La matière sur laquelle les députés s’apprêtent à débattre comporte des pièges qui peuvent servir de prétexte à une menaçante fronde qu’il serait dangereux de confondue avec l’exercice de libre expression démocratique.

Une actualité peut en chasser une autre. Malgré le caractère important des événements qui ont motivé l’envoi des deux commissions d’enquête dans les deux provinces de Badundu et du Bas-congo, d’autres question d’actualité brûlante vont aussi s’inviter sur la table des discussions. Il y aura des interventions relatives à la situation sécuritaire qui prévaut au sein de la Minière des Bakwanga, où plusieurs gardes du Polygone de cette Société d’extraction de diamant ont été tués par des inconnus.
Ces derniers ont emporté plusieurs pièces précieuses dans leur fuite. On se demande s’il y aura également envoi de mission parlementaire. . . A la suite de celle dépêchée par le gouvernement et conduite par le ministre de l’Intérieur, Denis Kalume. En tous les cas, les députés de l’opposition seront une fois de plus à l’aise dans le rôle du procureur, et pas seulement eux.
Le climat est pour le moins tendu dans cette entreprise, et ce n’est pas fait pour arranger les affaires du gouvernement en cette période où il a besoin de toutes les ressources du pays pour mettre en route les cinq chantiers du Président de la République.
Décidés à jouer à fond leur rôle de chiens de garde de la toute nouvelle démocratie congolaise, les députés vont certainement exhumer le dossier de la gestion des rebellions à l’est du pays. Pas plus tard qu’hier, les forces armées de la République Démocratique du Congo ont un nouvel officier supérieur, un colonel, en la personne de l’ancien chef du Front des nationalistes intégrationnistes en Ituri, Peter Karim.
Cette ascension brutale fera bien sûr, les gorges chaudes de plusieurs députés qui ne manqueront pas de revenir sur la théorie chère au Mlc, de deux poids deux mesures dans la gestion de la chose publique en RDC. Il ne faudrait pas qu’ils oublient qu’en politique, les affaires ne se ressemblent pas toujours.
Mais personne n’est dupe de cette manière d’attaquer le pouvoir en place, comme stratégie de l’opposition parlementaire. C’est de bonne guerre ; par contre la chose à ne pas tolérer reste la subversion et la sédition politiques. Ces débats au parlement sont le reflet de la vie démocratique qui bouillonne dans les institutions de la République, désormais débarrassées de l’hypothèque de Jean Pierre Bemba, l’homme qui voulait vivre en marge de la loi.
(Th)
L’Avenir
Last edited: 09/04/2007 17:21:32