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Le commissaire général à l’énergie atomique Fortunat Lumu et son adjoint, Mayani sont aux arrêts, impliqués dans la disparition de barres d’uranium au Centre régional de l’énergie atomique de Kinshasa. Son intérimaire, l’Ir Léopold Makoko n’y voit, lui, qu’une simple affaire de gestion administrative ! Une centaine de barres d’uranium, matière hautement stratégiques entreposées au Centre régional de l’énergie atomique de Kinshasa (Cren-K) rattaché à l’Université de Kinshasa auraient disparu. Ce qui, selon toute vraisemblance justifie la mise en examen du Prof. Fortunat Lumu, commissaire général du Cren-K, et son adjoint Mayani, à la suite de la descente, lundi 5 mars dernier des inspecteurs de la Police judiciaire à cet établissement où fonctionne un réacteur nucléaire de recherches depuis plus de trente ans.

Aucune justification plausible n’ayant été fournie aux collaborateurs du commissaire général au centre au moment de son interpellation, l’on s’est mis à espérer qu’il ne s’agirait probablement que d’une simple prise de corps effectué pour des raisons d’enquête, et que les deux premiers responsables du Cren-K allaient rapidement retrouver leur liberté et reprendre normalement le travail.

Hélas, il semblerait que les premières enquêtes résultant de l’interpellation des deux responsables du centre atomique congolais laissent entrevoir de graves présomptions sur la disparition effective des matières fissibles survenues au Cren-K. Cette présomption est telle qu’au troisième jour de leur détention au cachot de la Police judiciaire des parquets, les deux hommes de science ont été transférés jeudi 8 mars au parquet. A leur charge pèsent deux préventions qui risquent de leur valoir de lourdes peines devant les juges ; faux et usage de faux et trafic illicite de matières précieuses.

L’intérimaire de Lumu relativise l’affaire

Même si à ce niveau d’investigations préliminaires on ne peut encore établir des préventions définitives, il ne reste pas moins vrai que la disparition des barres d’uranium et des casques au Centre régional de l’énergie atomique de Kinshasa (Cren-K) si elle est avérée réelle, ne peut s’effectuer que sur base de documents administratifs pouvant au besoin justifier cette opération juteuse sur le plan financier. Est-ce pour cela que le Prof. ingénieur Léopold Makoko Moyengo, qui assume l’intérim au lendemain de l’interpellation de ses collègues et qui nous a reçu hier vendredi 9 mars 2007 mardi 6 mars 2007, relativise l’affaire en nous affirmant que « la presse a inutilement dramatisé cette l’affaire qui se réduit en une simple question de gestion administrative ». Du reste, l’intérimaire au Cren-k nous a renvoyé au point de presse qui va être tenu ce samedi matin 10 mars par le ministre de la Recherche scientifique. Ministre de tutelle du Cren-K, Sylvanus Mushie Bonane effectuera à cette occasion son premier « show » ministériel pour faire toute la lumière sur cette délicate affaire de disparition de barres d’uranium et de casques.

L’opinion doit savoir que le Centre régional atomique de Kinshasa ne dispose que d’un réacteur Triga Mark II d’un mégawatt destiné aux recherches scientifiques. Selon les scientifiques et les experts en questions nucléaires, s’il faut craindre que tout accident nucléaire survenu dans ce centre soit susceptible de causer une catastrophe atomique d’une certaine échelle en raison des irradiations qui s’ensuivraient, le combustible utilisé dans ses centrifugeuses étant hautement radio-actif. Mais delà à spéculer sur une commercialisation des barres d’uranium qui servent à alimenter Triga Mark II à destination des pays de l’axe du mal en quête de matières précieuses pour la fabrication de bombes atomiques, il faut se garder de sauter le pas : il faut des tonnes et de tonnes de barres pour alimenter une centrale nucléaire qui a une vocation militaire. Encore faudra-t-il que ces quantités d’uranium soient enrichies pour devenir du plutonium 36.

En attendant, les enquêtes en cours entreprises par l’inspecteur divisionnaire judiciaire Jean-Denis Konde du parquet général permettront, en démêlant l’écheveau, de faire toute la lumière sur cette affaire ténébreuse.

Clément Vidibio/MMC

Last edited: 10/03/2007 11:02:42

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