Bemba vient d’échapper aux rigueurs de la Justice de la République démocratique du Congo.

Vu l’ampleur des crimes qu’il a commis dans ce pays et dans d’autres, c’est un sentiment de frustration et de colère qui anime l’ensemble du peuple congolais et une grande partie de la classe politique, celle qui est engagée dans la démocratie et la justice.
Qu’à cela ne tienne, la troisième République vient par là de remporter sa première victoire sur le fascisme et la dictature. Où qu’il soit, les regrets accompagneront toujours Jean Pierre, car le pain de l’exil même pris avec du beurre, a toujours un goût amer dans la bouche. Ce départ est un complot contre les lois de la République Démocratique du Congo.
Il s’agit principalement de profiter du retard pris dans la constitution du bureau définitif du Sénat congolais. On sait que ce bureau a adopté hier vendredi son Règlement d’ordre intérieur et que celui-ci sera soumis pour ratification à la Cour suprême de justice. Le mécanisme est d’une efficacité redoutable et aurait broyé toutes les défenses de JP Bemba.
Une fois ratifié, le règlement d’ordre intérieur de la Chambre haute du Parlement devait donner lieu à la levée de l’immunité parlementaire du Sénateur Jean Pierre Bemba. Plus rien n’aurait pu le sauver à ce moment là. Sachant cela, l’Ambassadeur du Portugal aurait manigancé une exfiltration en douceur de l’ancien Vice-président et assassin présumé des milliers de Congolais.
Le Représentant de Lisbonne en RDC vient de prendre les institutions de la République Démocratique du Congo en vitesse, lui qui sait que les dirigeants de ce pays ont juré de mener toutes leurs actions dans le cadre de la légalité constitutionnelle afin de confondre leurs détracteurs qui leur prêtent des intentions dictatoriales. Coup de chapeau pour Son Excellence l’Ambassadeur du Portugal, mais les Congolais se souviendront de son « hold up » diplomatique longtemps après.
Avec le départ de JP Bemba l’opposition congolaise doit se ressaisir
Beaucoup d’observateurs se trompent d’époque lorsqu’ils évoquent l’évolution politique de la RD Congo à l’heure actuelle. C’est juste un jugement dicté par la rancune et la mauvaise humeur que de dire que le pays est en pleine dérive dictatoriale. Aujourd’hui ce sont des institutions élues qui président aux destinées de la nation. Leurs animateurs ont réussi mandat du peuple et ils s’efforceront de rendre compte à ce peuple.

La démocratie est en marche. Cette idée de lier le sort des institutions aux individus est tout aussi surannée. Le MLC est un parti viable qui a un actif électoral de 42%. Son président a payé cher son autoritarisme en termes du nombre de défections en cascade qui l’ont pratiquement démembré pendant la Transition.
Des départs des poids lourds comme Tambwe Muamba, Olivier Kamitatu pour ne citer que ces deux là, qui ont créé une impression du vide autour du « Chairman » et qui justifient la chute aux enfers d’aujourd’hui. Sans doute si ces éminences grises avaient été présentes au sein du MLC, on aurait pu éviter les dégâts actuels.
Par conséquent ceux qui sont restés ont tout intérêt à resserrer les lignes ouvertes par la mégalomanie de JP Bemba, pour jouer pleinement le rôle de l’opposition dans une démocratie pluraliste. Le pays en a besoin pour présenter à la face du monde un visage uni et confondre ses pourfendeurs.
Une opposition républicaine est celle qui assume le rôle de garde fou au gouvernement, mais qui applaudit aussi à ses réussites. Ce n’est pas en proclamant cela et en faisant autre chose que l’opposition – à la manière de JP Bemba – va surmonter ses problèmes et prétendre évincer l’équipe actuelle aux prochaines joutes électorales.
(Yes)L’Avenir
Last edited: 31/03/2007 14:10:36