Le Franc congolais s’étant fait rare sur le marché en République démocratique du Congo, le taux de change se stabilise autour de 550 Fc pour un dollar américain.

La République démocratique du Congo traverse une situation des changes caractérisée par une relative accalmie, le taux de change s’étant stabilisé, du moins pour l’instant autour de 550 FC/le dollar Us. Les événements de 22 et 23 mars derniers n’ont pas perturbé pour autant 18 situation économique, même si certains investisseurs réfléchissent encore si ils doivent revenir investir au Congo après les cènes des pillages qui ont touché l’outil de production de beaucoup d’entreprises privées.
Deux principaux facteurs peuvent expliquer cette situation. Il s’agit premièrement des effets résultants des mesures monétaires prises par la Banque centrale du Congo au début du mois de février, lesquelles mesures relevaient le taux directeur dans le but de réduire la propension à la demande du franc congolais et ainsi créer une relative rareté de la devise nationale. Ce qui devait améliorer sa cote par rapport aux devises étrangères sur le marché des changes.
Deuxièmement, il faut noter que la Rdc est en période fiscale, précisément à l’échéance accordée aux opérateurs économiques et à tous les assujettis pour s’acquitter de leur devoir fiscal. Etant donné que le paiement de ces droits de l’Etat se fait en monnaie nationale, il y a eu augmentation de la demande du franc congolais alors que l’offre est restée inélastique. Ce qui a accentué la rareté de la devise nationale et ainsi provoqué une relative appréciation de celle-ci dont le taux de change est passé de 560 pour se stabiliser autour de 540 et 550 FC/le dollar Us ces derniers jours.
Actuellement, constate-t-on, les banques commerciales sont offreuses des devises étrangères et sollicitent de la Banque centrale la mise à leur disposition de la monnaie nationale. Ce que l’institution d’émission ne sait pas faire, craignant de restaurer la surliquidité qu’elle a combattue par le biais des mesures monétaires ci-dessus évoquées.
La situation actuelle est considérée par pas mal d’observateurs de la situation économique congolaise comme étant passagère dans la mesure où l’échéance accordée aux opérateurs économiques et autres assujettis à la fiscalité vient d’être dépassée depuis le 2 avril dernier.
Il est fort possible que nous assistions à un mouvement inverse, c’est-à-dire que la demande du franc congolais s’estompe au profit de celle de la devise étrangère. Le risque de la reprise de l’inflation est donc réel. Il faudrait que les autorités compétentes prennent des dispositions pour maintenir le cap actuel.
Pour ce faire, il faudrait qu’au terme de chaque mois des excédents budgétaires soient obtenus pour résorber les lourds déficits cumulés en 2006 et du mois de janvier dernier d’environ 50 milliards de franc congolais. La Banque centrale est ainsi appelée à rester ferme par rapport aux mesures de février dernier et le gouvernement à décréter l’austérité budgétaire par le respect de la chaîne de la dépense.
Car il faudrait que l’on rejoigne finalement le taux budgétaire de 519 FC/le dollar Us et ainsi pouvoir espérer obtenir un cadre macroéconomique stable.
En plus, il faut éviter la surliquidité car elle est porteuse de déséquilibre macroéconomique, la carence des liquidités est dangereuse pour le fonctionnement de l’économie dans la mesure où elle freine la relance des activités économiques. Il se pourrait qu’en envisageant d’obtenir à tout prix la stabilité monétaire, le gouvernant arrive à estomper les effets pervers, c’est-à-dire, contraires aux attentes. En d’autres termes, arriver à une situation de pénurie des signes monétaires qui peut provoquer aussi bien la crise de consommation au niveau des ménages que la crise de production au niveau des producteurs, situation assimilable à la récession économique.
Pour ce faire, le Gouvernement Gizenga doit être tout simplement prudent en mettant à la disposition de l’économie une quantité monétaire adéquate, c’est-à-dire correspondante à ses besoins. Il doit au même moment veiller à ce qu’il n’y ait pas surliquidité fiduciaire, source des dérapages mainte fois constatés.
Jean-Marie Nkambua/L’Avenir
Last edited: 09/04/2007 18:40:54