L’ambassadeur de la Rdc au Congo-Brazzaville, a invité les femmes à se prendre en charge, car on est mieux servi que par soi-même. Elles doivent mener un combat de tous les jours et non attendre le mois de mars pour faire entendre leur voix.
C’est le vendredi 30 mars dernier que s’est clôturé le mois consacré à la femme. A Brazzaville la manifestation organisée par l’ambassade de la RDC a connu la participation des femmes de la communauté congolaise de Brazzaville, les épouses des diplomates, le personnel féminin de l’ambassade ainsi que de nombreux invités.
Deux points figuraient à l’ordre du jour de la manifestation, à savoir, une représentation théâtrale et le mot de circonstance de Mme l’ambassadeur. Dans la mise en scène de Mme Micheline Muleba, agent à l’ambassade, l’assistance a suivi avec émotion les maux dont sont victimes les femmes dans les milieux professionnels et estudiantins où l’engagement, la promotion ou l’obtention de meilleurs cotes sont subordonnés au commerce de leur chair et leur dignité.
Dans le même registre, le drame a mis en relief l’injustice dont les filles sont victimes en matière d’instruction. En effet, dans plusieurs familles, très souvent, l’instruction des enfants de sexe féminin est sacrifiée au profit de celle des garçons.
Pour sa part, Mrne Esther Kirongozi, ambassadeur de la RDC au Congo-Brazzaville, a invité l’assistance à observer une minute de silence en mémoire de victimes des événements sanglants qui ont endeuillé le pays les 22 et 23 mars derniers.
Mme l’ambassadeur a ensuite fixé les invités sur le sens de la cérémonie qui avait pour but, a-t-elle dit, de faire un bilan de la situation de la femme à travers le monde et en RDC en particulier afin de dégager des solutions.
Parlant de la femme dans le monde, Esther Kirongozi a reconnu qu’en dépit des progrès qui sont observés ça et là avec l”arrivée des femmes à des fonctions suprêmes comme au Chili avec Mme Bachelet, en Allemagne avec Mme Merkel et au Liberia avec Mme Johnson, beaucoup reste à faire pour que les femmes puissent jouir des mêmes privilèges que l’homme dans la société. Cela est dû, au Congo, au peu d’engagement des femmes dans le combat politique.
Elle a invité les femmes à se prendre en charge, car on est mieux servi que par soi-même. Pour cela, elles doivent mener un combat de tous les jours et non attendre le mois de mars pour faire entendre leur voix. A titre d’exemple, Mme Kirongozi a stigmatisé le fait qu’en dépit de la parité homme-femme consacrée par la Constitution de la 3ème République, le premier gouvernement actuellement en fonction à Kinshasa ne compte même pas 50 % des femmes.
Elle a cité l’exemple du Parlement rwandais dont 48% des députés sont des femmes. C’est donc en étant à l’intérieur des institutions républicaines que les femmes peuvent faire évoluer les choses en leur faveur et Obtenir le vote des lois coercitives contre toute forme de violences faites à la femme.
Mme Kirongozi a relevé deux causes essentielles à leur progression, à savoir le silence et l’impunité qui les entourent. En effet, les chiffrent indiquent près de 6 femmes battues au foyer, mais très peu arrivent à dénoncer pour protéger leur ménage.
D’autre part, les femmes qui ont été victimes de viol sur certains fronts de la guerre en RDC croisent toujours leurs bourreaux sans que ceux-ci soient inquiétés. Elle invite donc les autorités politiques à édicter un train de mesures qui prend en compte la situation particulière de la femme, surtout en temps de guerre pour que toute personne coupable de violence sur la personne d’une femme soit châtiée.
VICTOR KALENGA NSANA/Le Potentiel
Last edited: 09/04/2007 17:56:56