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Bonjour | 09/01/2009 23:31 | English Make DC Home page | RSS feed

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Un mystérieux incendie a ravagé vendredi le QG de la Commission nationale pour la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants au moment où de lourdes présomptions pèsent sur la gestion de cette institution. Un incendie a détruit les bureaux de la Commission nationale de démobilisation et réinsertion des ex-com­battants (Conader). Le sinistre survient au moment où le président de la Banque mondiale séjourne à Kinshasa. Un séjour devant être marqué par un contrôle systématique des activités de cette structure qui bénéficie des financements de la Banque mondiale. Accident ou acte criminel ? Les supputations vont Bon train.

Une longue colonne de fumée noire, visible depuis la commune de Limete, s’échappait des im­meubles voisins du Quartier gé­néral de la Monuc, situé dans la commune de la Gombe. Effecti­vement, dans la matinée de vendredi 9 mars, un incendie s’est déclaré au troisième niveau de l’immeuble Ami-Congo. Cet im­meuble abrite justement les bu­reaux de la Conader.

Selon les témoignages re­cueillis sur place, tout a commencé mercredi 7 mars quand une ampoule (ou un projecteur?) éclata au deuxième niveau de cet immeuble. Jeudi, c’est un clima­tiseur qui a pris feu après le ré­tablissement du courant au troi­sième niveau. Et voilà que ven­dredi, c’est autour de ce troi­sième niveau de subir le même sort.

Le feu a sérieusement endommagé le bureau du Coordonnateur général, le pasteur Daniel Kawata, actuellement absent de la capitale, avant de se propager rapidement, détrui­sant tout sur son passage, car favorisé par les cloisonnements en contreplaqués triplex, qui délimitent les différents services. Tout est parti en fumés : ordinateurs, documents de travail, meu­bles... tout est calciné.

Heureusement qu’il n’y a pas eu de victimes humaines à déplorer. Toutefois, les membres du personnel de la Conader, d’Ami-Congo et de la Compa­gnie maritime du Congo qui  oc­cupent  également le même im­meuble ont été évacués à temps. Et l’incendie a pu être maîtrisé par le service anti-incendie de la compagnie pétrolière Sep­Congo.

Par manque d’eau, celui de l’Hôtel de Ville a dû rebrous­ser chemin afin de revenir un peu plus tard.

Mais qu’est-ce qui a pro­voqué cet incendie? Il faudra attendre les résultats de l’en­quête pour en déterminer les origines exactes. S’agit-il d’un ac­cident ou d’un acte criminel de sabotage ? Si cette deuxième hypothèse se confirmait, à qui profiterait le crime ?

Curieuse coïncidence

L’incendie soulève pour­tant de nombreuses interrogations de par une curieuse coïnci­dence. En effet, l’incident sur­vient juste au moment où le pré­sident  de la Banque Mondiale séjourne à Kinshasa. Outre les séances de travail avec les res­ponsables congolais, Paul Wolfowitz devait s’informer sé­rieusement sur le fonctionnement de la Conader. Car, dans le ca­dre de la réorganisation des ser­vices de l’Etat, la Banque mondiale finance le programme de démobilisation et de réinsertion des anciens combattants. Des sommes importantes ont été af­fectées à cette fin.

Malheureusement, la ges­tion de ce projet, comme tant d’autres finances par la Banque mondiale, a été l’objet de criti­ques sévères. Bien plus, l’on n’a pas cessé d’enregistrer des mécontentements de la part des bénéficiaires du dits projet.  Ce ci ex­plique le fait que, de Bujumbura, le président de la Banque mon­diale ait transité par Kisangani où est installé l’un des grands cen­tres de formation, de démobilisa­tion et de réinsertion de la Conader. Sans oublier le siège  du BASE (Bureau africain pour  la science et l’éducation).

Rappelons qu’avant le pré­sident de la Banque mondiale, l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, et son successeur, Ban Ki-moon, se sont également transportés à Ki­sangani pour se rendre effecti­vement compte du fonctionne­ment de ce centre. Les rapports à ce sujet ne sont guère flatteurs.

Au niveau de Kinshasa, des tiraillements ont été enregis­trés au sein du personnel de la Conader. Des têtes sont même tombées pour des raisons non encore élucidées jusqu’à ce jour, tant la lutte d’influence est sour­noise. Toutes ces données Se­raient à la base du résultat mi­tigé de ce projet.

En outre, le mouvement de restructuration décidé unilatéralement depuis Washington aurait suscité de nombreuses frustrations parmi les cadres con­golais. En plus, les relations en­tre les responsables de cette structure et le ministère de la Défense ne seraient pas des plus brillants.

En survolant tous ces faits, les enquêteurs ne peuvent exclure aucune piste pour cher­cher à comprendre les origines  de l’incendie du vendredi. S’il s’agit d’un acte de sabotage, quelqu’un se serait employé cer­tainement à détruire des docu­ments compromettants dans le but de bloquer la mission de con­trôle. Car en fait, le président de la Banque mondiale a promis de prendre des sanctions contre les responsables de tous les projets qui n’ont pas été menés comme.

Profiterait  la crime ?

Pour l’année 2006, il est rapporté que la Banque mondiale a débloqué 1,5 milliard de dollars américains dont 700 millions à titre d’appui budgétaire sans le contrôle de la Banque mondiale. On dit que Paul Wolfowitz à fait de la bonne gouvernance son cheval de bataille. Il aurait sus­pendu l’épée de Damoclès sur la tête des gens depuis Washing­ton. En visite de travail en Afri­que, il avait averti tous les chefs de projets compromis qu’ils su­biraient le même sort. Vu sous cet angle et devant la gestion opaque de plusieurs projets finan­cés par la Banque mondiale en République démocratique du Congo, il ne serait pas exclu que l’on se soit organisé pour effa­cer des traces.

Contactée à ce sujet, Ma­dame Innocente Bakanseka, Coordinatrice générale jointe, se veut rassurante. Pour lui, il n’y arien à craindre d’autant plus que le projet est géré sur base de principes modernes.  « Toutes les données de gestion ont été produites en double et gardées en un endroit secret. Au-delà de ce qui a été bru1é, les données peuvent être reproduites  pour autant qu’elles sont dans un deuxième disque dur, des flash-disks gardés ailleurs. S’il se trouve des personnes se sentant incriminées dans leur mégestion, elles peuvent déchanter au cas où elles Se­raient à la base de cet incident regrettable. Les bailleurs de fonds, dont la Banque mon­diale, peuvent s’apaiser. Le plus important des données de gestion de la Conader est in­tact. Dommage que cet incen­die se produise au moment où le gouvernement a demandé aux entreprises publiques et aux gestionnaires des projets de faire les états de lieux. A qui profiterait le crime ? Nous nous remettons à Dieu qui pu­nira les responsables de cet acte machiavéliques il s’avé­rait qu’il s’agit d’un acte cri­minel », a précisé la Coordon­natrice adjointe de la Conader.

Pour le moment, passé l’émotion, il ne reste plus qu’à attendre les résultats de l’enquête qui ne devra pas, comme d’habitude, se terminer en eau de boudin.

Le Potentiel

Last edited: 10/03/2007 15:01:34

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