Guitariste aux talents précoces hérités de son aîné , José Mayidika Ngimbi, l’auteur a activement participé à l’essor à l’étranger d’un orchestre mythique comme l’Ok Jazz de Franco Luambo Makiadi.
Il était temps! Il était temps qu’un ouvrage sur la musique congolaise moderne soit élaboré de l’intérieur, c’est-à-dire par un musicien lui-même et par un musicologue, de surcroît acteur et témoin privilégié de l’histoire et de la saga de cette musique. Lorsqu’on ajoute à ces atouts inédits le fait que l’auteur est Kinois, l’on comprend que l’ouvrage se soit enrichi des intertextes et des anecdotes sans pareil. Car, osons le dire, la musique congolaise, dans son essence et dans sa puissance, est fille de Kinshasa.
L’auteur, Jean-Pierre Nimy Nzonga, n’est pas n’importe qui. Fondateur et guitariste solo de l’orchestre Yeye National des étudiants « belgicains » des années 60-70, il s’est trouvé en Belgique sur tous les fronts de la renaissance culturelle africaine en milieu universitaire.
Guitariste aux talents précoces hérités de son aîné, José Nimy Mayidika Ngimbi, l’auteur a activement participé à l’essor à l’étranger d’un orchestre mythique comme l’Ok Jazz de Luambo Makiadi Franco.
C’est qu’autour des années 60-70, la tradition de faire circuler tout un ensemble musical à l’étranger pour des raisons d’enregistrement en studio n’existait pas vraiment. Les patrons d’orchestre étaient donc tenus de compléter les effectifs par des artistes recrutés sur place en Europe.
Retenons également, à propos du parcours de l’auteur, qu’il est licencié en sciences politiques et diplomatiques de l’Université libre de Bruxelles et qu’il a été plusieurs fois ministre de la Jeunesse ; qu’à ce titre, il a courageusement ouvert des pistes de promotion et de politique culturelles en matière de musique en milieux de jeunes.
Tout ce parcours est évidemment reflété par une érudition riche dans un domaine de recherche et de pratique artistiques où les écrits sont rares, proportionnellement à toute son effervescence. Dès lors que l’on a cité Michel Lonoh, Philippe Kanza, Tshonga Onyumbe, Manda Tchebwa, Ginzanza, Mbuyamba Lupwishi, Fylla, Gakasso, Sylvain Bemba, on a à peu près fait le tour des critiques, des historiens et des chroniqueurs de la musique congolaise.
Jean-Pierre Nimy vient ajouter une touche neuve, par la forme et par le fond. Par la forme, il a adopté la formule de « dictionnaire », en déroulant près de 800 biographies fortement commentées sur ce qu’il appelle les « immortels » de la musique congolaise moderne. Formule originale, le « dictionnaire » permet une consultation aisée et simple, soit par l’index soit par l’ordre alphabétique.
Pr.Yoka Lye/Le Potentiel
Last edited: 29/03/2007 17:24:41