Les activités de l’Institut de recherche en sciences de santé bien qu’en léthargie pour non financement depuis près d’une dizaine d’années visent l’élaboration de la pharmacopée congolaise à intégrer dans les services officiels de santé publique.

On parle tant présentement de la médecine traditionnelle chinoise. Elle est en train de conquérir le marché congolais. Ce que plusieurs congolais ignorent, et surtout les autorités congolaises, c’est que la médecine traditionnelle chinoise bénéficie d’un appui de l’Etat chinois pour sa promotion et surtout pour son exportation. Ce qui n’est pas le cas de la médecine traditionnelle congolaise.
Un institut de recherche a été mis sur pied pour promouvoir cette médecine traditionnelle congolaise. Il s’agit de l’Institut de recherche en sciences de la santé (Irss). Il est un établissement public à caractère scientifique et technique créé aux termes de l’Ordonnance Loi n°82-040 du 5 novembre 1982 portant organisation de la recherche.
L’Irss a deux principaux objectifs. Le premier consiste à effectuer des recherches susceptibles de prévenir les menaces de la qualité de la vie. Le second est celui d’apporter une amélioration à l’état de santé de la population dans le domaine médical, pharmaceutique, anthropologique, psychologique et socioculturel.
A ce titre, les activités de l’Irss porte sur la valorisation de la pratique de la médecine traditionnelle en étudiant les procédés traditionnels de préparation des remèdes, les technologies médicales avec comme objectif spécifique l’élaboration de la pharmacopée congolaise, ainsi que sur l’étude d’intégration de la médecine traditionnelle dans les services officiels de santé publique.
Les matières premières étant chères, l’Irss cherche à développer de nouveaux médicaments à partir de substances naturelles locales dirigées contre des maladies, bien ciblées, qui constituent les priorités pour la santé publique en Rd Congo.
Ciblant certaines maladies, notamment le Vih/Sida, la drépanocytose, le paludisme et les maladies nutritionnelles, l’Irss est doté d’un effectif de 255 agents dont 67 cadres scientifiques et 70 cadres techniques.
L’Irss a deux grandes directions. La direction scientifique et la direction administrative. Celle qui nous intéresse, la première, compte 6 départements, à savoir les départements de médecine moderne et traditionnelle ; des sciences para cliniques ; de biologie clinique, des médicaments traditionnels améliorés ; de recherches socioculturelles et environnementales ; et enfin de documentation et de publication.
Les trois derniers départements fonctionnent dans le bâtiment de la direction générale, situé au n°9 de l’avenue Lieutenant-colonel Lukusa dans la commune de la Gombe.
Les trois premiers départements opèrent au sein du Centre de médecine mixte d’anémie SS situé dans la commune de Kalamu, précisément en diagonale du commissariat de la Police Mabanga, au quartier Yolo-Sud. Ce centre constitue pour la ville de Kinshasa et pour la Rd Congo, le centre principal de recherche et de traitement de la drépanocytose.
La recherche réalisée sur la drépanocytose dans ce centre porte sur l’étude des troubles métaboliques observées, les méthodes de traitement, les traitements par les plantes médicinales… Cependant, cette recherche est doublée de l’administration aux malades des soins de routine tant préventifs, curatifs que promotionnels.
A l’actif de l’Irss, comme résultats de recherche, il convient de signaler entre autres l’inventaire des plantes médicinales utilisées dans la province de l’Equateur, l’inventaire des plantes utilisées en médecine traditionnelle contre l’anémie SS.
Selon certaines indiscrétions, il convient de le relever, le dernier financement pour les activités de recherche dans cet institut remonte en 1989. Rien de surprenant pour comprendre la léthargie dans laquelle se trouve l’Irss et d’autres centres et instituts de recherche…
(Yes)Jean-René Bompolonga/Le Phare
Last edited: 20/02/2007 18:08:07