Les diocèses de Luebo et Luiza dans le Kasaï Occidental où ont afflué les milliers des Congolais refoulés d’Angola organisent la prise en charge de ces sinistrés en attendant des secours mieux appropriés des interventions extérieures.

La province du Kasaï Occidental accueille de milliers des Congolais refoulés de l’Angola dans des conditions inhumaines. La Mission des Nations unies au Congo (Monuc) vient de conduire une mission humanitaire sur place en vue d’évaluer l’ampleur de ce drame et préparer une intervention d’urgence. Mais, en attendant, les diocèses de Luebo et de Luiza affectés par ce refoulement ne restent pas les bras croisés.
La Caritas-Développement Luebo et celle de Luiza se sont mobilisées, chacune avec des moyens du bord, pour atténuer tant soit peu la souffrance de ces Congolais refoulés, tout en plaidant pour une assistance d’envergure de la communauté humanitaire.
La chargée des urgences à la Caritas- Développement/ Luiza, Mme Alice Kafuta, citée par le journal en ligne de radio Okapi, rapporte que son organisation rencontre les refoulés dans la brousse à la frontière congolo angolaise. Et de poursuivre: « De là, nous les emmenons au village, ils arrivent très fatigués, habillés en lambeau, manquant presque tout. » Avant d’ajouter que certaines femmes ont été violées et d’autres sont enceintes.
Et que l’on enregistre des enfants non accompagnés. Tout le monde est conduit dans des paroisses d’abord, avant d’entamer des négociations avec des familles congolaises pour les héberger, renseigne Mme Alice Kafuta.
Le même travail est abattu au diocèse de Luebo, apprend-on de caritasdev.cd. La Caritas encourage les expulsés et les aide tout de même à trouver des abris dans des églises et nus, d’autres en culotte, et tous sans bagages, indique le rapport préliminaire de la Caritas ! Luebo, date du 05 février dernier. Toutes ces personnes sortent avec un billet de refoulement de l’Angola. Le même rapport fait remarquer « qu’il n’y a pas d’accueil organisé, donc pas de logement, pas de restauration, pas de transport pour aller ailleurs, pas de soins de santé. »
Traitements dégradants
Selon les témoignages recueillis par cette structure de l’Eglise catholique, ces refoulements s’accompagnent de beaucoup de violences et se font dans des conditions inhumaines. « Les refoulés ont été battus ». Parmi
eux, certains sont très affaiblis parce que gardés en prison plusieurs jours sans bonne restauration. D’autres arrivent avec des blessures et des fractures. Plus grave les cas des femmes violées. L’une d’elles qui a requis l’anonymat a déclaré avoir été violée par 12 militaires angolais pendant une semaine. Une autre pendant trois jours. Interrogé le mardi 20 février 2007 par le directeur de la Caritas/Luebo, l’abbé Léon Kalambayi, relève radiookapi.net, a indiqué que ces expulsions des Congolais d’Angola ont commencé le 1er janvier 2007 par la sortie de Kamako, village situé à 150 km de la ville de Tshikapa. Beaucoup de ces refoulés ne voulant pas se faire enregistrer, l’effectif actuel de 800 personnes signalé à Kamako ne reflète pas la réalité. Il y en a ceux qui prétextent une poursuite éventuelle contre eux de la part des autorités congolaises, d’autres trouvent inutile cet enregistrement parce qu’on ne leur vient pas en aide.
(Ern.)Godard Mabokoy/Le Potentiel
Last edited: 24/02/2007 12:53:18