Pour Kisimba Ngoy, président national de l’Unafec, Kyungu a mis la pagaille dans le parti, mais il n’est pas le maître d’œuvre.

Huit membres sur les dix qui composent le Directoire national de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec) se sont retrouvés le dimanche 4 mars 2007 autour du président national, Honorius Kisimba Ngoy Ndalewe, pour examiner la déclaration faite la veille par la Concertation politique nationale souveraine créée par le vice-président Gabriel Kyungu wa Kumwanza. « Au regard des Statuts de notre parti, cette structure n’existe pas et, partant, les résolutions prises par elle sont nulles et de nuls effets », a affirmé le bâtonnier Kisimba, en écho de la déclaration politique lue, à l’issue d’un huis clos de près de quatre heures, par la secrétaire générale adjointe Sakina Binti Selemani.
La veille, les délégués à la Concertation politique nationale souveraine, réunis sous la direction de Gabriel Kyungu, ont, au cours d’une rencontre spéciale dénommée Concertation politique nationale souveraine, « examiné » différents problèmes du pays.
S’agissant particulièrement de « l’affaire Kasongo Ilunga André » qui, selon eux, menace de décrédibiliser leur parti, ils ont décidé d’exclure le président national Kisimba Ngoy de l’Unafec, de le remplacer par Gabriel Kyungu et « d’entreprendre, toutes affaires cessantes, des démarches nécessaires auprès de Son Excellence le Premier ministre en vue de rentrer en possession du poste ministériel qui revient de plein droit à l’Unafec ».
Respect des statuts
Mme Sakina, qui a cité les seuls organes statutaires de l’Unafec (convention nationale, directoire national, comité politique national et comité exécutif national), a donné la composition du directoire national.
Cette structure comprend un président (Honorius Kisimba Ngoy), quatre vice-présidents.
(Gabriel Kyungu, Mpelekwa, Edo Kapukapua, François Matembera), un secrétaire général (Omba Sakatolo) et quatre secrétaires généraux adjoints (Maj Kisimba, Pierre Ilunga Mbundu, Mme Sakina Binti Selemani et Ilunga Kabasele).
De ces 10 membres, il n’y en a que deux, à savoir messieurs Kyungu et Mpelekwa qui ont participé « à cette comédie », a indiqué Mme Sakina. « Après débats et délibérations, le directoire a arrêté les mesures conservatoires portant suspension de leurs activités au sein de différents organes du parti auxquels ils appartiennent », a-t-elle souligné.
Le directoire national a aussi décidé «leur mise à la disposition du comité politique national lors de sa session extraordinaire du 24 mars 2007, aux fins de répondre de leurs faits et gestes répréhensibles ».
Pour rappel, la Concertation politique nationale souveraine a chargé le président national (Kyungu) et le 1er vice-président (Pierre Renard Pelenkwa) a.i. ainsi désignés de constituer un directoire national ad interim avant la convocation de la Convention nationale du parti dans les meilleurs délais ».
« Kyungu a mis la pagaille dans le parti, mais il n’est pas le maître d’œuvre », s’est indigné le bâtonnier Kisimba Ngoy, estimant que « son action de démolition est comparable à un coup d’Etat ».
Pour le président national de 1’Unafec, qui se dit « victime d’un lynchage médiatique depuis trois semaines, ce n’est plus l’affaire Kasongo 1, Kasongo 2 ou Kasongo 3. C’est plutôt comment liquider Kisimba Ngoy, politiquement ou même physiquement ».
En admettant même que cette structure soit habilitée à me juger, je suis condamné sans avoir été entendu, alors que tout suspect jouit de la présomption d’innocence », a-t-il fait remarquer.
D’ailleurs, conformément aux statuts du parti, seul le Comité politique national est habilité à sanctionner un cadre dirigeant national », a-t-il insisté.

Affirmant que « le pouvoir, nous l’avons encore et entièrement », le président national de l’Unafec a affirmé, en guise de conclusion, que « Kyungu et les autres membres de la Concertation politique nationale souveraine se sont auto-exclus automatiquement du parti, conformément aux prescrits de la loi qui régit les partis politiques en RDC ».
La « décision politique » de Gizenga attendue
Avec la pagaille observée au sein de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec) à la suite de l’imbroglio créé autour de la renonciation controversée de son candidat nommé le 5 février 2007 au poste de ministre du Commerce extérieur, le Premier ministre Antoine Gizenga est appelé à régler très vite cette question.
« Face à la confusion créée autour de la question, moi que vous avez appelé Yandi ve, j’ai résolu que ce soit Yandi kaka pour garder le statu quo », a indiqué le chef du gouvernement, le samedi 24 février 2007 au Palais du Peuple, en réponse aux questions des députés. « Par ailleurs, puisqu’il m’a été rapporté que l’intéressé aurait renoncé aux fonctions ministérielles et qu’il se trouverait en danger, j’ai décidé de procéder aux vérifications d’usage par les services compétents en vue de l’identifier et de lui apporter éventuellement la protection nécessaire », a-t-il promis.
Pour lui, donc, seul le prénommé André demeure son ministre du Commerce extérieur. Or, le directoire national de ce parti venait de proposer un remplaçant au démissionnaire André Kasongo Ilunga en la personne de Pierre Ilunga, ministre sortant de la Justice.
« En ma qualité de Premier ministre, j’ai indiqué le 13 février au président national de l’Unafec que la démission d’un ministre nommé par le Président de la République sur proposition du Premier ministre devait être adressée par le ministre concerné au Premier ministre chef du gouvernement et non par une tierce personne », a déclaré Antoine Gizenga devant les députés en siégeant en plénière au Palais du Peuple.
« Dans l’obligation que j’ai de vous rendre compte, et à travers vous au peuple congolais, je vous tiendrai informés de l’aboutissement de l’enquête et de la décision politique qui s’ensuivra », leur a-t-il promis.
Mais, dix jours après cette déclaration retentissante, c’est plutôt un silence assourdissant qui se fait entendre au siège du gouvernement.
Pourtant, la décision politique du Premier ministre aura l’avantage de mettre un terme définitif à la confusion qui règne au sein de l’Unafec.
Angelo Mobateli/ Le Potentiel
Last edited: 05/03/2007 18:41:34