tion, aucune salle n’a été construite à Kinshasa et ailleurs.

Quand les artistes doi­vent créer avec les finance­ments venant d’ailleurs, il y a toujours risque de travailler pour faire plaisir aux bailleurs des fonds. Notre culture n’est pas consommée par nous­-mêmes, nous produisons pour les autres, nous créons ce qui leur plait ». Le direc­teur artistique de la Compa­gnie Théâtre des Intrigants ne perd pas espoir. Il reste encore optimiste.

Reprenant Norbert Mikanza Mobyem, « La tran­sition nous a valu des minis­tres de la Culture piètres. Es­pérons que les choses vont changer cette fois-ci », a-t-il noté. Le ministre de la Cul­ture et des arts, de la troi­sième république a du pain sur la planche. Il fait face aux attentes des artistes et des opérateurs culturels.

Ferdinand Kato/L’Avenir