Les effets pervers de la polémique dans la chronique musicale congolaise
Kinshasa, 19/03/2007 / Culture
La polémique, un débat ou une discussion pour émettre ses avis sur un sujet bien déterminé, n’est pas bien exploitée dans la presse congolaise. La Polémique dans la presse congolaise s’apparente à des agressions verbales.
Nombreux sont les jeunes de Kinshasa qui tiennent à faire des chroniques musicales à la radio et à la télévision. Mais ces animateurs, pour la plupart, ne sont pas spécialistes, c’est-à-dire, critiques d’art, musicologues, ethnomusicologues, anthropologues, esthéticien, etc. Et ils s’intéressent beaucoup plus aux aspects relatifs aux annonces de concerts ou aux sorties des disques.
L’étude de la musique - sous l’aspect de l’instrumentation, du rythme ou du contenu - n’est pas du tout leur lot. Aujourd’hui, toutes les « émissions de variétés musicales » - qui contiennent certaines entrevues, les talk-shows, les spectacles, avec ou sans vidéo-clips - sont qualifiées de chroniques musicales. Animateurs et animatrices, qui présentent ces émissions, se font appeler à tort et à travers « chroniqueurs de musique ». En réalité, ce sont des « émissions de divertissement ».
La « chronique » c’est le genre journalistique le plus libre et le plus diversifié. La chronique repose non pas sur la transmission de l’essentiel, la nouvelle, ni sur la remise en contexte, l’analyse, mais sur la personnalité de celui à qui on la confie. C’est sa lecture de l’actualité, et sa façon de la raconter, ou de présenter un dossier et sa façon de faire la critique, c’est-à-dire une information commentée, qui fait de lui un chroniqueur culturel et de musique. Par définition, la chronique est un texte ou un amalgame où l’on trouve la nouvelle, l’analyse, le commentaire ou même le reportage, au fil d’une lecture personnelle qu’en fait le journaliste.
La polémique, débat ou insulte ?
La polémique, un débat ou une discussion pour émettre ses avis sur une opinion ou sur un sujet bien déterminé, n’est pas bien exploitée dans la presse congolaise. La polémique dans la télévision congolaise s’apparente à des agressions verbales qui ne rapportent rien dans la culture congolaise. Le premier élément qui participe à l’accentuation de cette tendance reste les difficultés existentielles des hommes des médias.
Certains journalistes et animateurs des médias congolais ont tellement versé dans le copinage, pour des raisons économiques et ethno-tribalistes, qu’ils perdent facilement leur objectivité et leur indépendance. N’ayant plus aucune dignité, ils vivent comme des parasites, accrochés aux petits faits et gestes des musiciens, dont ils deviennent des porte-paroles.
Ayant ainsi perdu leur objectivité de journaliste, ils répondent à n’importe quelle critique, même fondée, qui repose sur des bases rationnelles et en font leur affaire. Devant une situation, l’observateur sait lire à l’avance la réaction de tel journaliste de la presse écrite ou de tel présentateur ou animateur de l’audiovisuelle. Le doigt accusateur est pointé sur tous les journalistes qui œuvrent dans les journaux spécialisés dans la musique et les animateurs présentateurs des émissions de variétés musicales à la radio et à la télévision. En réalité, ces derniers ne font pas de la chronique musicale.
Peu d’entre eux, ceux de la presse écrite et certains animateurs culturels sortis de l’Institut national des arts (Ina) le font dans le sens d’un monitoring. Mais ils ne sont pas suffisamment outillés, dans leur majorité pour faire la critique musicale.
(Yes)
Jeannot Ne Nzau Diop/Le Potentiel
Last edited: 19/03/2007 16:44:28