Dans la province Oriental, se trouve la localité de Neisu. Dans ce village, la syphilis a retrait son apparition. Isiro n’a même pas de centre de dépistage volontaire. A Kinshasa, le 9 mars, l’équipe d’experts de la coopération technique belge, CTB, a mis quatre jours pour atteindre Isiro, difficile d’accès.
L’expert du ministère du Plan qui est passé par Kisangani n’a pas pu joindre Isiro. Le trafic aérien qui était resté presque la seule possibilité pour atteindre Isiro a cessé. Les compagnies aériennes ont déserté la ligne, évoquant des raisons politiques, commerciales voire sentimentales. Toujours est-il qu’après les guerres de libération, les pillages, la rébellion au Sud-Soudan, les mines de diamant et d’or ont été abandonnées aux exploitants artisanaux et les communautés démunies aux ONG.
Les localités de Barambo, Gite et Nyakpu comptent parmi les 367 communautés que la Caritas assiste à travers l’Unité de coordination des projets du ministère du Plan. Ces localités bénéficient également de l’appui du Projet d’appui aux communautés de base de la CTB dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Notamment en réhabilitant les centres de santé et les écoles, en dotant les populations du petit outillage agricole et en captant et en aménageant des sources d’eau potable.
L’équipe d’experts de la CTB s’est rendue à Isiro pour intégrer ces trois communautés dans le vaste programme de lutte contre le VIH/sida.
Au cours du diagnostic communautaire en vue de la prévention et la lutte contre le VIH/sida, les populations de Barambo, Gite et Nyakpu ont revendiqué le statut de communauté favorisée. « Puisque nous sommes parmi les populations les plus affectées par les infections sexuellement transmissibles, IST, comme la syphilis, ne devrions-nous pas faire partie des priorités dans les politiques et les interventions en matière de lutte contre le sida ? », ont-ils interrogés les experts de la CTB.
A Barambo, au cours de la visite communautaire, les facilitateurs ont été impressionnés par la participation des femmes aux activités communautaires.
Au cours de la session d’autoévaluation des compétences communautaires en matière de lutte contre le VIH/sida, la tolérance et le respect de l’autre ont caractérisé les interventions. Quand j’ai, appris à la radio que Neisu est le deuxième site le plus affecté par le sida, j’ai immédiatement pensé à Isiro situé à moins de 30 Km. Mais lorsque j’en parle avec les jeunes ou d’autres membres de notre quartier, c’est à peine qu’ils écoutent », a témoigné le président du Comité de pilotage.
Briser les tabous
Ici, les pratiques décriées comme le sororat et le lévirat font partie de la vie quotidienne. Une épouse qui a perdu un membre de sa famille, s’en va faire le deuil chez ses parents. Et pour qu’elle revienne au foyer, son mari doit donner à sa belle-famille dix chèvres.
Sinon, sa femme peut vivre le concubinage en attendant les dix chèvres. Ce genre de pratiques favorise les IST.
Le professeur Lapika Dimomfu de l’Université de Kinshasa avait, en 1997, réalisé une étude ethnoculturelle sur les pratiques qui favorisent la propagation du VIH/sida dans nos communautés. Cette étude avait été commandée par le Programme national de lutte contre le sida et financée par le PNUD et l’OMS.
Il avait formulé des recommandations à l’intention du Programme national de lutte contre le sida. Mais les communautés concernées n’en ont jamais entendu parler. En décembre 2006, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le sida, des services de dépistage au VIH/sida ont été offerts à quelques communautés d’Isiro. Sur les 417 volontaires dépistés, 410 ont pris connaissance de leurs résultats et parmi eux, 30 sont séropositifs. Depuis 2006, la CTB est présente dans les provinces de la R-dCongo par l’entremise soit de ses propres projets, soit des financements à des ONG locales.
Elle a décidé d’intégrer les volets Genre et Lutte contre le VIH/sida dans son programme. A Isiro, la Caritas Développement est animée par une équipe de jeunes qui rêvent d’un avenir radieux pour la ville d’Isiro.
Mais ici la propagation du VIH/sida a pris des proportions inquiétantes. Aux animateurs de la Caritas Développement se sont jointes les associations de lutte contre le VIH/sida. Il y a par exemple Femmes plus, le Centre pour le développement et àa protection de l’enfance. Tous forment une équipe d’accompagnement des communautés dans la marche vers la compétence face au VIH/sida.
Amigos Sakasaka/Le Soft
Last edited: 03/04/2007 17:25:47