Le vice-gouverneur de Kinshasa élu sénateur est entré en conflit avec son titulaire qui le somme de rejoindre ses nouvelles fonctions, ce à quoi le concerné s’oppose en exigeant une remise et reprise avec son successeur pour établir un état financier suspecté de gabegie.

Le vice-gouverneur en charge des questions économiques et financières de la ville-province de Kinshasa, Fidèle Sulubika, a exprimé, son mécontentement au sujet de la fermeture la semaine dernière, de son cabinet de travail par le gouverneur Amiral Baudouin Liwanga. C’est au cours d’un point de presse qu’il a animé hier lundi 5 mars dans l’enceinte de l’Agence congolaise de presse (ACP) que le sénateur élu a donné sa version des faits.
Pour lui, le gouverneur sortant ne devrait pas sceller son bureau pendant cette période où il s’apprête à finaliser le rapport relatif à la cérémonie de remise et reprise avec le vice-gouverneur entrant. « Quand bien même j’ai été élu sénateur comme il le fait voir, l’article 222 de la Constitution de la troisième République est explicite lorsqu’il stipule: Les institutions politiques de la transition restent en fonction jusqu’à l’installation effective des institutions correspondantes prévues par la présente Constitution et exercent leurs attributions conformément à la Constitution de la transition », a-t-il fait remarquer.
Vœu du ministre de l’intérieur
En ce qui concerne l’acte posé par l’autorité provinciale à son endroit, le vice-gouverneur sortant a, une fois de plus, évoqué l’article 28 de la loi fondamentale du pays qui dit: « Nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal. Tout individu, tout agent de l’Etat est délié du devoir d’obéissance, lorsque l’ordre reçu constitue une atteinte manifeste au respect des droits de l’homme et des libertés publiques et des bonnes mœurs ». A ses yeux, il pense que la décision prise par le gouverneur Liwanga est consécutive à sa façon de travailler, c’est-à-dire le fait « d’avoir un regard attentif sur la gestion financière de l’Hôtel de ville ».
Dans le même registre, M. Sulubika s’étonne de voir le numéro 1 de la ville de Kinshasa aller à l’encontre de l’ordre du ministre de l’Intérieur, Denis Kalume, lui demandant d’ouvrir son bureau. Et pourtant, lors de leur entretien, le ministre en charge de l’Intérieur avait émis le vœu de voir les deux autorités oeuvrer dans le sens de la paix, a-t-il souligné.
En outre, le sénateur Fidèle Sulubika a indiqué qu’il demeure impayé depuis le mois de décembre dernier pour des raisons qui lui sont inconnues. Et d’ajouter qu’il en est de même d’une certaine catégorie d’agents de l’Hôtel de ville qui s’occupe de la salubrité de la ville.
Répondant à la question de savoir pourquoi il ne veut pas rejoindre le Sénat, il a dit qu’il ne refuse pas d’y aller. Mais avant de quitter l’Hôtel de ville, qu’on lui donne l’occasion de procéder à la remise et reprise avec son successeur. A ce sujet, il a fait remarquer qu’il n’est pas le seul sénateur ou député élu qui continue à gérer les affaires courantes. Le Bas-Congo, la province Orientale, l’Equateur... sont à citer parmi les entités qui sont encore gérées par des élus comme moi, a conclu l’honorable Salubika.
(Th)
A.T.M./Le Potentiel
Last edited: 06/03/2007 15:23:53