Après les successives missions prospectives de la Banque mondiale en Rdc, c’est maintenant le tour de M. Paul Wolfowitz, le président de cette institution financière internationale en personne de visiter le Congo-Kinshasa.

Après des experts du Fonds monétaire international, présents à Kinshasa depuis le 27 février 2007, c’est au tour du tout puissant président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, de faire le déplacement de Kinshasa pour palper du doigt la réalisation de vastes chantiers de reconstruction financés sur fonds de son organisation. C’est demain jeudi 8 mars que le président de la Banque mondiale foulera le sol congolais en provenance de Bujumbura, au Burundi. Son séjour dans la région des Grands Lacs sera presque consacré à l’examen du Programme multi-pays de démobilisation et réintégration que supervise la Banque mondiale. En RDC, c’est plus avec la Conader que Paul Woffowilz pense approfondir cette question.
C’est certainement à la faveur de l’aboutissement heureux du processus électoral en République démocratique du Congo et de l’appel lancé autant par le président de la République, Joseph, que le Premier ministre, Antoine Gizenga, que le président de la Banque mondiale, Paul D. Wolfowitz, a finalement décidé d’effectuer le déplacement de Kinshasa.
Son arrivée à Kinshasa est confirmée pour demain jeudi 8 mars 2007. Pendant deux jours, le numéro n°l de la Banque mondiale profitera de son passage pour palper du doigt divers projets et programmes réalisés en RDC sur financement de son institution.
En RDC, pays qui vient de tenir ses premières élections démocratiques en 40 ans, Paul Wolfowitz se rendra à Kisangani dans l’Est du pays et visitera une école financée par la Banque mondiale. Il rencontrera également les démobilisés pour se rendre compte lui-même de l’aide apportée aux activités de démobilisation et de réintégration. M. Wolfowitz sera rejoint à Kinshasa par le commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, Louis Michel. Ensemble, ils devraient s’entretenir avec les autorités congolaises, les représentants du secteur privé et de, la Société civile.
Diagnostic de la Conader
Selon des informations recueillies au siège de la représentation de la Banque mondiale en RDC, le président de la Banque mondiale va accorder une attention particulière à la mise en oeuvre du Programme multi-pays de Démobilisation et Réintégration (MDRP) dans lequel s’intègre le Programme national désarmement, démobilisations, et réinsertion (PNDDR), pilotée sur place au pays par la Commission nationale désarmement, démobilisation et réintégration (Conader).
Pourquoi une telle attention à ce programme. La conférence de presse que promet d’animer Paul Wolfowitz vendredi au terme de son séjour congolais pourra certainement en révéler les rasions. Mais, toujours est-il que les actions entreprises par la Conader dans le cadre de la mise en oeuvre du PNDDR n’ont toujours pas fait l’unanimité autant dans le rang du gouvernement congolais que de la direction des opérations de la Banque mondiale.
Le séjour du président de la Banque mondiale en RDC fait partie d’un plan d’inspection projeté depuis quelque temps dans la région de l’Afrique centrale. Durant sa visite en Afrique centrale du 7 au 9 mars, Paul Wolfowitz visitera des programmes pour ex-combattants au Burundi et en RDC.
Leurs activités de démobilisation et réintégration sont supportés par des fonds du Programme multi-pays de démobilisation et réintégration. Sur ce point, des sources diplomatiques renseignent qu’aujourd’hui, à Bujumbura, le président Wolfowitz a rencontré Silas Ntigurirwa, secrétaire exécutif de la Commission nationale de démobilisation, réinsertion et réintégration (CNDRR) ainsi que des agents d’exécution du MDRP.
Dans le cadre du CNDRR entrepris au Burundi, un nombre estimé à 21.700 adultes ont été démobilisés à ce jour, ainsi que 3.000 enfants relâchés des forces armées. Le MDRP supporte le programme burundais à la hauteur de 75 millions Usd, y compris le financement d’un projet spécial pour les enfants mis en place par l’Unicef.
En RDC, c’est avec le coordonnateur général de la Conader, Daniel Kawata, que le président Wolfowitz, compte s’entretenir autour de cette question pour voir des activités de démobilisation et réintégration et discuter avec des ex-combattants. La RDC, rappelle-t-on, est le plus grand programme du MDRP, comptant pour approximativement la moitié de son budget.
A ce jour, le programme a démobilisé un nombre estimé de 107.000 adultes et assuré le relâchement de près de 30.000 enfants, dont 80% ont été réunifiés avec leur famille. 41 projets de réintégration socio-économique ont été approuvés pour 69.000 bénéficiaires et 46.000 ex-combattants sont actuellement activement engagés dans des projets de réintégration
A propos du Mdrp
Lancé en 2002, le MDRP soutient un cadre régional de planification et de financement pour la démobilisation et réintégration d’un effectif estimé actuellement à 400.000 combattants en Angola, Burundi, République centrafricaine, RDC, République du Congo, Rwanda et en Ouganda. A travers ces activités, le programme a pour but de contribuer au processus de paix et de stabilisation dans la région élargie des Grands Lacs, et ainsi aider à établir une base pour un développement durable.
Les principes de base du programme sont l’appropriation nationale et le partenariat. Le programme est financé par la Banque mondiale et 13 pays bailleurs de fonds Allemagne, Belgique, Canada, Danemark, Finlande, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Norvège, Royaume-Uni, Suède et la Commission européenne. Le MDRP collabore également avec des gouvernements nationaux et des commissions, et avec plus de 30 organismes partenaires, y compris les agences des Nations Unies et des organisations non gouvernementales.
(Th)
F. KUEDIASALA/Le Potentiel
Last edited: 07/03/2007 13:03:26