Avec l’acquisition sur fonds propres de deux véhicules anti-incendie doté chacun d’une citerne de 9.000 litres, avec une puissance de 170 Klw, pour plus de 511.356 euros, le port de Boma satisfait aux normes internationales.
Avec toutes les difficultés de fonctionnement du port de Matadi, l’Office national des transports (Onatra) a pris l’option d’optimaliser le port maritime de Boma pour éviter toutes perturbations dans le commerce extérieur congolais. D’où, toute l’attention de son comité de gestion de doter cette infrastructure portuaire des moyens nécessaires pour en garantir le fonctionnement. C’est dans ce cadre qu’il faut situer la visite de travail effectué la semaine dernière à Matadi et Boma par une forte délégation de l’Onatra, conduite par son administrateur délégué général a.i., M. Bikindu.
Le port de Boma est donc en voie d’échapper à l’isolement. Avec l’acquisition de deux véhicules anti-incendie, Ce port -deuxième du pays - vient de s’aligner aux normes de sécurité ISPS de l’Organisation maritime internationale. Les deux véhicules anti-incendie de marque Somali, et importés de l’Afrique du Sud, sont dotés d’une citerne de 9.000 litres chacun avec une puissance de 170 Klw.
Ils ont été acquis sur fonds propres de l’Onatra pour plus de 511.356 euros Cif Matadi. Le « International ship and. port facility security code » ou réglementation ISPS, a été élaboré par l’Organisation maritime internationale à la suite des attentats du 11 septembre 2001. Les spécialistes du droit maritime international et tout particulièrement les Américains ont souhaité optimiser la protection des navires et des zones portuaires contre un acte de malveillance ou de terrorisme.
Applicable depuis le 1er juillet 2004 dans tous les ports du monde, le code s’adresse à un certain nombre de bateaux suivants qui effectuent des voyages internationaux, les installations portuaires fournissant des services à de tels navires sont également soumises aux normes ISPS.
En même temps que le rapprochement du port de Boma aux normes ISPS, et dans la perspective de l’ouverture d’un guichet unique au port de Boma, l’Office national des transports, propriétaire de ces installations, a doté les départements techniques de ce port du matériel informatique adéquat pour un suivi réunir et en temps réel des opérations effectuées au port.
Des sources proches de l’Ontra indiquent que la mise en place du guichet unique de Boma a coûté 173.261 Usd contre 569.580 Usd pour celui inauguré il y a quelques années à Matadi. Il était temps aussi de rétablir la liaison par fleuve entre Boma et Mounda du fait de la dégradation fort avancée de la route reliant ces deux cites du district du Bas-Fleuve.
L’on annonce dans ce cadre la reprise du trafic du ferry île Mateba. Doté d’une capacité de 410 places, la réhabilitation par 1’Onatra de cet outil d’exploitation aura l’avantage d’accroître le trafic entre la ville de Boma et le littoral.
En rapport avec les voies maritimes de la RDC, il y a lieu de relever que le fleuve Congo comporte un bief maritime de 148 km entre le port de Matadi ou s’arrêtent les rapides du fleuve et le port de Banana sur l’océan, dont l’entretien est assuré par la Régie des voies maritimes.
Il existe, sur ce bief, trois ports d’importance inégale, tous exploités par l’Onatra. Longtemps considéré comme plaque tournante du commerce extérieur congolais, le port de Matadi - qui compte 1.600 m de quai et 7 magasins dont 3 avec un étage, pour une superficie couverte de 64.000 m2 - s’est retrouvé à maintes reprises dans le collimateur de l’Organisation maritime internationale pour déficience des normes de sécurité.
Un accord conclu entre l’Onatra et le port d’Anvers vise la réhabilitation de ces installations en profonde dégradation. Avec la fermeture de quatre quais sur les six encore en activité, certaines activités du port de Matadi ont été délocalisées vers Boma, notamment toutes les opérations de dédouanement des véhicules.
Le port de Boma est beaucoup moins important. Il compte 480 m de quai linéaire, avec trois postes offrant des tirants d’eau admissibles de 7,50 m, 7 m et 10 m. Il possède 6 magasins pour une superficie couverte de 9.700 m2 et 20.000 m2 de terre-pleins pouvant être étendus à 40.000/50.000 m2.
La situation des infrastructures et des équipements du port de Boma semble meilleure que celle de Matadi, mais requiert toutefois un entretien systématique et en profondeur. Le Trafic de ce port était d’environ 43.600 t. en 1995, contre 66.700 t. en 1990.
(Th)
Faustin K./Le Potentiel
Last edited: 05/03/2007 17:49:38