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La normalisation en cours de la situation politique en Rdc amènera les autorités des pays où se sont exilés bon nombre des Congolais à contraindre les concernés au rapatriement même par la force, de quoi interpeller déjà la vice-ministre chargée des Congolais de l’étranger. Des jours sombres semblent attendre des Congolais ainsi que des milliers d’autres Africains et Asiatiques vivant sur les territoires des pays membres de l’Union Européenne. A en croire des informations en provenance de plusieurs chancelleries occidentales implantées en République Démocratique du Congo, une nouvelle vague des vols charters, en vue du rapatriement des émigrés en séjour irrégulier de l’autre côté de la Méditerranée et de la Manche, est en train de s’annoncer. Même des étrangers dont les dossiers de demande d’asile ou de permis de séjour seraient encore pendants au niveau des instances judiciaires ou administratives seraient frappés.

Les ambassades congolaises complices ?

Alors que plusieurs gouvernements africains élèvent déjà des protestations contre d’éventuelles mesures collectives d’expulsion de leurs citoyens résidant dans l’espace de l’Union Européenne, c’est le mutisme du côté des officiels congolais. Des compatriotes de la diaspora accusent même les ambassades congolaises de complicités avec les administrations européennes occupées à ficeler les listes des indésirables souvent désignés sous le vocable de clandestins. Il paraît que les diplomates congolais en poste en Europe se feraient tirer régulièrement les oreilles par certains décideurs politiques opérant au pays au motif qu’ils seraient incapables de gérer les mouvements d’humeur de leurs compatriotes lors des visites officielles ou privées de ces derniers. On estime notamment que les actes d’agressions commis à l’endroit de certains proches du Chef de l’Etat pendant la campagne électorale de la présidentielle seraient dus à leur manque d’emprise sur la diaspora congolaise. D’où, le pouvoir en place à Kinshasa ne serait pas du tout disposé à défendre la cause des « fils et filles » de la République, qui ne cessent de diaboliser des gouvernants pourtant démocratiquement élus.

Congolais : les expatriés les plus vulnérables

Toutes les administrations européennes chargées de l’immigration savent que les Congolais figurent dans le lot des expatriés les plus vulnérables. Souvent rejetés par leurs ambassades et placés sur des listes noires par les services spéciaux de leur patrie d’origine, ils se retrouvent sans défense face à la moindre mesure d’expulsion. Tout ce qui leur reste, c’est de subir l’humiliation, en se faisant embarquer dans des avions du retour, avec parfois menottes aux poings et coups de matraques en prime.

Le décor du moment laisse penser que les rancoeurs de la campagne électorale restent vivaces et de nombre de membres de notre diaspora payeraient cher leur parachutage sur les terres de leurs ancêtres.

Malheureusement, même des innocents risquent de subir, dans les amigos de la sécurité congolaise, le même sort que les véritables têtes brûlées.

Le vice-ministère des Congolais de l’étranger interpellé

L’opinion publique congolaise est d’autant préoccupée par le sort de futurs candidats à l’expulsion des Etats de l’Union Européenne que 3.400 Congolais viennent d’être chassés d’Angola sans que le gouvernement congolais n’élève une vive protestation. La petite réaction entendue du ministre de l’Intérieur, Denis Kalume, était de mettre à leur disposition trois « Dingi » pour accélérer leur retour au pays. Pourtant, ces compatriotes se sont fait arracher tous leurs biens et avoirs financiers, avant de subir des tortures inhumaines et dégradantes. Sur ce point aussi, les autorités congolaises se taisent.

C’est le lieu d’interpeller le vice-ministère chargé des Congolais de l’étranger. C’est maintenant ou jamais, alors des compatriotes broient du noir en dehors du pays, pour des mobiles obscurs, qu’il lui faut se manifester et montrer qu’ils ne peuvent compter sur le pays. Collette Tshomba devrait imaginer une politique suffisamment agressive pour anticiper sur des cas d’expulsions arbitraires des Congolais des territoires étrangers ou, après coups, donner suffisamment de la voix pour dénoncer cette forme de violation fragrante des droits humains au niveau des Etats.

(Yes)

Kimp./Le Phare

Last edited: 20/02/2007 13:45:41

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