Les incontournables libanais qui tiennent une grande partie du commerce sont également évoqués étant donné que l’un d’entre eux est associé à Tuiza, frère aîné de Bamanisa ayant réussi dans les affaires.
A travers l’histoire d’un jeune médecin, Kiéto, en proie à une crise de conscience professionnelle et aux tourments de l’amour, l’auteur de « La cruche trouée » dresse un tableau sombre du quotidien des habitants de Kinshasa dans l’ex-Zaïre laminés par une misère indescriptible. Tous les secteurs de la vie nationale sont concernés et le secteur médical où évolue notre jeune médecin n’est pas épargné par le fléau.
C’est à juste titre que l’hôpital où il exerce son métier a été appelé par l’auteur « Mopatase » (l’argent), une manière pour ce dernier d’accentuer la puissance que l’argent exerce en ce lieu au point, pour les médecins, de sacrifier la vie humaine sur l’autel des intérêts financiers. Fraîchement sorti de l’université, Kiéto est également aspiré par le tourbillon de la corruption au point de reléguer aux oubliettes le serment d’Hippocrate.
A cet effet, la cruche offerte au jeune médecin Kiéto par son oncle maternel est le véritable miroir de son éthique professionnelle. Après avoir violé l’éthique et le serment d’Hippocrate, la cruche devient le tribunal virtuel qui va juger Kiéto. Par ailleurs, Kiéto trahit non seulement la déontologie de sa profession mais il trahit également sa bien aimée en succombant aux charmes d’une infirmière de son service, Bamanisa qu’il engrosse et qu’il sera obligé d’épouser.
A travers cette dernière, l’auteur fait découvrir aux lecteurs certains stéréotypes de la société congolaise tels que l’art de l’amour dont les femmes de la ville de Kisangani (Province orientale) détiendraient le secret dans la mesure où c’est Maneno, une amie de Bamanisa, originaire de cette province qui lui prodigue des conseils avisés en vue de faire tomber Kiéto dans ses filets. En outre, le phénomène des maris envoutés par leurs épouses est également soulevé par l’auteur qui explique aux lecteurs la manière dont le père de Bamanisa a été envouté par sa seconde épouse.
Les incontournables libanais qui tiennent une grande partie du commerce sont également évoqués étant donné que l’un d’entre eux est associé à Tuiza, frère ainé de Bamanisa ayant réussi dans les affaires. En outre, l’enrichissement illicite des faux pasteurs sur le dos de leurs fidèles est également dénoncé par l’auteur.
Par ailleurs, le triste épisode des pillages à Kinshasa dus à la prédation et à la mauvaise gestion des dirigeants de l’époque est également rappelé à la mémoire des lecteurs. Néanmoins cette traversée de l’épreuve, par l’intermédiaire de la cruche trouée va ramener Kiéto sur le droit chemin. Il décide avec ses collègues de lutter contre la crise de conscience et deviendra ainsi un patriote engagé pour le développement de son pays, la RDC.
Ce dernier est un pays en loque ayant subi pendant plusieurs années un régime de prédation et de corruption morale que l’auteur ne cesse de dénoncer tout au long de son livre. Ce dernier est réquisitoire contre la crise de conscience et de mentalités, contre l’inversion des valeurs qui ont élu domicile dans le chef des Zaïrois de l’époque mais qui subsistent encore jusqu’à aujourd’hui. Ce livre est un appel à la révolution morale, à la révolution des consciences qui doit s’emparer de tous les Africains en général et des congolais en particulier. La renaissance du Congo et de l’Afrique noire en général réside dans l’action positive de chaque Congolaise et de chaque Congolais.
Il faut dorénavant que chaque citoyen de ce pays ait une pensée constructive pour ce pays afin que celui-ci aille de l’avant est le message d’espoir que l’auteur adresse à ses lecteurs pour mettre fin à la déliquescence de la société congolaise.
(Yes)
Dani Ndungidi/Uhuru
Last edited: 19/03/2007 16:46:55