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Bonjour | 07/10/2008 4:50 | English Make DC Home page | RSS feed

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L’occasion du départ en secteur du navire-balise Lomela a été mise à profit par l’Adg a.i. de la Régie des voies fluviales, pour solliciter publiquement et officiellement de la part du gouvernement son appui aux actions de réhabilitation de cette régie. Il n’est un secret pour personne que la navigation sur le fleuve Congo n’a plus retrouvé son florissant trafic des jours heureux sous la colonisation et des premières décennies de l’indépendance du pays. L’entreprise publique Régie des voies fluviales qui assurait cette navigation par les soins qu’elle prenait à en évacuer les obstacles a vu son matériel de travail pillé et détourné par des usurpateurs des sphères hiérarchiques, au point de faire effleurer la disparition totale de l’entreprise.

Les conséquences de cette situation sont catastrophiques. Pendant les guerres qu’a connues la Rdc, la navigation avait complètement disparu sur le fameux boulevard fluvial naturel dont la Providence a bien doté le Congo. La disparition aussi du trafic dans le bassin du Congo qui en était aussi la conséquence a causé un grand malheur aux populations coupées ainsi de tout lien avec les grands centres urbains et retournées presque à une vie arriérée.

Il a fallu le sursaut de la communauté internationale pour le sauvetage des populations sinistrées suite au désastre de la RVF pour que l’on reparle d’une relance de celle-ci. Le gouvernement de transition a marqué sa volonté de réhabilitation de l’importante entreprise en désignant à sa tête des responsables instigués à la dure et lourde tâche de la relance. Effectivement le Conseil d’administration et le Comité de gestion ont mis la main dans la pâte pour engager les actions timides au départ, certes, mais patiemment poursuivies, pour marquer et imprimer la dynamique de la reprise de la RVF.

Le programme de cette reprise soutenue par des partenaires telle la France et le Programme Alimentaire Mondial ont commencé à porter les fruits avec la remise en état du matériel de travail de la régie. A ce jour, u  premier navire-balise a été restauré pour reprendre notamment le balisage sur les tronçons navigables du bief supérieur du fleuve. L’action réalisée mérite d’être encouragée, et le gouvernement ne s’est pas dérobée à l’appuyer en marquant la présence de ses représentants assumant la tutelle technique de la régie, en l’occurrence les autorités du ministère des Transport et Communication.

La cérémonie de la remise en action du navire-balise Lomela ne s’est pas limitée à la satisfaction. Le numéro 1 de la RVF, ci-devant Adg a.i. Jean-Pierre Phukuta Nyundu, en a profité pour présenter particulièrement à l’intention des autorités ministérielles la plaidoirie de son entreprise. L’allocution de circonstance prononcée en dit long et en voici les pertinents propos.
 
Réseau hydrographique de 15.000 km à sécuriser

La Régie des voies fluviales (RVF) a le réel plaisir de vous accueillir dans son chantier naval à l’occasion de la cérémonie marquant le départ en secteur du baliseur Lomela ce jour, pour la campagne de balisage de la première baisse des eaux de l’année 2007. Nous remercions sincèrement chacun de vous pour la promptitude avec laquelle vous avez répondu à notre invitation. Pour fixer les uns et les autres sur les raisons d’être et l’importance technique de la Régie des voies fluviales dans l’économie nationale, permettez-nous de vous parler, sinon de vous rappeler sa mission.

En effet, la    Régie des voies fluviales, créée par l’ordonnance n° 71-004 du 26 janvier 1971, est un établissement public doté de la personnalité juridique. Elle a pour mission d’assurer, en ce qui concerne les voies de navigation intérieure :
l’étude de la navigabilité et de l’aménagement des voies de navigation intérieure ;
l’exécution des travaux d’aménagement et d’entretien des voies de navigation intérieure ;
la perception, pour son compte, des taxes de navigation instituées par le gouvernement pour les voies de navigation intérieure. Il faut noter qu’elle peut faire toutes les opérations d’exploitation commerciale de son matériel et de ses installations.

L’ordonnance n° 71-308 du 3 décembre 1971 établissant son cahier des charges précise en son article 1er que la Régie des voies fluviales est chargée par le Gouvernement d’assurer :

Le balisage des voies de navigation intérieure comprenant la pose et l’entretien des feux, bouées, balises, signaux, alignements limitatifs et axiaux et d’autres    repères de navigation ;
le dragage et l’entretien des passes de navigation ainsi que le curage du rivage des ports fluviaux ;
les sondages des levées hydrographiques et autres études et travaux nécessaires pour assurer la sécurité de la navigation et améliorer la navigabilité ;
la surveillance des mouvements des plantes aquatiques et de désherbage des bouées ;
la publication des renseignements intéressant la navigation sur les voies fluviales ;
la perception, pour son compte, des taxes instituées pour l’usage des voies de navigation intérieures.

Cependant, la Régie des voies fluviales, qui doit assurer la sécurité des navigations fluviale et lacustre sur un réseau hydrographique de 15.000 km, connaît de réelles difficultés pour réaliser la mission lui confiée par l’Etat propriétaire. Il convient de signaler en passant que la mise en œuvre par le gouvernement du Document stratégique de la réduction de la pauvreté « Dsrp » passe inévitablement par l’évacuation de grands tonnages au moindre coût à condition de réhabiliter les infrastructures de transport fluvial et lacustre.

Le fleuve Congo, ses affluents et les lacs constituent à coup sûr le maillon important dans le Multimodalisme des transports et communications en République démocratique du Congo et partant des échanges entre les centres de production et les grandes agglomérations. Les difficultés énormes que connaît la Régie des voies fluviales sont caractérisées par l’inadéquation chronique des ressources et des échanges. C’est pourquoi elle sollicite le retour en sa faveur de lasubvention de l’Etat destinée à assurer l’équilibre de son budget d’exploitation et ce, conformément à l’article 15, point b, de l’ordonnance n° 71-308 du 3 décembre 1971 ci-haut.

Nous vous informons avec plaisir et satisfaction que le départ ce jour du baliseur Lomela en secteur est rendu possible grâce aux efforts propres et à la subvention complémentaire de 30.000 dollars américains du Programme Alimentaire Mondial (PAM) sur l’intervention de la République Française. Qu’ils trouvent ici nos remerciements les plus sincères avec espoir que ce partenariat entre la RVF et le PAM, sous l’œil de ministères de tutelle, vivra à jamais. Nous continuons à frapper les portes des autres partenaires tant publics que prives, conformément aux recommandations du gouvernement en vue de poursuivre notre action en secteur.
 
Plus d’1 million de dollars dus à la RVF toujours impayés

Dans le cadre de la réforme des entreprises publiques de l’Etat qui entend appliquer, certes, la politique de la privatisation, nous parions qu’il est pratiquement difficile, sinon impossible, de trouver des preneurs privés qui accepteraient de se substituer à la Régie des voies fluviales pour accomplir sa mission spécifique et s’attendre à réaliser des bénéfices pour une croissance économique de leurs affaires.

Vous comprendrez aisément, Excellence madame et Monsieur les ministres, que le regard de la Rgie de voies fluviales soit tourné vers l’Etat propriétaire, pour sa revitalisation immédiate, aux fins de lui permettre de cheminer avec les autres entreprises vers la réalisation des cinq chantiers lancés par Son Excellence Monsieur le Président de la République Joseph Kabila Kabange, et que le gouvernement dont vous êtes membres, a coulé sous forme de programme quinquennal.

Nous ne pouvons terminer ce mot sans revenir sur deux préoccupations de tous les jours. La première qui est technique consiste à la restitution du baliseur Engo réquisitionné par l’armée depuis 1997 pendant la guerre d’agression. La Régie des voies fluviales pleure sans relâche le retour de son outil de travail, car il lui manque gravement et son absence constitue un handicap sérieux, quant à la réalisation de sa mission sur le fleuve et ses affluents.

La deuxième qui est budgétaire et financière vise nos deux gros armateurs qui sont l’Onatra et la Sncc. Si nous en parlons tout haut, c’est parce que ces entreprises sœurs asphyxient totalement la Régie des voies fluviales. Nous sollicitons une intervention efficace et personnelle de leurs Excellences, Madame et Monsieur les ministres de tutelle, pour le paiement des créances en faveur de la Régie des voies fluviales qui s’élèvent ce jour à 1.414.393 Dollars américains. Un paiement échelonné serait toujours le bienvenu, connaissant pertinemment les difficultés structurelles auxquelles ces deux entreprises sœurs sont aussi confrontées.

A la Rgie des voies fluviales les problèmes sont d’ordre structurel. Ils sont écrasants, bien sûr, mais le Conseil d’administration, par son Comité de gestion, les affronte avec ambition et détermination, en vue de répondre aux obligations managériales qui sont les nôtres et qui consistent à réaliser les actions à impact visible. Le départ de Lomela ce jour en est la preuve. Nous vous en remercions.

DN/MMC

Last edited: 29/03/2007 19:03:22

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