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Les séances plénières prévues cette semaine à l’Assemblée nationale seront consacrées à des débats qui s’annoncent houleux sur les dossiers sensibles du Bas-Congo, Kahemba et Kinshasa pour lesquels un haut sens de responsabilité est requis des députés. Deux équipes de parlementaires ont terminé leur mission d’enquête à l’intérieur du pays; elles auront à déposer officiellement leurs conclusions devant le Bureau de l’Assemblée nationale au courant de cette semaine. *Au regard de l’urgence et de l’importance des dossiers à traiter, la plénière de cette semaine sera chaude et animée, car les Honorables députés sont déterminés à jouer à fond le rôle de chiens de garde de la démocratie congo­laise.

Ce bouillonnement de la vie parlementaire est perçu par les observateurs, comme le reflet de la vitalité démocratique, ce dont le pays a besoin. *Les députés sont dans leur droit de dénoncer les menaces qui pèsent sur la démocratie comme autant de fac­teurs déstabilisants; mais il leur faut combiner le patriotisme au savoir-faire pour faire entendre plus la voix de la raison que celle du coeur. *Dans la foulée, des  nombreuses motions incidentielles vont s’inviter sur la table des débats notamment sur la situation à la Miba et le désarmement du chef de la milice du Front des Natio­nalistes Intégrationnistes en Ituri, Peter Karim, qui est dorénavant Colonel plein des Fardc.

La semaine qui commence aujourd’hui sera une semaine parlemen­taire. Si du côté du gouver­nement la priorité est à l’éta­blissement des budgets au sein de chaque département, le parlement est quant à lui, préoccupé par la résolution des questions d’une autre ur­gence.

Il y a quelques jours les Commissions d’en­quête envoyées respec­tivement au Bandundu et au Bas-Congo sont ren­trées à Kinshasa avec dans leurs valises, les conclusions de leurs ob­servations sur place. Etant donné les passions qui déchirent les uns et les autres autour de ces affaires, on est assuré d’avoir des débats ani­més dans l’hémicycle du Palais du peuple.

En ce qui concerne la question de la présu­mée occupation de Kahemba dans le Bandundu, par l’armée angolaise beaucoup de charrues ont été déjà mis devant le boeuf. Avant même d’intervenir devant les collègues députés, beaucoup de parlemen­taires ont laissé se ré­pandre des propos ten­dant à faire accréditer la thèse imprudente de l’oc­cupation, ce qui n’est pas pour favoriser l’installa­tion d’un climat de séré­nité, afin de chercher la solution la plus appro­priée à cette délicate af­faire.

Les députés confron­tés au défi de leur mandat

La République Dé­mocratique du Congo est confrontée à plusieurs enjeux dont les plus diffi­ciles à négocier sont ceux de la restauration de la souveraineté de l’Etat et des difficultés écono­miques. Dans cette pa­lette de problèmes, le gouvernement s’est engagé à traiter les uns et les autres, au cas par cas. L’affaire Kahemba, les émeutes du Bas-Congo à la fin du mois de janvier et la présence des éléments armés autres que ceux du gouvernement chez l’ancien Vice- président Jean Pierre Bemba, ont donné du fil à retordre au gouverne­ment de la troisième ré­publique et ont failli le faire vaciller.

Ce qui a suivi n’était pas du tout le comportement d’un Exécutif affolé au contraire. Car il semble qu’il y a eu similitude de point de vue dans l’affaire de la pro­vince du Bas-Congo et dans celle des affronte­ments du 22 et 23 mars à Kinshasa.

Des informations ont fait état de l’implication du Mlc dans les évènements du Bas-Congo; on disait toute fois sans le prouver, que la haute hiérarchie du parti de JP Bemba avait manipulé les militants du Bundu dia kongo, au point de les rendre violents et in­contrôlables.

Ce jugement qui s’apparente à un procès d’intention à cause de la convergence des points de vue et de l’apparte­nance à une même famille politique entre le Bdk et le Mlc, risque cependant d’être confirmé par les en­quêtes des parlementaires qui se sont rendus au Bas-Congo. Si la connivence se confirme, la justice aura alors les coudées plus franches pour sanctionner les coupables d’attentat à la sécurité intérieure de l’Etat congolais.

En outre comme l’avait annoncé le Prési­dent de la République, le caractère ambivalent du mouvement politico reli­gieux Bundu dia kongo ris­que de souffrir de la situa­tion. Si la collusion entre les deux alliés au sein de l’Un, est définitivement mise à nu par une enquête impartiale du parlement, ce serait un argument qui donnerait raison de ma­nière rétroactive au gou­vernement.

Pendant plusieurs jours, les députés ont tra­vaillé d’arrache-pied pour extraire la vérité de son contexte étroit d’un soulèvement légitime d’une grande partie de la population qui s’est estimée flouée par des élections truqués, doublée d’une bavure policière atroce. Leurs conclusions seront donc examinées à la loupe. Il en va de même de celles de leurs collègues qui sont allés à Kahemba pour tirer au clair une si­tuation beaucoup plus complexe.

Ici plus qu’ailleurs, les élu du peuple congolais doivent nous gratifier d’un savoir-faire exem­plaire. En effet de leurs conclusions dépendra l’avenir des relations entre la République Démocrati­que du Congo et l’Angola. Loin de se cantonner dans un périmètre étroit des re­lations de ces deux pays, l’affaire de Kahemba inter­pelle déjà les gouverne­ments belge et portugais, dont les pays ont colonisé la RDC et l’Angola.

Si ces deux-là ne réussissent pas à faire ac­cepter une solution à l’amiable aux deux Etats précités, il va de soi que l’affaire va cheminer par l’Union africaine, terminer sous les fourches caudines des Nations Unies, en passant par la Cour pénale internationale. Entre temps, les relations se seront détériorées gran­dement, et si les dirigeants n’ont pas les nerfs solides, on  risquerait de plonger à nouveau dans la guerre ouverte, ce qui sonnerait définitivement le glas du développement économi­que et de l’Angola et de la RD Congo.

Voilà pourquoi il est d’ores et déjà capital de la part des députés, de ne pas envenimer la situation par des discours véhéments. Loin de nous l’idée de cher­cher à inciter les Honora­bles députés à se parjurer. Simplement, dans ce genre de situation il faudrait parler avec son coeur, beaucoup moins qu’avec sa raison.

(Th)


L’Avenir


Last edited: 09/04/2007 16:46:58

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