Lola Muana sera comme un trait d’union entre les mélomanes nostalgiques de Zaïko des années 1970 à 1988 et ceux plus jeunes plus proches des courants Wenge ou de Koffi quand ce dernier joue à l’adolescent perpétuel.

Plus d’un an après son recrutement, le chanteur Lola Muana va faire sa sortie officielle avec l’orchestre Zaïko Langa Langa le dimanche 8 avril 2007, à la salle Marignan, à Bruxelles.
En ce week-end pascal, Lola Muana va reprendre le flambeau de son père au sein de cet orchestre où le défunt Dindo Yogo a laissé des souvenirs impérissables même s’il n’avait pas respecté le serment de fidélité éternelle faite dans la chanson « Mokili echanger ».
Pour ce concert, les choses ont été faites à la N’Yoka Longo, serait-on tenté de dire : le patron de l’orchestre Zaïko Langa Langa n’a pas voulu faire du recrutement du chanteur Lola Mwana un coup médiatique.
Contrairement aux mœurs de la musique congolaise où le moindre recrutement donne lieu à des épanchements dans les médias et à des concerts qualifiés abusivement d’historiques, Jossart Nyoka a préparé cette arrivée avec méthode, patience, sérieux et sobriété.
Méthode, car dans un premier temps Lola a été investi d’une mission de recrutement à Kinshasa de nouveaux chanteurs et musiciens ; patience puisque Jossart Nyoka Longo ne s’est pas précipité pour organiser un concert juteux et pavoiser avec sa nouvelle recrue ; sérieux parce que priorité a été accordé à la maîtrise du répertoire et au travail du studio pour le prochain album ; et enfin sobriété en ne donnant pas à cet événement une portée surévaluée.
Une recrue majeure en 1988, au moment de la scission de Zaïko Langa Langa qui avait donné naissance à l’éphémère Zaïko Familia Dei, N’Yoka Longo avait déclaré que Dindo Yogo était le chanteur le plus consciencieux qu’il avait connu. Vingt ans plus tard, Jossart affirme avoir trouvé en Lola Muana le digne fils de son père en matière de rigueur dans le travail en plus du même timbre vocal qui va indiscutablement rehausser le rendement de l’attaque-chant de cet orchestre trentenaire.
Bien plus, Lola Muana sera comme un trait d’union entre les mélomanes nostalgiques de Zaïko des années 1970 à 1988 et ceux plus jeunes plus proche des courants Wenge ou de Koffi quand ce dernier joue à l’adolescent perpétuel. Le chant de Zaïko trouvera, avec ce renfort, une cohérence déjà éprouvée avec le trio Jossart – Adamo – Lola sans minimiser l’apport d’un Mondial ou d’un Prince Bela.
Quand on sait que Lola a séjourné deux fois trois mois en Europe pour répéter et enregistrer avec Zaïko, on peut s’attendre à un concert comme on en voit plus beaucoup même quand il s’agit de Zaïko qui quelque fois a été aussi moyen.
Botowamungu Kalome/AEM/MMC