Or, une importante échéance électorale est prévue en Belgique au mois de juin prochain. Des élections qui vont sûrement apporter une nouvelle donne en Belgique.

Et Louis Michel ne cache pas du tout ses intentions politiques. Il est intéressé par le poste du « Premier ministre » et il entend mettre fin à la domination excessive des socialistes en Wallonie. Il attend le moment venu pour informer José Manuel Barrosso, président de la Commission européenne avant d’entrer « en campagne électorale ».
Il se fait que dans cette dernière polémique belgo-belgolaise autour de la visite du Roi au Congo et de ce titre honorifique au chef de l’Etat congolais, les Socialistes n’ont pas fait de cadeaux aux libéraux. Ils ont sévèrement critiqué l’attitude unilatérale de André Flahaut qui devrait d’abord contacter ses collègues du gouvernement et avoir l’aval des responsables académiques et militaires de l’Ecole royale militaire.
Si Flahaut est un libéral, Armand de Decker l’est aussi. Il se fait que le ministre belge à la Coopération au Développement fait pane de ceux qui soutiennent que le Roi devraient effectuer le voyage au Congo en mois de mars comme initialement prévu. Ce voyage, comme ce titre honorifique, sont perçus dans ce camp comme des symboles de bonnes relations entre la Belgique et la RDC. Ce qui n’est pas l’avis des Socialistes qui estiment qu’il faut être prudent, attendre que les autorités congolaises fassent réellement preuve de bonne gouvernance. Voila pourquoi le voyage du Roi des belges est problématique et la remise du titre honorifique au chef de l’Etat congolais n’aurait certainement pas lieu au mois de septembre prochain, la classe politique belge étant divisée.
La polémique belgo-belgolaise que nous venons d’évoquer a comme soubassement les élections législatives belges du mois de juin prochain. Tout comme la visite de travail du ministre belge à la Coopération au Développement avec le déroulement des travaux de la Commission mixte ne peut occulter cet événement important. De tous les temps, et surtout lors de la tumultueuse époque de Mobutu, la RDC s’invite toujours lorsqu’il y a des élections en Belgique. Les deux groupes culturels sont chaque fois en opposition, prenant souvent prétexte sur certains intérêts que l’un ou l’autre groupe disposerait en RDC. Les élections législatives du mois de juin prochain n’échapperaient pas à cette évidence politique. L’actuelle visite de travail de Armand de Decker est une carte que le ministre belge aura à jouer pour que se tienne rapidement la Commission mixte belgo-congolaise. Elle aura à définir les grandes lignes de la coopération structurelle entre les deux pays, apportant ainsi un appui aux institutions congolaises issues des élections.
Il est entendu que ces grandes lignes prendront en compte les intérêts de la Belgique et du Congo. Or, la RDC présente aujourd’hui de nombreuses opportunités dans la perspective d’une coopération diversifiée. Elle offre également les mêmes opportunités au partenaire. Sur ce point, les autorités belges et congolaises ont convenu de placer cette coopération sous le signe d’un partenariat adulte et positif.
Les opportunités ne se limitent plus seulement au niveau de la RDC. Elles s’étendent aujourd’hui dans la région de l’Afrique des Grands Lacs ; un vaste marché de 250 millions de consommateurs, mais qui sera porté à 350 millions en 2010. Pour être plus près de ce marché, il est utile de prendre appui dans un pays de la région qui, pour la Belgique ne pourrait être autre que la RDC. Devoir de mémoire oblige.
On comprend pourquoi tout cet intérêt manifesté pour la tenue de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, en général, et la relance de la CEPGL, en particulier.
Les législatives belges permettront sûrement aux Belges de partager la vision du développement et de la coopération .et faire preuve de realpolitik dans un monde en pleine mutation. Sauf nul doute que Kinshasa sera l’arbitre pour les départager.
(Ern.)Le Potentiel
Last edited: 06/03/2007 17:28:03