Après s’être entretenu aussi bien avec le ministre du Budget et des Finances qu’avec le gouverneur de la Banque centrale du Congo, la délégation du Fmi en séjour à Kinshasa se rend compte que les dépenses de l’Etat ne sont pas contrôlées et cela occasionne d’énormes difficultés.
Une mission du Fonds monétaire international (FMI), en séjour depuis quelques jours à Kinshasa, a débuté jeudi une série des rencontres avec les officiels et autorités congolaises, dans le cadre de l’évaluation du Programme relais de consolidation (PRC). Le chef de la mission du FMI en RDC, Brillaçon et sa délégation ont eu tour à tour jeudi des séances de travail avec les ministres des Finances Athanase Matenda, du Budget ainsi qu’avec le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Jean Claude Masangu Mulongo.
Les experts du FMI ont eu avec ses hôtes des franches discussions autour de l’évaluation du PRC que le gouvernement a signé avec le FMI (avril 2006 au fin décembre 2007), et les deux premiers mois de l’année en cours (2007) en vue de faire un état des lieux de la situation économique et financière de la RDC. Les deux parties ont convenu que la situation économique du pays est assez difficile dans la mesure où il a été constaté des difficultés à contrôler un certain nombre des dépenses de l’Etat.
De ces dépenses résulte un accroissement de la masse monétaire. Les experts du FMI notent qu’au cours de ces derniers mois, des pressions de tous ordres ont été exercées, notamment au niveau du taux de change et celui de l’inflation, avant de souhaiter que le gouvernement puisse prendre un certain nombre des mesures pour remédier à cette situation. Il faut agir en fonction des recettes de l’Etat. Aussi longtemps que le gouvernement dépense plus, cela risque de créer des problèmes au niveau de l’inflation.
Le gouverneur de la BCC a rassuré ses hôtes, dans la mesure où il a déjà pris d’importantes décisions en terme du relèvement du taux d’intérêt et de stabilisation de la masse monétaire. Tout en s’estimant optimiste en ce qui concerne le redressement rapide de la situation, le gouverneur Masangu a indiqué qu’au cours des deux premiers mois de 2007, il a été constaté un déficit de plus de 50 milliards FC, des chiffres provisoires, a-t-il soutenu, car les comptes de 2006 ne sont pas encore clôturés, avant de préciser qu’en décembre 2006, le déficit se situait à 29 milliards FC, tandis qu’en janvier 2007 il a atteint 15 milliards FC.
Jean Claude Masangu a fait savoir que la BCC a stabilisé le taux de change qui se situe entre 560 – 570 FC le dollars US. Le volume de souscription du billet de trésorerie stabilisé se situe autour de 18 milliards FC. Concernant la batterie des mesures à prendre pour assurer une stabilisation durable de la masse monétaire, outre le taux d’intérêt et le billet de trésorerie, il a été noté également les réserves obligatoires et l’intervention sur le marché. La BCC compte donc utiliser tous ces instruments de politiques monétaires pour stabiliser la situation.
ACP
Last edited: 03/03/2007 15:39:39