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Après deux jours d’affrontements entre la garde de l’honorable J.Bemba et les FARDC, le calme retourne lentement à Kinshasa où l’activité reprend dans le centre administratif, bien que la majorité de magasins restent encore fermés. Le calme est revenu à Kinshasa ce samedi 24 mars 2007, après deux jours d’affrontements dans la commune de la Gombe, au centre de la capitale, entre la garde de l’ex-­vice-président Jean-Pierre Bemba et les Forces armées congolaises (FARDC) qui ont fait au moins 60 morts et un nombre indéterminé de blessés.

Parmi les morts et les blessés figurent des membres de la garde de J. P. Bemba et de la Police nationale congolaise ainsi que des soldats des FARDC et des civils. Le calme retourne lentement à Kinshasa où l’activité reprend dans le centre administratif, bien que la majorité de magasins restent fermés à la Gombe suite aux pillages dont plusieurs commerces ont été victimes durant les deux jours de conflit.

Pour sa part, « la MONUC vient d’installer un point de regroupement qui restera ouvert jour et nuit à l’usine de mousse au sud de l’aéroport de N’Dolo au boulevard Lumumba. Sécurisé par des casques bleus sénégalais, ce point permettra d’accueillir les hommes de la garde de JP Bemba qui souhaitent se présenter ou s’y rendre et de leur apporter des soins s’ils sont blessés », a dit le Lieutenant-colonel Didier Rancher. Les casques bleus de la MONUC continuent à effectuer des patrouilles à la Gombe et dans les autres districts de la capitale. Le gouvernement congolais a exigé aux gardes de J. P. Bemba de se présenter dans les camps militaires où ils seront enregistrés pour pouvoir servir la Nation sous son drapeau ».

Hier, dans une déclaration officielle, le gouvernement a fait savoir que, conformément à la Constitution, Jean-Pierre Bemba avait « trahi la République », et qu’il sera « déféré devant la Justice, ainsi que tous ses complices ». Le sénateur Bemba, a pris refuge à l’ambassade d’Afrique du Sud. Dans un communiqué du 23 mars 2007, la MONUC a salué « le rétablissement de l’ordre par les forces gouvernementales et déplore le fait que la force ait été utilisée pour résoudre la situation ». La MONUC a aussi déploré « les pertes en vies humaines, la destruction des propriétés et les pillages dans certains magasins et échoppes de la capitale ». Elle a aussi ajouté que le gouvernement de la RDC a assumé sa responsabilité pour résoudre cette situation.

A cet égard, la MONUC a demandé au gouvernement à agir « d’une manière responsable. « Le gouvernement doit restaurer la confiance en ses actions par la manière dont seront traitées les troupes de J.P. Bemba qui ont déjà déposé leurs armes. La MONUC espère que le gouvernement agira en concordance avec les normes internationales stipulées dans la Convention de Genève », indique le communiqué. Le président Kabila, au moment de son investiture, avait annoncé « la fin de la récréation ». Les Kinois ne s’attendaient certainement pas à ce que la remise en ordre prenne une telle tournure. L’épreuve de force était cependant inévitable: comment un pouvoir légitimé par des élections, soucieux de reconstruire un Etat de droit, pourrait-il tolérer une enclave au cœur  de la capitale et la présence d’hommes en armes obéissant à une autre autorité que la sienne? Sur le point, tant le chef de l’Etat que le Premier Ministre se trouvaient sur la même longueur d’ondes et les capitales étrangères ne peuvent à la fois prêcher le respect de la loi et l’éternelle négociation avec des hommes qui se sont déjà rendus coupables de nombreuses violences. Reste cependant à veiller à ce que cette intransigeance ne dissimule pas une mise à l’écart de l’opposition.

Car, quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir de lui, il n’empêche que M. Bemba a conquis par les urnes 42% des suffrages et qu’à la limite, c’est de lui-même et de ses emportements qu’il aurait du être protégé par une sorte de dialogue permanent, au lieu, peut ­être, d’être poussé à la faute... Il faudra veiller à ce que sa mise à l’écart n’aggrave pas la fracture entre les régions du Congo, alors que l’heure doit être à la reconstruction et à l’unité et que la démocratie n’accorde pas nécessairement les adversaires les plus commodes…

Par ailleurs, on ne peut que s’interroger sur les inconséquences des « amis du Congo », ils ont financé, sinon organisé les élections, mais par la suite, ont recommence, dans le cas de certains Belges en tous cas, à faire la fine bouche et à poser des conditions, au lieu de conforter au plus vite la légitimité du nouveau pouvoir. Sur le plan militaire, la légèreté n’est pas moins grande: les troupes de l’Eufor avaient été déployées à Kinshasa durant les élections pour éviter, précisément, les violences auxquelles on vient d’assister. Et nul n’ignorait les limites de la Monuc, ni les faiblesses de l’armée gouvernementale. Or aussitôt terminées les élections, les soldats européens furent retirés, alors que les plus grands périls restaient à affronter...

(Ern.)

Uhuru

Last edited: 27/03/2007 17:12:37

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