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Confusion au sein de l’Unafec

Kinshasa, 05/03/2007 / Politique
Pour Kisimba Ngoy, président national de l’Unafec, Kyungu a mis la pagaille dans le parti, mais il n’est pas le maître d’œuvre. Huit membres sur les dix qui composent le Directoire national de l’Union nationale des fédéra­listes du Congo (Unafec) se sont retrouvés le dimanche 4 mars 2007 autour du président natio­nal, Honorius Kisimba Ngoy Ndalewe, pour examiner la dé­claration faite la veille par la Con­certation politique nationale sou­veraine créée par le vice-président Gabriel Kyungu wa Kumwanza. « Au regard des Statuts de notre parti, cette structure n’existe pas et, partant, les ré­solutions prises par elle sont nulles et de nuls effets », a af­firmé le bâtonnier Kisimba, en écho de la déclaration politique lue, à l’issue d’un huis clos de près de quatre heures, par la secrétaire générale adjointe Sakina Binti Selemani.

La veille, les délégués à la Concertation politique nationale souveraine, réunis sous la direc­tion de Gabriel Kyungu, ont, au cours d’une rencontre spéciale dénommée Concertation politique nationale souveraine, « exa­miné » différents problèmes du pays.

S’agissant particulière­ment de « l’affaire Kasongo Ilunga André » qui, selon eux, menace de décrédibiliser leur parti, ils ont décidé d’exclure le président national Kisimba Ngoy de l’Unafec, de le remplacer par Gabriel Kyungu et « d’entreprendre, toutes affai­res cessantes, des démarches nécessaires auprès de Son Ex­cellence le Premier ministre en vue de rentrer en possession du poste ministériel qui revient de plein droit à l’Unafec ».

Respect des statuts

Mme Sakina, qui a cité les seuls organes statutaires de l’Unafec (convention nationale, directoire national, comité politi­que national et comité exécutif national), a donné la composition du directoire national.

Cette structure comprend un président (Honorius Kisimba Ngoy), quatre vice-présidents.

(Gabriel Kyungu, Mpelekwa, Edo Kapukapua, François Matembera), un secrétaire gé­néral (Omba Sakatolo) et qua­tre secrétaires généraux adjoints (Maj Kisimba, Pierre Ilunga  Mbundu, Mme Sakina Binti Selemani et Ilunga Kabasele).

De ces 10 membres, il n’y en a que deux, à savoir messieurs Kyungu et Mpelekwa qui ont participé « à cette comédie », a indiqué Mme Sakina. « Après débats et déli­bérations, le directoire a arrêté les mesures conservatoi­res portant suspension de leurs activités au sein de différents organes du parti aux­quels ils appartiennent », a-t-­elle souligné.
Le directoire national a aussi décidé «leur mise à la disposition du comité politi­que national lors de sa session extraordinaire du 24 mars 2007, aux fins de répondre de leurs faits et gestes répréhen­sibles ».

Pour rappel, la Concerta­tion politique nationale souveraine a chargé le président national (Kyungu) et le 1er vice-président (Pierre Renard Pelenkwa) a.i. ainsi désignés de constituer un directoire national ad inte­rim avant la convocation de la Convention nationale du parti dans les meilleurs dé­lais ».

« Kyungu a mis la pa­gaille dans le parti, mais il n’est pas le maître d’œuvre », s’est indigné le bâtonnier Kisimba Ngoy, estimant que « son action de démolition est comparable à un coup d’Etat ».

Pour le président national de 1’Unafec, qui se dit  « victime d’un lynchage médiatique de­puis trois semaines, ce n’est plus l’affaire Kasongo 1, Kasongo 2 ou Kasongo 3. C’est plutôt comment liquider Kisimba Ngoy, politiquement ou même physiquement ».

En admettant  même que cette structure soit habili­tée à me juger, je suis con­damné sans avoir été entendu, alors que tout suspect jouit de la présomption d’innocence », a-t-il fait remarquer.

D’ailleurs, conformément aux statuts du parti, seul le Comité politique national est habilité à sanctionner un ca­dre dirigeant national », a-t-il insisté.

Affirmant que « le pou­voir, nous l’avons encore et entièrement », le président national de l’Unafec a affirmé, en guise de conclusion, que « Kyungu et les autres membres de la Con­certation politique nationale souveraine se sont auto-exclus automatiquement du parti, conformément aux prescrits de la loi qui régit les partis politi­ques en RDC ».

La « décision politi­que » de Gizenga attendue

Avec la pagaille obser­vée au sein de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec) à la suite de l’imbro­glio créé autour de la renoncia­tion controversée de son candi­dat nommé le 5 février 2007 au poste de ministre du Commerce extérieur, le Premier ministre An­toine Gizenga est appelé à régler très vite cette question.

« Face à la confusion créée autour de la question, moi que vous avez appelé Yandi ve, j’ai résolu que ce soit Yandi kaka pour garder le statu quo », a indiqué le chef du gouvernement, le samedi 24 fé­vrier 2007 au Palais du Peuple, en réponse aux questions des dé­putés. « Par ailleurs, puisqu’il m’a été rapporté que l’inté­ressé aurait renoncé aux fonc­tions ministérielles et qu’il se trouverait en danger, j’ai dé­cidé de procéder aux vérifica­tions  d’usage par les services compétents en vue de l’identi­fier et de lui apporter éventuel­lement la protection néces­saire », a-t-il promis.

Pour lui, donc, seul le pré­nommé André demeure son mi­nistre du Commerce extérieur. Or, le directoire national de ce parti venait de proposer un rem­plaçant au démissionnaire An­dré Kasongo Ilunga en la per­sonne de Pierre Ilunga, ministre sortant de la Justice.

« En ma qualité de Pre­mier ministre, j’ai indiqué le 13 février au président national de l’Unafec que la démission d’un ministre nommé par le Président de la République sur proposition du Premier minis­tre devait être adressée par le ministre concerné au Premier ministre chef du gouvernement et non par une tierce per­sonne », a déclaré Antoine Gizenga devant les députés en siégeant en plénière au Palais du Peuple.

« Dans l’obligation que j’ai de vous rendre compte, et à travers vous au peuple con­golais, je vous tiendrai informés de l’aboutissement de l’enquête et de la décision politique qui s’ensuivra », leur a-t-il promis.

Mais, dix jours après cette déclaration retentissante, c’est plutôt un silence assourdissant qui se fait entendre au siège du gouvernement.

Pourtant, la décision poli­tique du Premier ministre aura l’avantage de mettre un terme définitif à la confusion qui règne au sein de l’Unafec.

Angelo Mobateli/ Le Potentiel


Last edited: 05/03/2007 18:41:34

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