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Bonjour | 06/07/2008 2:46 | English Make DC Home page | RSS feed

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Arrivée à Kinshasa d’une délégation du Fonds monétaire internationale en provenance de Washington avec comme objet de mission un premier contact d’évaluation de la situation économique et financière de la Rdc avec le nouveau gouvernement. C’est confirmé. Les experts du Fonds monétaire inter­national (FMI), avec en tête Cyrille Briançon, chef de division au département Afrique du Fmi, sont arrivés à Kinshasa hier soir en provenance de Washington. Pendant l5 jours, la délégation du Fmi va entamer d’in­tenses discussions avec le gouvernement sur la situa­tion économique et financière de la RDC.

Elle envisage aussi de se pencher sur l’exécution du Programme re­lais de consolidation. Après l’Assemblée nationale, c’est devant les ex­perts du Fmi que le Premier ministre Antoine Gizenga aura à faire preuve de sa capacité à gérer la Républi­que démocratique du Congo.

Il est appelé à s’expli­quer sur un programme ou une situation qui ne relève pas de sa gestion. Notamment les 26 milliards de francs congolais de déficit enregistré en l’espace de deux mois, soit entre Janvier et février 2007.

Il n’y aura pas de « temps mort » pour le gouvernement après avoir passé l’épreuve de feu de l’Assemblée nationale où il a défendu la semaine dernière son programme et obtenir son inves­titure. Pour preuve, l’arrivée à Kinshasa depuis hier mardi 27 février, dans la soirée à Kins­hasa d’une délégation du Fonds monétaire international.

Annoncé depuis quelques jours, le Fmi a décalé à plusieurs reprises son arrivée à Kinshasa, en attendant l’investiture du  gouvernement.

Chose faite depuis le samedi 24 février 2007. Alors que le gouvernement Gizenga se met à l’ouvrage, c’est le moment choisi par les experts de Washington pour « régler » des comptes à Kinshasa. Trois thèmes domine­ront les discussions des experts congolais avec ceux dépêchés par le département Afrique du Fmi, avec à leur tête Cyrille Briançon, chef de division au même département.

Il s’agit, premièrement, de l’évaluation du Programme relais de consolida­tion (PRC) que la RDC s’est engagée à mettre en oeuvre en­tre avril et décembre 2006 dans le but de maintenir le dialogue avec le Fmi. Le deuxième point portera sur la définition du cadrage budgétaire pour l’année 2007.

Et, enfin, le Fmi devrait entamer des discussions en vue de la conclusion- en cas de note satisfaisante au PRC- d’un deuxième Programme économi­que du gouvernement.

Le premier test

Le Premier ministre se trouve donc face à un choix cru­cial. C’est-à-dire engager sa res­ponsabilité dans un programme qu’il n’a pas exécuté, et dont il ignore peut-être les grands axes, sinon une connaissance partielle à partir des documents qui lui ont été légués par la transition « 1+4 ».

Que lui reste à faire? Va-t-il capituler devant les pres­sions du Fmi, ne serait-ce qu’au nom de  la continuité des services publics ? Lui qu’on a surnommé « yandi Ve » - une façon  de définir comme une personne al­lergique à toute forme de compromission - est bien obligé de se soumettre aux dures recomman­dations des partenaires extérieur qui agissent le plus souvent par le Fmi interpose.

Déjà, dans son pro­gramme, Antoine Gizenga a promis d’engager des négociations avec les institutions de Bretton Woods pour en garantir l’exécu­tion. Mais, le soutien de la communauté internationale n’a jamais été un chèque en blanc. Il est toujours assorti d’un certain nombre de conditions, drastiques et quelquefois compromettantes pour la souveraineté d’un Etat. Antoine Gizenga est-il prêt à se « compromettre »? Un test dif­ficile auquel se prêtera pendant quinze jours le Premier ministre. Le chef du gouvernement devra faire appel à toute sa «  sa­gesse » pour convaincre le FMI. Il y va d’ailleurs de la survie de son programme.

Le déficit des 26 milliards de Fc

Les 26 milliards de francs congolais de déficit du compte du Trésor en l’espace de deux mois, soit janvier et février 2006, le dys­fonctionnement de la chaîne de la dépense, la léthargie dans la restructuration de la Banque cen­trale, l’agonie dans la mise en oeuvre des réformes structurel­les telles que le guichet unique, etc.

Tout un tas de dossiers que le Premier ministre devra, bon gré mal gré, défendre devant les experts du Fmi. Lors de son dernier pas­sage à Kinshasa, au plus fort de la dégradation des indicateurs du PRC, la délégation du FMI avait appelé le gouvernement de tran­sition au strict respect et au main­tien des dépenses prévues au budget, en évitant éventuellement tout dépassement qui accélére­rait l’inflation.

 Malgré toutes les bonnes intentions contenues dans la let­tre d’intention transmise au Fmi le 29 août 2006, le PRC s’est clô­turé en décembre 2006 dans une cacophonie totale. Aucun de ces critères indicateurs quantitatifs n’ont pas été respectés, à sa­voir les planchers des avoirs ex­térieurs et intérieurs nets ainsi que le plafond du crédit net à l’Etat.

Ce mémorandum décrivait de manière claire les actions que le gouvernement entendait met­tre en oeuvre pour la période al­lant d’avril à décembre 2006, avec l’appui des services du Fmi. L’objectif consistait à établir des antécédents solides en matière macroéconomiques et structurel­les suite à l’assouplissement des politiques intervenu à la fin de l’année dernière et à l’expiration subséquente de l’accord au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) en mars 2006. Sa bonne exécution avait l’avantage d’ouvrir la voie à des discussions portant sur un programme à moyen terme qui pourrait rece­voir l’appui du Fmi dans le cadre d’un nouvel accord FRPC après les prochaines élections et la for­mation d’un nouveau gouverne­ment.

Que dira le Premier mi­nistre de nouveau aux experts du Fmi ? Sont-ce encore de sim­ples intentions ou des actions fer­a entreprendre? Surtout qu’en trois ans de transition, aucun engagement du gouverne­ment n’a pu se concrétiser dans la conduite des politiques écono­miques et financières du pays.

En août 2006, le gouver­nement avait tout promis -ten­tant même l’irréalisable - pour éviter une chute brutale du PRC. A l’atterrissage, c’est une situa­tion contraire qui a été consta­tée. Le dollar qui a pu être ra­mené en dessous de la barre pré­visionnelle de 526 Fc/Usd a  fin 2006 se change aujourd’hui sur le marché libre à 560 Fc ; l’infla­tion en glissement annuel a dé­passé la barre de 10%.

Comment le Premier ministre compte gé­rer tous ces dérapages? Quels arguments compte-t-il présenter au Fmi, lui qui n’a ni, de près ou de loin, participé a la gestion pré­datrice de la transition?

Il est vrai que ce test con­cerne également ses proches col­laborateurs, notamment les mi­nistres des Finances et du Bud­get. Ce premier face-à-face per­mettra à la délégation du Fmi de les découvrir et de se faire une première idée sur leurs compé­tences. Mais surtout leurs ré­flexes à lire les premières données d’une situation qu’ils vien­nent d’hériter.

(Th)


Le Potentiel

Last edited: 28/02/2007 16:04:05

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