Selon le porte-parole de Caritas, 79 cadavres se trouvaient à la morgue principale de Kinshasa, 20 autres à l’hôpital de Kintambo, 6 à la Clinique Ngaliema et 2 à l’hôpital Saint Joseph de Limete.

Plus de cent personnes sont morts en deux jours de combats à Kinshasa, a estimé dimanche l’organisation humanitaire catholique Caritas, qui travaille avec les hôpitaux et morgues congolais Guy-Man Kamandji, porte-parole de Caritas, a déclaré que 79 cadavres se trouvaient à la morgue principale de la capitale samedi soir, 20 autres à l’hôpital de Kitambo, six à la clinique Ngaliema et deux à l’hôpital Saint Joseph. « Des corps continuaient d’arriver alors que nous étions à la morgue hier », a-t-il dit, précisant que la plupart des blessures avaient été causées par balles ou par des éclats.
Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) faisait pour sa part état d’au moins 60 morts et 74 blessés, selon le communiqué du ministre de l’Information Toussaint Tshilombo Send, diffusé sur la radio Okapi parrainée par les Nations unies. Un bilan définitif devrait être fourni à l’issue d’une enquête. On ignore toujours ce qui a précisément déclenché les affrontements jeudi à Kinshasa entre l’armée et la garde du candidat malheureux à la présidence Jean-Pierre Bemba. Des mortiers sont tombés de l’autre côté du Congo, à 4 km de la capitale Brazzaville.
A Kinshasa, des bâtiments ont pris feu et une épaisse fumée noire s’élevait d’une raffinerie de pétrole touchée. Les gardes du président Joseph Kabila ont repris le contrôle vendredi soir de la capitale de la RDC où le calme est revenu samedi. Un photographe de l’Associated Press a toute fois compté dix cadavres attendant d’être ramassés dans la rue par les ambulances de la Croix-Rouge.
Alors que Jean-Pierre Bemba est réfugié à l’ambassade d’Afrique du Sud depuis jeudi, 109 de ses miliciens ont entendu l’appel du gouvernement à la reddition et se sont livrés sur une base de l’ON U, selon un porte-parole militaire onusien, Didier Rancher. Quarante-quatre autres partisans armés de l’ancien dirigeant de la rébellion et ex-vice-président de la transition ont été appréhendés en tentant de traverser le Congo, a précisé le colonel Jean Aive Allakooua, porte-parole de la police de Brazzaville.
L’an dernier, M. Bemba est arrivé deuxième à la première élection présidentielle démocratique en RDC. Il a finalement accepté sa défaite, est devenu sénateur et a accepté de démanteler sa milice, sans concrétiser cette promesse.
L’Union européenne a appelé les factions au dialogue. Bien que riche en diamants, or et autres ressources, ce vaste pays d’Afrique centrale de la taille de l’Europe occidentale se remet difficilement de ses années de dictature et de guerre civile. Le réseau routier et électrique y est peu développé hors des grandes villes.
Banque, boutiques, bâtiments publics pillés et saccagés
Plusieurs édifices abritant les services publics, des banques, des boutiques et magasins à la Gombe ont été la cible de destruction méchante lors des évènements sanglants des 22 et 23 mars à Kinshasa qui ont opposé les FAR DC aux éléments armés qui assuraient la garde de l’ex vice-président de la République Jean-Pierre Bemba Gombo. Une randonnée à travers la commune de la Gombe samedi dernier nous en a donné une idée exacte.
Le bel immeuble abritant la banque BIAC a été sérieusement endommagé. Le premier niveau où se trouvent les bureaux de la BIAC a été quasiment détruit par les balles. C est un gros trou qu on aperçoit à travers les vitres fracassées. En plus de la destruction, des pillards s’y sont pénétrés emportant des ordinateurs, des petits meubles et d’autres biens de valeur.
Les bureaux de l’Unicef et de l’ambassade de la Grèce et de l’Espagne ont été aussi détruits. Plusieurs document et objets de valeur on été emportés.
La BIAC n’a pas été seulement l’objet de destruction et pillage. Un agent a trouvé la mort suite aux tirs des soldats. L’on y a aussi enregistré des blessés graves dont le célèbre cambiste Hygo Tanzambi.
D’autres bâtiments situés sur le boulevard du 30 juin ont essuyé des tirs qui ont endommagé les murs et les étages. C’est le cas de l’immeuble peint de blanc qui servait de bureau de l’entreprise Vodacom. Jadis, le bulding était occupé par la société pétrolière Chevron. Plusieurs trous occasionnés par les balles tirés à distance sont perceptibles à 20 mètres du bâtiment.
A Kin Mazière, le bureau de la Police a également été très endommagé: murs troués, vitres cassées, biens emportés, documents jetés par terre.
Le restaurant 3615 situé sur le boulevard, à deux mètres de Peloustore a été aussi pillé. Les vitres de la porte d’entrée ont été casée, les boissons se trouvant dans le bar emportées, des chaises détruites. Ici, un agent a été aussi tué.
Des boutiques se trouvant sur l’avenue du Centre Wallonie Bruxelles ont aussi été pillées. Des malfrats ont cassé les portes pour emporter des vêtements, bijoux, souliers et autres marchandises qui s’y trouvaient. Choqués, les propriétaires se sont demandés s’il valait encore la peine d’investir en RDC.
Benjamin Yogolelo/La Référence Plus
Last edited: 26/03/2007 13:50:34