Suspecte manifestation de protestation des populations locales à l’arrivée à Kahemba de la délégation gouvernementale dans le cadre de l’enquête de vérifications des faits autour de la présence angolaise signalée dans le territoire congolais concerné.

Arrivée, jeudi dernier d’une délégation gouvernementale à Kahemba. Sous la conduite du Ministre d’Etat chargé de l’Intérieur, M. Denis Kalume. Outre ce plénipotentiaire, l’équipe comprenait des députés et des Sénateurs originaires du territoire de Kahemba, ainsi que des experts de l’Institut Géographique National.
Cette délégation a été accueillie par une foule de manifestants mécontents de la position défendue par Kinshasa dans l’affaire Kahemba. Les calicots et banderoles déployés devant la délégation traduisaient clairement la mauvaise humeur de cette population. Celle-ci a également fermé les marches et autres centres d’intérêt commercial pour exprimer le ras le bol à l’endroit des autorités.
Deux jours auparavant, une réunion mixte regroupant les délégations de la République d’Angola et de la République Démocratique du Congo s’est tenue à Kinshasa, le 13 mars 2007. L’objectif de la rencontre consistait à examiner le rapport des concertations provinciales entre Lunda Norte et Bandundu réalisées les 2, 3, 4 et 5 mars 2007 à Dundo ».
Neubuleuse affaire
Le communiqué final de cette réunion note encore qui à la lumière des faits recherchés in loco, les deux délégations ont conclu qu’il n’y a pas eu quelconque modification dans la frontière commune et ont réaffirmé leur engagement à l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation ».
Le travail à réaliser sur terrain exigera des experts l’identification des 112 bornes de frontière délimitant les deux pays dans l’extension de 2.511 Km de frontière commune ! Le problème est de retrouver les relevés définis par la convention de 1891 entre la Belgique et le Portugal.
Fin janvier début février 2007, Kinshasa avait dénoncé l’incursion angolaise en territoire congolais. Luanda avait catégoriquement rejeté ces allégations soutenant que ces troupes sont stationnées sur le sol Angolais !
Dès le départ, la presse avait elle aussi condamné cette occupation et avait surtout déploré le silence des autorités congolaises, plus particulièrement celui du Président de la République, garant de la Nation. Elle s’est perdue également en conjectures face au mutisme des officiels congolais.
Les originaires de la Province du Bandundu ont été particulièrement traumatisés par cette incursion survenant juste au moment où le Gouvernement de la République est dirigé par un ressortissant de cette partie du pays.
Montage ?
Le point de presse animé par le Ministre d’Etat Denis Kalume, le 14 mars 2007, semblait démentir l’occupation des villages congolais par les forces angolaises. Par ailleurs, le Vice-Ministre de l’Intérieur a qualifié de « manipulation » et d’ « instrumentalisation des faits à des fins politiciennes » le traitement du dossier Kahemba.
Lors des informations du soir sur la très officielle RTNC, un confrère est revenu sur l’affaire en stigmatisant le montage qui en a été fait par les politiciens pour discréditer les nouvelles autorités du pays !
Eu égard à ce qui précède et face à ce jeu de ping-pong, il y a lieu de s’interroger sur la part de vérité dans cette affaire. Y a-t-il réellement l’occupation des terres congolaises par les forces angolaises ? Sinon, qui sont auteurs de ce mensonge ? Si oui, pourquoi s’obstine-t-on à mentir ou à garder silence ?
Quelles que soient les conclusions de cette affaire, il faudra rappeler qu’en matière de délimitation territoriale héritée de la colonisation les contestations demeurent légion. L’arbitrage des instances internationales est incontournable.
Noël Rachidi/La Référence Plus
Last edited: 17/03/2007 14:28:20